vendredi 29 janvier 2010

L'Ile de Zanzibar


Pour terminer notre séjour en Tanzanie, nous avions décidé d’aller se reposer sur l’île de Zanzibar. Toutefois, l’île était beaucoup plus grande que nous l’avions d’abord imaginée, ce qui rendait le choix de l’endroit où nous voulions passer quelques jours plus difficile. Par chance, la veille de notre départ, nous avons rencontré, dans un café internet, un New-Yorkais surnommé amicalement « Babou Chris » qui nous a recommandé un « guest house ». L’endroit s’est plutôt avéré être un petit lodge bien chaleureux et assez tranquille. Nous sommes donc restés au Kichanga Logde durant six nuits dans un petit bungalow avec un grand balcon donnant sur la mer. Nous avions un forfait (55$US par personne) en demi-pension (déjeuner et souper) et, bien que la nourriture ait été plutôt similaire durant tout le séjour, nous avons tout de même réussi à faire certaine réserve en prévision de notre départ vers l’Inde! 

Le seul inconvénient de cet endroit, comme bien des plages à Zanzibar, est qu’il est possible de se baigner uniquement à marée haute. Nous avons donc séparé notre temps entre la plage et la piscine, ce qui ne fût quand même pas un grand supplice.

Durant notre séjour, nous avons participé à deux activités pour se divertir un peu, soit une demi-journée d’apnée et une nage avec les dauphins. Disons que le fond marin exploré durant la plongée était joli, mais, ni les coraux, ni les poissons n’étaient vraiment impressionnants. Ce fut tout de même agréable, car nous avons eu l’occasion d’observer des étoiles de mer géantes aux couleurs extrêmement vives et diversifiées.

Pour la deuxième activité, nous avons été conduits, tôt le matin, à Kizimkazi où, naïvement, nous pensions nager paisiblement avec les dauphins. Nous nous sommes vite aperçus qu’il s’agissait plutôt d’une poursuite de dauphins! Nous nous approchions d’eux avec le bateau à moteur pour, par la suite, se jeter à l’eau et tenter de les suivre à la nage. L’activité s’est avérée plus fatigante que prévue et les dauphins plus sauvages que l’on aurait pensé, mais nous avons tout de même réussi à les voir de très près, ce qui était particulièrement impressionnant. En fait, nous n’avons pas réussi à leur donner de bisous ou à les prendre par la nageoire comme à Marineland, mais cela a probablement rendu l’activité un peu plus authentique.

Nos vacances à Michamvi ont été vraiment agréables à l’exception d’un petit incident. En fait, nous nous sommes fait voler une pince à cils et 50,000 Tsh (environ 40$) dans notre chambre dans nos deux premières journées. Heureusement l’hôtel nous a crédité la somme, mais ce fut tout de même un peu bizarre pour nous de se faire voler dans un lodge plutôt luxueux après avoir voyagé dans des hôtels un peu poisseux depuis quatre mois. 

Vers le milieu de notre séjour, nous avons rencontré un couple de français, Maxime et Aline. Nous avons passé pas mal de temps avec eux et ce fut très agréable. Nous avons d’ailleurs quitté le lodge tous ensemble et passé une journée à se balader dans Stone Town avec eux. 

Stone Town est une petite ville avec beaucoup de personnalité qui regroupe un mélange d’influence arabe, africaine et indienne qui se reflète majoritairement dans une architecture. Le labyrinthe de petites ruelles jumelé au paysage côtier donne à cette ville un caractère tout à fait unique.

Le seul bémol important est que l’île de Zanzibar n’a pas d’électricité depuis le 15 décembre dernier. Ceci n’a pas vraiment été un problème au lodge, mais a rendu notre escapade de deux jours dans la ville de Stone Town un peu plus difficile, car la température y est extrêmement chaude et humide. Les génératrices ne fonctionnant qu’en soirée, nous ne pouvions pas vraiment nous dissimuler sous un ventilateur ou à l’air climatisée durant les chaleurs de la journée. 

Nous quitterons demain la Tanzanie avec un très bon souvenir de ce pays. Malheureusement, les quelques attraits majeurs sont extrêmement dispendieux, mais ils en valent, sans aucun doute, le détour. Mis à part ces points d’intérêt, il n’y a pas énormément à voir, mais la population, généralement extrêmement sympathique, compense amplement.

Demain, nous prendrons le vol 483 de Kenya Airlines en direction de Nairobi à 15h00 puis nous devrions repartir vers Mumbai à 17h45 sur le vol 202.

mardi 19 janvier 2010

Les neiges du Kilimandjaro

Nous avons longuement hésité à entreprendre la montée du Kilimandjaro en grande partie en raison de la somme exorbitante exigée pour le périple, mais aussi parce que nous n’étions pas tellement équipés pour ce genre d’expédition. Toutefois, mettant à l’écart notre côté rationnel et n’écoutant que notre goût pour l’aventure, nous avons finalement décidé d’entreprendre l’excursion de sept jours le 11 janvier dernier. N’ayant d’autres options, nous avons dû emprunter du matériel à la compagnie qui nous a vendu le tour: sacs de couchage, matelas de sol, bâton de marche et tout de sorte de vêtement chaud. Toutefois, côté look il ne fallait pas être trop exigeant. Pour gravir le Kilimandjaro, plusieurs routes sont possibles, mais nous avons décidé de prendre la route Machame (appelée aussi la « whisky route »), car elle avait la réputation d’être la plus belle.


Après avoir rassemblé toute l’équipe (un guide, un cuisinier et huit porteurs) ainsi que le matériel et la nourriture pour sept jours, nous sommes passés à la pesée. En fait, il y a maintenant une règle qui interdit aux porteurs de transporter plus de 15kg en plus de leurs effets personnels. C’est déjà assez impressionnant… Une fois les poids répartis entre eux, nous avons entrepris notre première journée à partir de l’entrée du parc, située à 1800 mètres. Nous avons marché près de cinq heures dans la « rain forest » pour se rendre jusqu’au premier camp situé à 3000 mètres. Nous avons eu droit à de la pluie durant la presque totalité du trajet, mais il fallait s’y attendre! Heureusement, le parcours était relativement facile et nous avions des ponchos dans le matériel prêté par la compagnie. À notre arrivée au camp, nous avons eu droit à un bol d’eau pour se laver un peu, puis ce fut le thé et la collation, suivi d’une période de repos et finalement du souper dans notre petite tente où nous étions assis sur un mini tabouret pliable. Ce fut le même sympathique rituel durant toute la durée du séjour.



À 8h10, nous entreprenions notre deuxième journée qui devait s’avérer plus facile que la première, selon notre guide. Elle était, en effet, plus courte en termes de kilomètre, mais elle était beaucoup plus abrupte et ponctuée de roches que nous devions enjamber. Étant mentalement mal préparés par notre guide, la marche a été moins agréable qu’elle aurait dû l’être, mais tout de même pas trop difficile. Quatre heures plus tard, nous étions au deuxième camp, le Shira, situé à près de 3900 mètres. Déjà du deuxième camp nous avions une vue magnifique du sommet enneigé de la plus haute montagne d’Afrique. Nous avons eu l’occasion de rencontrer un groupe organisé de québécois qui était en Tanzanie pour monter le mont et pour faire un safari. Étant bien mieux équipé que nous, le guide québécois nous a gentiment proposé de prendre nos taux de saturation d’oxygène et notre pression à tous les jours et certains membres du groupe nous ont offert du beurre d’arachide Kraft pour le lendemain matin! Ce fut bien agréable d’autant plus que c’était les premiers québécois que l’on rencontrait depuis notre départ.




La deuxième nuit a été, comme la première, un peu difficile, car les matelas de sol ne mesuraient pas plus d’un quart de pouce d’épais. De plus, nous avons réalisé, le lendemain, qu’un des sacs de couchage qui nous avait été prêté n’avait à peu près plus de duvet à l’intérieur, ce expliquait pourquoi Caroline avait trouvé la nuit particulièrement froide... Nous avons tout de même entrepris notre troisième journée, enthousiastes, vers le troisième camp, celui de Barranco, situé à un peu plus de 3900 mètres. Toutefois, dans le but de s’acclimater à l’altitude, nous sommes montés jusqu’à 4600 mètres à la « Tour de lave », puis sommes redescendu jusqu’au camp. La journée a été assez longue (environ six heures de marche), mais nous avons marché très doucement (« pole pole » comme disent les Tanzaniens) afin de s’habituer au manque d’oxygène. La journée s’est donc déroulée sans malaise dû à l’altitude (maux de tête, maux de cœur, etc.) et les paysages étaient splendides.



Durant la troisième nuit, le mercure est tombé sous les 0 degrés, mais ayant prévu un peu le coup, nous avons quand même réussi à bien dormir. Nous avons donc entamé notre quatrième journée bien emmitouflés en direction du camp de Karanga situé à un peu plus de 3900 mètres. Nous sommes arrivés environ quatre heures plus tard. L’arrêt à ce camp aurait pu être sauté si nous avions décidé de faire l’excursion en six jours, mais la septième journée est fortement recommandée pour l’acclimatation à l’altitude et aussi pour accumuler plus de repos avant la journée de l’ascension vers le sommet.



La cinquième journée, nous avons poursuivi notre route jusqu’à Barafu qui est en fait le camp de base du Kilimandjaro situé à 4600 mètres. À cette altitude, la température n’excède pas tellement 5 degrés, même durant la journée, et seul le soleil réussi à nous réchauffer un peu. Nous avons soupé très tôt ce soir là et nous nous sommes couchés à 19h30, sachant que nous devions amorcer notre ascension vers le sommet à minuit.

À 23h30, nous avons bu un petit thé, avons mangé quelques biscuits et nous avons enfilés tous les vêtements que nous avions apportés afin de ne pas avoir trop froid. Accompagnés de notre cuisinier (notre vrai guide faisait une crise de malaria) et d’un porteur assistant-guide, nous avons amorcé notre montée en plein milieu de la nuit. Très rapidement après avoir quitté le camp, la pente devenait extrêmement abrupte. Comme lors de tous nos débuts de marche, l’air se faisait rare et la respiration difficile. Le froid et le vent compliquait d’autant plus la marche. Après quelques heures et deux pauses pour reprendre notre souffle, Mathieu se décide à demander : « Combien de temps avant Stella Point? ». La réponse fut écrasante… encore deux heures. La route ne semblait jamais vouloir se terminer…Les trente minutes qui ont suivies ont été plutôt pénibles. Par chance, le guide du groupe de québécois nous avait donné un mélange haut en protéine et nous trouvions qu’il était maintenant plus que propice de l’utilise. Cette petite potion combinée à l’approche de l’objectif ultime, a donné à Mathieu un regain de vie pour les derniers kilomètres restant. Toutefois, le surplus de protéine n’a malheureusement pas eu le même effet pour Caroline qui commençait à être assez exténuée par la montée. Il faut savoir que nous avons monté assez rapidement, avec de l’équipement peu approprié et des sacs à dos qui étaient probablement un peu trop lourd dans le contexte. Nous sommes arrivés à Stella Point vers 5h15 et avons pris un petit thé pour se réchauffer (température : -12 degrés). Il restait environ trente minutes de marche pour parcourir les 150 mètres qui nous séparaient du sommet (Uhuru Peak).


Finalement, à lueur du jour nous avons atteint le sommet, fatigués et particulièrement émus par la beauté du paysage. Du haut du sommet, situé à 5896 mètres, nous pouvions admirer l’immense glacier bleuté reflétant la lumière du matin qui semblait être déposé sur un délicat tapis de nuage, les montagnes à perte de vue, le cratère rappelant le passé du Kilimandjaro ainsi que le mont Méru s’éveillant au loin. Le froid accompagné d’un vent glacial ne nous a toutefois pas permis de rester très longtemps ni de capturer autant de souvenirs que nous l’aurions voulu, car nos appareils étaient complètement gelés et Mathieu devait les réchauffer à toutes les dix secondes. La température nous pressant un peu, nous avons réalisé seulement le lendemain que la photo officielle de la pancarte prise par notre guide cuisine était plutôt ratée. Disons qu’il avait plus de talent en cuisine qu’en photographie…



Nous avons ensuite entrepris la descente qui a durée deux heures. Le soleil étant maintenant levé, nous pouvions apprécier tout le chemin que nous avions parcouru et honnêtement, nous étions particulièrement étonnés de voir à quel point le trajet était abrupt et difficile. Notre guide nous a avoué, par la suite, que l’ascension de nuit avait comme principal but de camoufler l’ampleur du défi! Nous sommes arrivés au camp de base complètement lessivés, mais satisfaits. Nous avons englouti une soupe et deux tranches de pain, avons dormi une heure et demie et sommes repartis à nouveau vers le dernier camp, Mweka, situé à 3200 mètres.


Cette dernière marche de la journée fut beaucoup moins agréable considérant la courte nuit que nous avions eue et les huit heures de marche que nous avions déjà faites. Après avoir entendu Mathieu chialer pendant trois heures et demie sur la nécessité de se rendre au prochain camp la journée même, nous sommes finalement arrivés. Le reste de la journée s’est résumé en repos, repos et repos jusqu’au lendemain qui fût plutôt sans histoire. Lors la dernière journée, nous avons terminé nos trois heures de marche avec le groupe de québécois et avons été reconduit jusqu’à Moshi, une ville assez mignonne au pied du Kilimandjaro.

Nous avons initialement entrepris l’expédition dans le but de relever un défi avec la perception que les marches seraient extrêmement difficiles, que nous aurions de la pluie durant sept jours et que les paysages seraient plutôt ordinaires. Or, à l’exception du fait que nous avons dû combattre le froid pendant six jours, nous avons obtenu des marches extrêmement agréables et des paysages d’une beauté exceptionnelle. Nous gardons donc un souvenir incroyable de notre séjour sur la montagne la plus haute d’Afrique!

Nous sommes présentement à Dar es Salem et nous partirons vers Zanzibar demain pour y passer quelques jours.

vendredi 8 janvier 2010

Semaine parmis les animaux



Le lac Kivu étant considérer comme un point d’intérêt important du Rwanda, nous avons décidé  d’y passer quatre nuits. Le lac est assez mignon et entouré par de petits villages, bien que moins impressionnant que celui de Bujumbura. L’hôtel, quant à lui, était particulièrement charmant et le service y était impeccable, mais disons que nous avions investi un peu plus qu’à l’habitude. Lors de notre séjour, nous y avons célébré l’anniversaire de Caroline, qui fut d’ailleurs beaucoup plus agréable que notre réveillon de Noël!


Nous sommes ensuite repartis vers Musanze pour la nuit du 31 décembre, car nous devions partir le lendemain en excursion pour aller voir les gorilles de montagne. Nous avions acheté les permis d’un couple qui avait annulé leur excursion au coût de 500$US chaque (!), mais le seul problème était que nos noms n’apparaissaient pas sur les permis et que la personne qui nous les avait vendus devait nous organiser le transport pour se rendre jusqu’au parc. Nous avions donc convenu de rencontrer notre vendeur la veille de notre départ à Musanze à 16h30 afin de finaliser le tout. Après l’avoir appelé à plusieurs reprises et commençant à être un peu inquiets, il est finalement présenté à 20h30, soit quatre heures plus tard ! Les choses se sont finalement bien organisées, mais disons un peu dernière minute pour les nord-américains que  nous sommes…! It’s Africa time !



Après avoir dormi, tout au plus, deux heures en raison des deux lampadaires qui surplombaient notre chambre et de la piètre qualité de la fenestration qui nous permettait presque de célébrer avec les fêtards, nous nous sommes dirigés jusqu’au point de rassemblement dans le parc où chacun se voyait attribuer un groupe de gorille. Par chance, nous avons eu le droit d’aller à la recherche des « Susa », le plus grand groupe de gorille de montagnes et aussi le plus éloigné. C’est d’ailleurs le groupe de gorille qui a été observé par Dian Fossey dans le film « Gorille dans la brume ». Après une autre heure de 4X4, nous avons débuté la marche. Nous avons d’abord dû traverser une forêt de bambou pour ensuite se retrouver dans une végétation plutôt dense et dont le chemin devenait de plus en plus encombré. Pour ajouter à l’aventure, à peine une heure après notre départ, la pluie a débuté et ne nous a pas quitté jusqu’à la fin de notre périple.  Cette pluie additionnée du froid, de l’altitude, de la bouette et d’une sorte d’herbe à puce ont rendu la marche assez difficile.
 
Après trois heures de marche, nous sommes finalement arrivés à l’emplacement des gorilles qui avaient d’abord été trouvé par des pisteurs envoyés, tôt le matin, au devant de notre groupe. Sur le groupe comptant 27 gorilles, nous en avons vu environ une dizaine de membres et dont certains d’entre eux étaient à moins de 2 mètres de nous. Durant la première moitié de notre heure d’observation, les gorilles étaient plutôt accroupis au sol pour se protéger de la pluie, mais nous avons ensuite eu droit à un gorille, arrivant par l’arrière, et faisant bondir un gigantesque mâle placé à nos côtés. Ils ont tous les deux courus à moins de deux pieds de nous vers les autres gorilles. Le mâle nous a ensuite exposé sa virilité en se frappant la poitrine, c’était digne de « King Kong ». Sinon, nous avons eu droit à des séances de roulages, grattages et baillages pendant plusieurs minutes. Ces animaux, à 97% biologiquement similaire aux hommes, sont des bêtes extrêmement puissantes, mais aussi particulièrement fascinantes.
Notre séjour au Rwanda tirant à sa fin, nous sommes retournés à Kigali une dernière journée afin d’aller visiter le Mémorial du génocide. Suite à nos discussions avec la famille Bugingo, nous avions déjà une bonne idée du contexte général du Rwanda, mais le musée, assez bien structuré, nous a permis de raffiner notre compréhension de l’histoire de ce pays.
Durant la colonisation belge, ces derniers ont instauré une classification formelle basée sur des tribus existantes, mais appliquée selon des règles arbitraires. En 1932, tout habitant possédant plus de dix vaches a été considéré comme Tutsi et cette identification s’appliquait pour tous ses descendants. Suite à l’indépendance du pays, la division entre ces peuples s’est élargie. Le gouvernement Hutu a mis en place une propagande visant à éliminer les habitants Tutsi. Divers massacres de Tutsis ont eu lieu pendant plusieurs années pour en arriver au génocide de 1994.    Aujourd’hui, malgré les événements tragiques qui ont sévit dans le pays récemment et la crainte d’un retour possible des extrémistes Hutu, le Rwanda semble être sur la bonne voie pour oublier les différences et redevenir un pays unifié. Les circonstances ont freiné de façon majeure le développement du pays, mais depuis quelques années beaucoup d’investissement ont été fait et les Rwandais semblent avoir espoir que les choses continuent de s’améliorer.

Le 2 janvier, nous avons quitté le Rwanda vers la Tanzanie. Nous avons pris un bus jusqu’à la frontière, puis avons traversé à pied le pont séparant les deux pays pour ensuite prendre un taxi vers Benaco, la ville la plus près. À notre arrivée dans la « ville », nous avons été plutôt étonné de constaté que Benaco était plutôt un « truck stop » constitué d’une vingtaine de petits cababons où on l’y vendait un peu de nourriture et des produits élémentaires. Disons que nous avions l’impression d’être assez loin de la maison, mais heureusement les habitants du village se sont avérés être extrêmement sympathiques. Nous avons donc loué une chambre pour moins de 6$ avec trou commun (toilette commune) et avons soupé au cabanon le plus « in » en ville!

Le lendemain matin, nous nous sommes présentés à l’arrêt de bus à 6h30 pour partir vers Mwanza à 7h00. À 7h30, il n’y avait toujours pas l’ombre d’un bus… Tout à coup, un taxi arriva en trombe et on nous demanda de s’empresser à monter. Nous y avons été entassés avec six autres passagers et nous sommes partis à la poursuite du bus qui avait décidé, ce matin là, de prendre un autre chemin. Après avoir réussi à rattraper notre bus, nous avons eu la surprise de constater qu’il n’y avait pas suffisamment de siège pour tout le monde ! Mathieu a donc dû commencer le voyage debout. Tout au long du 4h30 de trajet, nous avons embarqué et débarqué (mais plutôt embarqué) des gens pour finalement atteindre un niveau de proximité rarement connu.  Par la suite, nous avons dû changer pour un deuxième autobus qui, à notre grand bonheur, avait des sièges attitrés. Finalement, après plus de 9 heures de bus, une navette jusqu’au centre de la ville et un trajet de taxi, nous sommes arrivés à notre hôtel.

Mwanza est une ville sans attrait particulier à l’exception du Lac Victoria qui est, de loin, moins spectaculaire que les chutes du même nom et où les habitants ne sont malheureusement pas des plus sympathiques. Nous avons toutefois profité de notre passage pour réserver un safari dans le parc du Serengeti et dans le cratère de Ngorongoro. Comme aucun groupe n’était déjà formé et voulant partir le lendemain, nous avons opté pour un tour privé.
Après seulement quelques heures dans le parc, nous avions déjà vu deux crocodiles de plus de quatre mètres, des lions digérant à proximité d’une girafe morte, un léopard avec son bébé et une cheetah avec ses trois bébés. Nous qui avions pratiquement désespérer de voir un léopard, nous en avons eu plus que ce que nous souhaitions. Nous avons passé la nuit dans un camping non clôturé au milieu du parc. D’après notre guide, il semblerait qu’un léopard y ait aussi passé une partie de la nuit. Le parc du Serengeti nous a permis, en plus d’admirer son paysage unique, d’observer, pour une première fois, certains animaux d’intérêt majeur que nous n’avions toujours pas eu l’occasion de voir. Il nous restait plus que le rhinocéros noir à débusquer. 

Le lendemain, nous sommes partie en direction du cratère et avons croisé en chemin la migration des gnous (Wildebeest). C’est très impressionnant de voir des dizaines de milliers de bêtes rassemblées et ce, à perte de vue.
Le cratère de Ngorongoro est en fait un ancien volcan dont les parois supérieures se sont effondrées il y a plus de 2 millions d’années et à l’intérieur duquel nous pouvons, aujourd’hui, descendre en 4X4. L’intérêt majeur du site est son paysage exceptionnel au centre duquel on retrouve le Lac Magadi ainsi que la grande densité d’animaux y vivant. En plus d’avoir observé plusieurs variétés d’animaux, incluant quelques lions, nous avons réussi à compléter notre Big 5 en apercevant 6 des 21 rhinocéros noirs vivant dans le parc.


Pour compléter notre séjour en beauté, nous avons passé la deuxième dans un lodge surplombant le cratère. Le site était magnifique et le buffet abondant, parlez-en à Mathieu ! En comparaison avec Kruger, il nous aurait été impossible de faire ce périple sans un 4X4, autant dans le Serengeti que dans le cratère, en raison de l’état des routes durant la période de pluie.
Nous sommes maintenant à Katura et partirons demain matin vers Arusha d’où nous tenterons d’organiser notre expédition pour monter le Kilimandjaro.  
 

 


lundi 28 décembre 2009

Introduction à l'est de l'Afrique

Nous sommes arrivés à Kigali le 20 décembre, suite à une escale à Nairobi, assez fatigués et avec le bagage de Caroline en moins. Notre cas n’était, toutefois, pas exceptionnel puisque la moitié de l’avion était dans la même situation. Il faut presque le faire exprès pour perdre autant de valises! Nous avions, toutefois, la chance d’être attendu par « maman » et « papa » Bugingo (parent d’un ami de la sœur de Mathieu) qui nous ont accueillis chez eux. Après avoir partagé un bon petit déjeuner, nous avons fait la sieste, puis nous sommes partis à des fiançailles rwandaises.


La cérémonie a débutée par des négociations entre les représentants des deux familles afin que le futur époux obtienne la main de la jeune fille, puis il y a eu échange de cadeaux et négociation de la dote (deux vaches, qui nous ont d’ailleurs fait l’honneur de leur présence). Le processus est parsemé de petits mensonges et d’histoires farfelues pour divertir l’audience, le tout couronné par un spectacle de chant et de danse traditionnels. Aujourd’hui, beaucoup plus folklorique que déterminant, l’événement nous permet d’apprécier l’importance des traditions pour le peuple rwandais. Durant la cérémonie, nous avons aussi eu l’occasion de goûter au vin traditionnel rwandais fait à base de banane. Le goût est intéressant, mais plutôt alcoolisé (parfait pour les universitaires!).


Le lendemain, après avoir récupéré le sac à dos de Caroline, nous sommes partis faire un tour de la ville avec « papa » Bugingo. La ville est érigée sur une succession de collines, ce qui lui donne un caractère unique. Sur l’ensemble du pays, nous pouvons d’ailleurs admirer ce relief d’où son surnom « pays aux milles collines ». Malgré les investissements massifs des dernières années pour développer la ville, certaines infrastructures demeurent toujours assez déficientes. En effet, la majorité des routes secondaires ne sont pas pavé en plus d’être peu entretenu et bien qu’officiellement il y ait de l’eau courante dans la ville, elle ne « courre » que quand ça lui plaît! Nous avons donc pris la majorité de nos douches, depuis notre arrivée, à la tasse à mesurer! De plus, dans l’ensemble du pays, l’eau chaude semble être un luxe que peu de famille et même d’hôtel se paient.



Sous les recommandations de nos hôtes, nous avons décidé de nous rendre à Bujumbura, Burundi, pour quelques jours et de s’arrêter à Huye au Rwanda sur le chemin du retour. Étant un peu en retard pour attraper notre bus le matin de notre départ, nous avons emprunté, jusqu’à la gare, le moyen de transport le plus rapide de la région, la moto-taxi. Nos sept heures de route jusqu’à Bujumbura se sont assez bien passées, mis à part que Caroline avait un peu mal au cœur, que son siège était dépourvu de tout rembourrage, qu’une valise qui lui entrait dans le dos et qu’un bébé lui a même vomit dessus. Vive les transports en commun! Toutefois, le paysage splendide, quoique similaire à celui du Rwanda, a su agrémenter le trajet. Partout, il y a des collines d’un vert éclatant sur lesquelles sont perchés des villages où chaque lopin de terre est cultivé. La ville de Bujumbura, elle, est située au pied de ces collines et d’un des plus grand lac intra terrestre d’Afrique, le Tanganyika.


Après avoir fait une bonne nuit de sommeil, nous sommes partis à la découverte de la ville avec le stricte nécessaire (un peu d’argent et l’appareil-photo), car l’hôtel nous avait avertis qu’il y avait beaucoup de « pickpocket ». Nous n’avons pas mis longtemps pour réaliser qu’il n’y avait pas beaucoup de touristes dans la région et qu’inévitablement nous nous faisions remarquer. Un peu comme au Rwanda, il y a des gens qui sont extrêmement cordiaux et sympathiques et d’autres qui ont une certaine dureté dans les yeux, probablement due à leur passé. Il est donc difficile de dire qu’on s’y sent complètement à l’aise…

Le lac étant un des intérêts principal de la ville, nous avons décidé de marcher jusque là et avons voulu longer sa rive sous les conseils d’un habitant. Toutefois, nous nous sommes retrouvés, sans trop s’en rendre compte, dans un quartier assez isolé et, l’incontournable arriva. Nous avons été, pour la première fois du voyage, entouré, accosté, fouillé et volé par trois habitants qui ont ensuite été aidé par trois autres personnes. Heureusement, l’événement n’a pas été violent et ils n’ont pas voulu de notre caméra, alors nous nous en sommes sortis avec une petite frousse et 40$ en moins. Il faut comprendre que le pays était en guerre jusqu’à tout récemment et est encore surveillé par l’armée en raison de sa possible instabilité. La population est encore affectée, et pour cause, et la pauvreté ainsi que le taux de chômage élevé explique probablement ces petits crimes commis assez régulièrement. C’est ce qu’on appelle être au mauvais endroit au mauvais moment, mais ça fait parti des expériences de voyage et disons que les conséquences ont été assez mineures malgré tout.

Un peu remis de nos événements, nous avons décidé de retourner au lac plus tard dans la journée en taxi, mais dans la section plus touristique à quelques kilomètres de la ville. L’endroit est vraiment magnifique. Les montagnes tout autour, le calme de l’eau à perte de vue et les couleurs étaient magiques. Malheureusement, nous n’avons pas de photo de cette section n’ayant pas voulu tenter le diable une deuxième fois!


Nous avons été très étonné de voir la quantité de mendiants, autant au Rwanda qu’au Burundi, qui quémandent dans les rues et aux fenêtres des autobus. Ce sont principalement des enfants, des handicapés ou des estropiés qui demandent la charité. Caroline a même été « accostée » à quatre reprises par un enfant pas de bras et pas de jambe qui sautait devant elle pour lui bloquer le chemin afin d’obtenir de l’argent. La situation est évidemment très triste, mais elle aussi un peu dérangeant, car ils sont très insistants et utilisent leurs handicaps afin attiser la pitié et obtenir de l’argent.
 
Nous sommes repartis le lendemain matin en directement de Huye, le capitale intellectuelle du Rwanda, pour y célébrer la veille de Noël. Le plan était de souper en amoureux dans le meilleur restaurant en ville (il en faut toujours un meilleur, mais cela ne garantit pas toujours la qualité…) et de terminer le tout avec une petite bouteille de vin. Toutefois, les choses ne se sont pas vraiment passées comme ça… Mathieu a été malade, alors Caroline a mangé seule et nous étions couchés à 22h00. On a vu meilleur party de Noël, mais bon on se reprendra pour la fête à Caroline…


Nous sommes revenus ensuite à Kigali, car nous étions invités à un mariage le 26 décembre. Pour l’occasion, « maman » Bugingo avait prêté à Caroline une robe traditionnelle rwandaise et Mathieu portait un costume de « papa » Bugingo. Après avoir assisté à la cérémonie religieuse, les convives se sont déplacés à la salle de réception, une grande tente en plein air. Les 500 invités ont eu droit à un repas, un spectacle de danse traditionnel ainsi qu’à deux groupes de musique populaire rwandais.

Nous sommes maintenant à Gisenyi, en bordure du lac Kivu, et nous nous y reposerons quelques jours.

Joyeux Noël à tous !!

vendredi 18 décembre 2009

Bienvenu au Zimbabwe !


Croyant que la Namibie était le pays le moins peuplés que nous allions visiter, nous avons été surpris de constater que les routes du Botswana sont tout aussi longues, mais clairement moins intéressantes. Le relief est infiniment plat et la végétation très similaire sur l’ensemble des routes que nous avons parcourues. C’est donc après dix heures de route que nous sommes finalement arrivés à Maun, ville en bordure du delta de l’Okavango.



Voulant explorer le delta, nous avons entrepris une expédition de mokoro de deux nuits avec un guide local demeurant dans un village en bordure du delta. Son village compte environ 700 habitants vivant tous dans des huttes de terre et dont la plupart sont guide de mokoro, moyen de transport traditionnel dans cette région. La mokoro est un petit canot sculptée à même un arbre typique à la région et est propulsée par un « poler ». Une journée d’expédition typique est habituellement composée d’une balade de mokoro sur le delta pour se rendre à son camp, de l’installation du camp, de quelques heures de relaxation et de baignade, d’une ou deux longues marches sur une île pour y découvrir la faune et la flore de la région. Pour terminer, souper sous les étoiles avec notre guide, car en fait nous l’avons nourri pendant les trois jours! Le concept est un peu étrange, car nous avions payé assez cher pour notre séjour. Toutefois, sachant que les guides ne sont pas tellement bien rémunérés, il est recommandé de leur donner un peu de nourriture ce que nous avons fait avec des steaks et des côtelettes de porc! Nous avons donc eu droit à un « really good food » bien senti.


L’ampleur du delta de l’Okavango est impressionnante, mais le niveau de l’eau est actuellement plutôt bas, ce qui ne nous a sûrement pas permis d’admirer toute son immensité. Le paysage, à cette période de l’année est constitué d’herbes hautes et de nénuphars à travers lesquelles nous pouvons circulons en mokoro. Ce qui est particulièrement agréable est le fait qu’on se sente seul au milieu de cette région sauvage et ce, spécialement lorsque l’on s’éloigne un peu. La deuxième nuit, nous avions une île déserte où nous avons même pu admirer deux éléphants traverser le delta pendant que nous y faisions une saucette. Ça c’est l’Afrique!

Le lendemain, nous avons repris la route en direction des chutes Victoria du côté du Zimbabwe. Pour débuter notre journée, qui s’est d’ailleurs avérée assez longue, nous avons dû, à la station d’essence, attendre plus de 15 minutes pour finalement réussir à passer notre carte de crédit. Même à quatre employés, aidés du gérant, Caroline a dû leur expliquer les rudiments de la carte de crédit à puce. La débrouillardise n’est pas toujours une qualité prédominante dans le sud de l’Afrique… Finalement, après avoir roulé plus de 400 km en contournant d’énormes nid de poule qui devraient plutôt être appelés des nids d’autruches, l’incontournable est arrivé … nous avons tordu une jante! Déjà épuisés de notre journée, nous avons tout de même fait le changement en moins de deux et avons attaqués les 200km qui nous restaient pour se rendre jusqu’à la frontière.


À 18h15 nous étions à la frontière du Zimbabwe. À notre grande surprise, nous devions payer la somme exorbitante de 75$US chacun pour un visa d’entrée. Les quelques centaines de rands que nous avions et qui, à eux seuls, représentaient un montant supérieure aux frais d’entrée habituellement exigés dans la majorité des pays d’Afrique étaient donc insuffisants. Nous avons finalement du puiser dans notre réserves secrète conservée uniquement pour les temps plus durs. Voilà nous y étions. Déjà, nos réserves étaient presque qu’à sec quand le douanier nous envoya vers le deuxième comptoir. Nous avons rapidement compris que le prix de ce laissez-passer variait selon la force du moteur de notre véhicule. Après l’avoir convaincu que nous avions le plus petit des véhicules, ce qui n’est en fait pas tout à fait exact, nous avons dû payer 16$US , ce qui, par pur chance, était exactement le montant qu’il nous restait en dollars américains. Croyant que nous l’avions échappés belle, une troisième personne nous a demandé de la suivre jusqu’à son bureau situé à l’extérieur et perché sur une structure de ciment désaffecté. Il nous a expliqué que nous devions payer 43$US pour une assurance responsabilité et 50$US pour une genre d’assurance qui garantissait que nous n’allions pas vendre la voiture au Zimbabwe. Bref, ça ressemblait plutôt à une compagnie privée supportée par le gouvernement pour escroquer les touristes Nous avons donc subtilement mélangé le préposé avec divers papiers d’assurance qui, dans le fond, n’avaient aucun lien avec la responsabilité civile jusqu'à ce qu’il nous dise que ça ferait l’affaire. Nous avons toutefois eu moins de chance avec la deuxième assurance. Comme nous avions déjà dépensé tous nos dollars américains, nous avons réussi à refiler au gars 40$ canadien et 50 rands et nous sommes repartis avec notre pseudo document.


Déjà un peu abasourdis par le processus frontalier, nous avons été accostés par un gars en t-shirt nous disant qu’il était représentant des crimes et nous demandant nos passeports. Un autre gars habillé tout aussi peu officiellement nous a demandé nos papiers de la voiture et, après vérification, nous avons finalement pu poursuivre notre route vers 19h15. Ouf…

Le lendemain, comme nous avions tout donné à la frontière, nous avons tenté d’aller retirer de l’argent, mais aucune carte de débit n’est acceptée, donc nous avons dû retirer l’argent avec notre carte de crédit Visa à 18% d’intérêt! Nous avons retiré le maximum permis pour cette machine avant d’aller essayer une autre machine pour continuer à renflouer notre réserve secrète. Mathieu a inséré la carte avec vigueur avant de s’apercevoir que la machine n’était pas en fonction et de sentir sa carte tomber dans la machine. Évidemment, aucune mention n’indiquait que la machine n’était plus en opération. Nous avons finalement retrouvé notre carte après 30 minutes d’attente et le travail « efficace » de deux employés et de la gérante.


Finalement, après avoir payé près de 500$ pour traverser la frontière (en incluant ce que nous avions déjà dû payer à notre compagnie de location pour obtenir la permission de traverser au Zimbabwe), nous nous sommes rendus aux chutes Victoria. Wow ! Les chutes mesurent plus de 108 mètres de hauteur sur 1.7 km de long avec un débit moyen de plus de un million de litre à la seconde. On comprend pourquoi elles font partie d’une des sept merveilles naturelles du monde. À certains endroits, il est difficile de prendre des photos tellement nous sommes aspergés par une petite pluie causée par la puissance de l’eau qui chute.


Hier, nous sommes revenus en Afrique du Sud après avoir traversé presque la totalité du Zimbabwe. En plus des postes de péage, nous avons croisé près d’une dizaine de contrôles policiers plutôt informels; la majorité constitués de deux tonneaux et d’un vieux tuyau servant à barrer le chemin. En plus des vérifications usuelles, nous avons aussi eu droit à des demandes plutôt surprenantes telles qu’un cadeau de Noël, un peu de nourriture et même de l’eau… Il faut savoir que le Zimbabwe a vécu des années très difficiles au point de vue économique et politique et que, encore à ce jour, sa situation demeure précaire. L’hyperinflation connue dans les dernières années, a entraîné des pénuries de biens, de nourriture et de pétrole et a même poussé le gouvernement à imprimer, en 2008, des billets allant jusqu’à 100 trillions de dollars. Tout récemment, la devise officielle du pays a été changée pour le dollar américain et le rand, ce qui semble avoir légèrement amélioré la situation pour le moment, mais la population demeure, évidemment, encore très affectée.

Notre périple au Zimbabwe nous a certes coûté assez cher et a été plutôt déstabilisant, mais il nous a permis, encore une fois, d’admirer la puissance et la beauté de la nature et de rencontrer ce peuple qui est particulièrement sympathique malgré le contexte actuel.

Nous sommes présentement à Pretoria et quittons demain pour Johannesburg afin de prendre notre vol vers Kigali, Rwanda.

p.s. Mathieu a réussi à faire réparer notre jante par un délicat mécanicien zimbabwéen qui a redressé le tout à grands coups de masse sans trop d’égard au pneu! Maintenant, il suffit simplement que la compagnie de location n’y voit que du feu.

p.s. Comme nous n’avons plus d’emploi, nous avons trouvé une nouvelle source de revenue. Mathieu a raflé deux soirées de poker au Botswana. Mise de départ : 20 pulas. Gains : 310 pulas.

vendredi 11 décembre 2009

Namibie, la suite


Afin de poursuivre notre lignée de sport exotique, nous avons décidé d’essayer le surf de sable (sandboarding) ainsi que la « crazy carpet » sur sable! L’expérience de sandboarding fut moyennement concluante. Caroline était à sa première expérience sur une planche et Mathieu n’est pas un pro de snowboard, alors disons que nos exploits ont été plutôt limités. On peut dire que la partie la plus exigeante et certainement la plus longue du sandboarding est la montée de la dune à la chaleur écrasante.

Toutefois, l’expérience Namibienne par excellence est sans contredit l’option couchée, soit une genre de « crazy carpet » en « masonite » que nous devons cirer à toutes les quelques descentes. En s’élançant tête première, nous pouvons atteindre plus de 70km/heure (Mathieu a atteint la vitesse la plus élevée du groupe, soit 75 km/heure).













En route vers Windhoek, nous avons décidé de nous arrêter à la ferme Ameib pour aller voir une grotte préhistorique où l’on peut encore admirer des peintures anciennes. Inspiré par ses ancêtres, Mathieu a dû se retenir pour ne pas ramener Caroline par les cheveux jusqu’à la voiture.

















Arrivés à Windhoek, la capitale de la Namibie (400 milles habitants), nous avons décidé d’aller faire un tour du township de Katutura. Accompagné d’un guide, nous avons visité les divers quartiers regroupant originalement les différents groupes ethniques au moment de l’apartheid. Il faut savoir que Katutura veut dire « l’endroit où on ne veut pas vivre », car la population noire a été forcée de s’y installer il y a près de 50 ans. Certains quartiers sont tout de même assez bien installés avec des maisons décentes, l’eau et l’électricité, tandis que dans d’autres quartiers on retrouve uniquement des cabanes de métal où les habitants se partagent des points d’eau et des toilettes collectives.

La situation n’est certainement idéale, mais bien que la population soit très pauvre, la majorité des quartiers sont assez bien organisés et une partie de la population y vit même, aujourd’hui, par choix.


Dans quelques jours nous vous donnerons nos impressions sur le Botswana…