Le matin de notre départ pour la Namibie, nous sommes allés récupérer notre prochaine voiture, une Renault Logan. Après avoir passé trois heures au comptoir de location, « packté » toutes nos affaires de camping, fait l’épicerie, nous étions prêts à affronter les 700 km qui nous séparaient de la Namibie. Étant parti plus tard que prévu, nous avons été forcé de s’arrêter pour la nuit à Kamieskroon, un petit village perdu. Il n’y avait personne dans les rues et toutes les auberges où nous sommes allées semblaient fermées... Nous nous sommes finalement retrouvés au camping de l’hôtel pour réaliser que tout le village y était pour célébrer un mariage. Nous avons donc monté notre campement pour la première fois à la noirceur et avons dormi entre l’autoroute et la grosse pancarte illuminée de « Hotel camping caravans ».
Le lendemain, nous avons traversé la frontière de la Namibie après avoir complétés huit formulaires et passé à travers cinq cabines sans trop comprendre l’objectif de chacune des étapes. En regardant la carte de la Namibie, on s’aperçoit de l’étendue des distances entre les villes. Il est d’autant plus frappant de faire plusieurs centaines de kilomètres avant d’arriver à une de ces villes et de réaliser qu’elle est constituée uniquement d’une station service ou d’un petit motel vendant des 25L d’essence en bidon. Il faut savoir que la Namibie est majoritairement désertique et peuplé par seulement 1.5 millions d’habitants, ce qui fait de lui l’un des pays avec la plus faible densité de population.
Nous sommes finalement arrivés à Fish River Canyon, supposément le deuxième plus grand canyon (40 km de long) au monde après le Grand Canyon. Malheureusement, à ce temps-ci de l’année il n’y a pas vraiment d’eau à l’intérieur du canyon et il fait trop chaud pour y marcher, mais le couché de soleil avec une petite bouteille de rosé est tout de même mémorable. Le lendemain, nous avons été réveillés par des babouins qui tournaient autour de notre tente. Caroline s’est donc levée pour commencer le déjeuner, encerclée par ces derniers. Seulement quelques secondes plus tard, l’un d’entre eux a commencé à s’approcher…Voulant le tenir à distance, Caroline a tenté de l’intimider en lâchant de GRRRR... Ne semblant pas tellement impressionné, le babouin s’est approché tranquillement toute en regardant Caroline droit dans les yeux pour finalement lui subtiliser notre pain tout neuf! Mathieu est donc sorti de la tente et les a éloignés en leur lançant des roches pendant que nous avons englouti notre déjeuner en deux minutes. 1 à 0 pour les macaques !
Nous avons ensuite poursuivi notre route vers Lüderitz à travers les chemins de « garnottes » sans trop savoir combien de temps cela allait nous prendre. Notre GPS estimait 27 heures… Nous pouvons conclure que nous sommes prêts pour le Paris-Dakar, car 5 heures plus tard, nous tentions d’installer notre campement combattant le vent de la mer qui mettait à dure épreuve les coutures de notre tente. La vue de notre site était magnifiquement, mais le vent nous a forcés à installer notre table à l’intérieur de la tente pour le souper.
Après avoir passé une journée à manger du sable, nous avons décidé de continuer notre route et de s’arrêter en chemin à Kolmanskop, un village fantôme de chercheurs de diamants. Le village a été abandonné il y a un peu plus de 50 ans, mais déjà l’intérieur de certaines maisons est bondé de sable et certains accès inutilisables. La découverte de diamants a rendu la population du village très riche, alors certaines maisons sont vraiment superbes et nous pouvons encore voir des reliques du passé malgré que le désert prenne progressivement du terrain.
Nous sommes ensuite repartis vers Sesriem, une petite ville en bordure du désert rouge. Après 6 heures de route, nous sommes finalement arrivés à la noirceur un peu épuisés de cette route qui est généralement assez bien entretenue pour une route non pavée, mais qui requière tout de même énormément de concentration pour éviter les crevaisons! Le lendemain après-midi, nous sommes partis vers les dunes de sable rouge (qui sont en fait plutôt orangé). Notre premier arrêt a été au « Dead Vlei », un endroit connu pour son paysage d’arbres morts sur fond de dunes. C’est vraiment magnifique!
Nous nous sommes ensuite rendu à la « Dune 45 » pour le couché du soleil. Suite à l’ascension de ses 120 m, nous avons attendu le couché du soleil entre deux bouchées de sable rouge! Le désert de la Namibie ne donne pas l’impression d’une étendue infinie comme le Sahara, mais la couleur variant avec le soleil ainsi que la beauté de certaines dunes en font certainement un site impressionnant. À notre retour des dunes, nous avions à nouveau été pillés! Notre glacière à légumes avait été vandalisée et il nous manquait une banane ainsi qu’un plat Tupperware avec des oignons. 2 à 0 pour les macaques ! Il faut comprendre que nous le désert occasionne un grand dilemme dans notre gestion de la bouffe, car il fait trop chaud pour garder nos aliments dans la voiture et la nature est bondée d’animaux affamés.
Nous avons repris la route au petit matin (Mathieu trouve que les matins sont, en effet, très très petits depuis notre arrivée en Namibie dû au chaud soleil matinal) et nous nous sommes rendus à Swakopmund, la deuxième ville en importance en Namibie (52,000 habitants). À notre grand étonnement, la ville est très développée et même plutôt mignonne avec son architecture germanique. Il faut savoir que la Namibie a été une colonie allemande pendant 35 ans jusqu’en 1919. Par conséquent, une certaine portion de la population est encore originaire de ce pays, ce qui est tout de même surprenant lorsque nous ne connaissons pas l’histoire de la Namibie.








