Le lac Kivu étant considérer comme un point d’intérêt important du Rwanda, nous avons décidé d’y passer quatre nuits. Le lac est assez mignon et entouré par de petits villages, bien que moins impressionnant que celui de Bujumbura. L’hôtel, quant à lui, était particulièrement charmant et le service y était impeccable, mais disons que nous avions investi un peu plus qu’à l’habitude. Lors de notre séjour, nous y avons célébré l’anniversaire de Caroline, qui fut d’ailleurs beaucoup plus agréable que notre réveillon de Noël!
Nous sommes ensuite repartis vers Musanze pour la nuit du 31 décembre, car nous devions partir le lendemain en excursion pour aller voir les gorilles de montagne. Nous avions acheté les permis d’un couple qui avait annulé leur excursion au coût de 500$US chaque (!), mais le seul problème était que nos noms n’apparaissaient pas sur les permis et que la personne qui nous les avait vendus devait nous organiser le transport pour se rendre jusqu’au parc. Nous avions donc convenu de rencontrer notre vendeur la veille de notre départ à Musanze à 16h30 afin de finaliser le tout. Après l’avoir appelé à plusieurs reprises et commençant à être un peu inquiets, il est finalement présenté à 20h30, soit quatre heures plus tard ! Les choses se sont finalement bien organisées, mais disons un peu dernière minute pour les nord-américains que nous sommes…! It’s Africa time !
Après trois heures de marche, nous sommes finalement arrivés à l’emplacement des gorilles qui avaient d’abord été trouvé par des pisteurs envoyés, tôt le matin, au devant de notre groupe. Sur le groupe comptant 27 gorilles, nous en avons vu environ une dizaine de membres et dont certains d’entre eux étaient à moins de 2 mètres de nous. Durant la première moitié de notre heure d’observation, les gorilles étaient plutôt accroupis au sol pour se protéger de la pluie, mais nous avons ensuite eu droit à un gorille, arrivant par l’arrière, et faisant bondir un gigantesque mâle placé à nos côtés. Ils ont tous les deux courus à moins de deux pieds de nous vers les autres gorilles. Le mâle nous a ensuite exposé sa virilité en se frappant la poitrine, c’était digne de « King Kong ». Sinon, nous avons eu droit à des séances de roulages, grattages et baillages pendant plusieurs minutes. Ces animaux, à 97% biologiquement similaire aux hommes, sont des bêtes extrêmement puissantes, mais aussi particulièrement fascinantes.
Notre séjour au Rwanda tirant à sa fin, nous sommes retournés à Kigali une dernière journée afin d’aller visiter le Mémorial du génocide. Suite à nos discussions avec la famille Bugingo, nous avions déjà une bonne idée du contexte général du Rwanda, mais le musée, assez bien structuré, nous a permis de raffiner notre compréhension de l’histoire de ce pays.Durant la colonisation belge, ces derniers ont instauré une classification formelle basée sur des tribus existantes, mais appliquée selon des règles arbitraires. En 1932, tout habitant possédant plus de dix vaches a été considéré comme Tutsi et cette identification s’appliquait pour tous ses descendants. Suite à l’indépendance du pays, la division entre ces peuples s’est élargie. Le gouvernement Hutu a mis en place une propagande visant à éliminer les habitants Tutsi. Divers massacres de Tutsis ont eu lieu pendant plusieurs années pour en arriver au génocide de 1994. Aujourd’hui, malgré les événements tragiques qui ont sévit dans le pays récemment et la crainte d’un retour possible des extrémistes Hutu, le Rwanda semble être sur la bonne voie pour oublier les différences et redevenir un pays unifié. Les circonstances ont freiné de façon majeure le développement du pays, mais depuis quelques années beaucoup d’investissement ont été fait et les Rwandais semblent avoir espoir que les choses continuent de s’améliorer.
Le 2 janvier, nous avons quitté le Rwanda vers la Tanzanie. Nous avons pris un bus jusqu’à la frontière, puis avons traversé à pied le pont séparant les deux pays pour ensuite prendre un taxi vers Benaco, la ville la plus près. À notre arrivée dans la « ville », nous avons été plutôt étonné de constaté que Benaco était plutôt un « truck stop » constitué d’une vingtaine de petits cababons où on l’y vendait un peu de nourriture et des produits élémentaires. Disons que nous avions l’impression d’être assez loin de la maison, mais heureusement les habitants du village se sont avérés être extrêmement sympathiques. Nous avons donc loué une chambre pour moins de 6$ avec trou commun (toilette commune) et avons soupé au cabanon le plus « in » en ville!
Le lendemain matin, nous nous sommes présentés à l’arrêt de bus à 6h30 pour partir vers Mwanza à 7h00. À 7h30, il n’y avait toujours pas l’ombre d’un bus… Tout à coup, un taxi arriva en trombe et on nous demanda de s’empresser à monter. Nous y avons été entassés avec six autres passagers et nous sommes partis à la poursuite du bus qui avait décidé, ce matin là, de prendre un autre chemin. Après avoir réussi à rattraper notre bus, nous avons eu la surprise de constater qu’il n’y avait pas suffisamment de siège pour tout le monde ! Mathieu a donc dû commencer le voyage debout. Tout au long du 4h30 de trajet, nous avons embarqué et débarqué (mais plutôt embarqué) des gens pour finalement atteindre un niveau de proximité rarement connu. Par la suite, nous avons dû changer pour un deuxième autobus qui, à notre grand bonheur, avait des sièges attitrés. Finalement, après plus de 9 heures de bus, une navette jusqu’au centre de la ville et un trajet de taxi, nous sommes arrivés à notre hôtel.
Mwanza est une ville sans attrait particulier à l’exception du Lac Victoria qui est, de loin, moins spectaculaire que les chutes du même nom et où les habitants ne sont malheureusement pas des plus sympathiques. Nous avons toutefois profité de notre passage pour réserver un safari dans le parc du Serengeti et dans le cratère de Ngorongoro. Comme aucun groupe n’était déjà formé et voulant partir le lendemain, nous avons opté pour un tour privé.
Après seulement quelques heures dans le parc, nous avions déjà vu deux crocodiles de plus de quatre mètres, des lions digérant à proximité d’une girafe morte, un léopard avec son bébé et une cheetah avec ses trois bébés. Nous qui avions pratiquement désespérer de voir un léopard, nous en avons eu plus que ce que nous souhaitions. Nous avons passé la nuit dans un camping non clôturé au milieu du parc. D’après notre guide, il semblerait qu’un léopard y ait aussi passé une partie de la nuit. Le parc du Serengeti nous a permis, en plus d’admirer son paysage unique, d’observer, pour une première fois, certains animaux d’intérêt majeur que nous n’avions toujours pas eu l’occasion de voir. Il nous restait plus que le rhinocéros noir à débusquer.
Le lendemain, nous sommes partie en direction du cratère et avons croisé en chemin la migration des gnous (Wildebeest). C’est très impressionnant de voir des dizaines de milliers de bêtes rassemblées et ce, à perte de vue.
Le cratère de Ngorongoro est en fait un ancien volcan dont les parois supérieures se sont effondrées il y a plus de 2 millions d’années et à l’intérieur duquel nous pouvons, aujourd’hui, descendre en 4X4. L’intérêt majeur du site est son paysage exceptionnel au centre duquel on retrouve le Lac Magadi ainsi que la grande densité d’animaux y vivant. En plus d’avoir observé plusieurs variétés d’animaux, incluant quelques lions, nous avons réussi à compléter notre Big 5 en apercevant 6 des 21 rhinocéros noirs vivant dans le parc.
Pour compléter notre séjour en beauté, nous avons passé la deuxième dans un lodge surplombant le cratère. Le site était magnifique et le buffet abondant, parlez-en à Mathieu ! En comparaison avec Kruger, il nous aurait été impossible de faire ce périple sans un 4X4, autant dans le Serengeti que dans le cratère, en raison de l’état des routes durant la période de pluie.
Nous sommes maintenant à Katura et partirons demain matin vers Arusha d’où nous tenterons d’organiser notre expédition pour monter le Kilimandjaro.








