Nous sommes arrivés à Kigali le 20 décembre, suite à une escale à Nairobi, assez fatigués et avec le bagage de Caroline en moins. Notre cas n’était, toutefois, pas exceptionnel puisque la moitié de l’avion était dans la même situation. Il faut presque le faire exprès pour perdre autant de valises! Nous avions, toutefois, la chance d’être attendu par « maman » et « papa » Bugingo (parent d’un ami de la sœur de Mathieu) qui nous ont accueillis chez eux. Après avoir partagé un bon petit déjeuner, nous avons fait la sieste, puis nous sommes partis à des fiançailles rwandaises. La cérémonie a débutée par des négociations entre les représentants des deux familles afin que le futur époux obtienne la main de la jeune fille, puis il y a eu échange de cadeaux et négociation de la dote (deux vaches, qui nous ont d’ailleurs fait l’honneur de leur présence). Le processus est parsemé de petits mensonges et d’histoires farfelues pour divertir l’audience, le tout couronné par un spectacle de chant et de danse traditionnels. Aujourd’hui, beaucoup plus folklorique que déterminant, l’événement nous permet d’apprécier l’importance des traditions pour le peuple rwandais. Durant la cérémonie, nous avons aussi eu l’occasion de goûter au vin traditionnel rwandais fait à base de banane. Le goût est intéressant, mais plutôt alcoolisé (parfait pour les universitaires!).
Le lendemain, après avoir récupéré le sac à dos de Caroline, nous sommes partis faire un tour de la ville avec « papa » Bugingo. La ville est érigée sur une succession de collines, ce qui lui donne un caractère unique. Sur l’ensemble du pays, nous pouvons d’ailleurs admirer ce relief d’où son surnom « pays aux milles collines ». Malgré les investissements massifs des dernières années pour développer la ville, certaines infrastructures demeurent toujours assez déficientes. En effet, la majorité des routes secondaires ne sont pas pavé en plus d’être peu entretenu et bien qu’officiellement il y ait de l’eau courante dans la ville, elle ne « courre » que quand ça lui plaît! Nous avons donc pris la majorité de nos douches, depuis notre arrivée, à la tasse à mesurer! De plus, dans l’ensemble du pays, l’eau chaude semble être un luxe que peu de famille et même d’hôtel se paient.
Après avoir fait une bonne nuit de sommeil, nous sommes partis à la découverte de la ville avec le stricte nécessaire (un peu d’argent et l’appareil-photo), car l’hôtel nous avait avertis qu’il y avait beaucoup de « pickpocket ». Nous n’avons pas mis longtemps pour réaliser qu’il n’y avait pas beaucoup de touristes dans la région et qu’inévitablement nous nous faisions remarquer. Un peu comme au Rwanda, il y a des gens qui sont extrêmement cordiaux et sympathiques et d’autres qui ont une certaine dureté dans les yeux, probablement due à leur passé. Il est donc difficile de dire qu’on s’y sent complètement à l’aise…
Le lac étant un des intérêts principal de la ville, nous avons décidé de marcher jusque là et avons voulu longer sa rive sous les conseils d’un habitant. Toutefois, nous nous sommes retrouvés, sans trop s’en rendre compte, dans un quartier assez isolé et, l’incontournable arriva. Nous avons été, pour la première fois du voyage, entouré, accosté, fouillé et volé par trois habitants qui ont ensuite été aidé par trois autres personnes. Heureusement, l’événement n’a pas été violent et ils n’ont pas voulu de notre caméra, alors nous nous en sommes sortis avec une petite frousse et 40$ en moins. Il faut comprendre que le pays était en guerre jusqu’à tout récemment et est encore surveillé par l’armée en raison de sa possible instabilité. La population est encore affectée, et pour cause, et la pauvreté ainsi que le taux de chômage élevé explique probablement ces petits crimes commis assez régulièrement. C’est ce qu’on appelle être au mauvais endroit au mauvais moment, mais ça fait parti des expériences de voyage et disons que les conséquences ont été assez mineures malgré tout.
Un peu remis de nos événements, nous avons décidé de retourner au lac plus tard dans la journée en taxi, mais dans la section plus touristique à quelques kilomètres de la ville. L’endroit est vraiment magnifique. Les montagnes tout autour, le calme de l’eau à perte de vue et les couleurs étaient magiques. Malheureusement, nous n’avons pas de photo de cette section n’ayant pas voulu tenter le diable une deuxième fois!
Nous avons été très étonné de voir la quantité de mendiants, autant au Rwanda qu’au Burundi, qui quémandent dans les rues et aux fenêtres des autobus. Ce sont principalement des enfants, des handicapés ou des estropiés qui demandent la charité. Caroline a même été « accostée » à quatre reprises par un enfant pas de bras et pas de jambe qui sautait devant elle pour lui bloquer le chemin afin d’obtenir de l’argent. La situation est évidemment très triste, mais elle aussi un peu dérangeant, car ils sont très insistants et utilisent leurs handicaps afin attiser la pitié et obtenir de l’argent.
Nous sommes repartis le lendemain matin en directement de Huye, le capitale intellectuelle du Rwanda, pour y célébrer la veille de Noël. Le plan était de souper en amoureux dans le meilleur restaurant en ville (il en faut toujours un meilleur, mais cela ne garantit pas toujours la qualité…) et de terminer le tout avec une petite bouteille de vin. Toutefois, les choses ne se sont pas vraiment passées comme ça… Mathieu a été malade, alors Caroline a mangé seule et nous étions couchés à 22h00. On a vu meilleur party de Noël, mais bon on se reprendra pour la fête à Caroline…
Nous sommes revenus ensuite à Kigali, car nous étions invités à un mariage le 26 décembre. Pour l’occasion, « maman » Bugingo avait prêté à Caroline une robe traditionnelle rwandaise et Mathieu portait un costume de « papa » Bugingo. Après avoir assisté à la cérémonie religieuse, les convives se sont déplacés à la salle de réception, une grande tente en plein air. Les 500 invités ont eu droit à un repas, un spectacle de danse traditionnel ainsi qu’à deux groupes de musique populaire rwandais.
Nous sommes maintenant à Gisenyi, en bordure du lac Kivu, et nous nous y reposerons quelques jours.
Joyeux Noël à tous !!





