lundi 19 avril 2010

Le sud du Vietnam

Arrivés à Ho Chi Minh (anciennement Saigon), nous avons été assez surpris par le calme qui régnait à la sortie de l’aéroport. Contrairement à bien des endroits, nous avons pu tranquillement nous rendre jusqu’au terminal des vols domestiques afin de tenter de trouver un meilleur prix pour se rendre en ville, le tout sans se faire encercler par des dizaines de chauffeur. Après en avoir trouvé un qui acceptait d’utiliser le compteur, nous sommes partis en direction de notre hôtel. Nous avions préalablement été avertis par plusieurs voyageurs qu’il fallait se méfier des Vietnamiens, car certains tentent d’arnaquer les touristes de diverses façons. Ce qui devait arriver, arriva! Nous avons d’abord été déposés devant le mauvais hôtel, nous avons ensuite dû nous obstiner avec le chauffeur qui tentait de nous faire payer le coupon de stationnement de l’aéroport et qui nous a finalement joué la carte de celui qui n’a pas de monnaie. C’est donc avec beaucoup de patience et un peu d’entêtement que nous avons finalement réussi à payer que le montant indiqué sur le compteur et nous sommes partis à la recherche d’un hôtel.


Ho Chi Minh City (HCMC), la capitale du Vietnam du sud, est une grande ville sans charme particulier, mais qui est toutefois assez agréable. Elle abrite aussi le musée de réminiscence de la guerre du Vietnam de 1959 à 1975. Il semblait donc incontournable de le visiter, ce que nous fîmes dès notre arrivée. Ce musée renferme beaucoup d’informations et de photos intéressantes, mais le site est malheureuse extrêmement mal structuré et le contenu est clairement tendancieux et partisan. Nous sommes donc ressortis avec quelques fragments d’information, mais sans une compréhension beaucoup plus approfondie.

Pour notre deuxième journée, nous avons décidé d’aller explorer les tunnels de Cu Chi à quelques kilomètres de Saigon. Les quelques 200 km de tunnels construits par les Viet Cong (rebelles du nord et du sud) se sont révélés être un atout hautement stratégique durant la guerre afin de faciliter le contrôler des zones rurales en bordure de Saigon. Toutefois, les américains ayant massivement bombardé la région, il ne reste plus que quelques exemples de cette ancienne cité sous-terraine. Quelques tunnels sont visitable afin de permettre aux touristes d’expérimenter ces petits passages à l’intérieur desquels des milliers de gens ont habité durant plusieurs années. Il est aussi assez intéressant de réaliser tout ce qui a été pensé et conçu avec des moyens presque inexistants (bouche d’aération, piège avec matériaux recyclés, gestion de la fumée de cuisson, etc.). Il est toutefois malheureux que leur imagination n’ait pas servi à une meilleure cause

Après notre court séjour à HCMC, nous nous sommes envolés jusqu’à Phu Quoc, la plus grosse île du Vietnam située complètement au sud-ouest du pays. Notre séjour sur le bord de la plage fut bien agréable, en plus d’avoir été agrémenté par la rencontre de trois américains d’origine polonaise avec qui nous avons partagé quelques bouteille de vin vietnamien (pas fameux, mais pour 2.50$ la bouteille, on s’en contente!). Le seul accroc c’était les nombreuses méduses bleues-noires qui pataugeaient un peu partout, mais nous en sommes ressortis sains et saufs!

Voulant être au Cambodge pour le nouvel an (du 14 au 16 avril), nous sommes restés que trois nuits sur l’île, puis avons dû prendre un traversier et un bus pour se rendre jusqu’à Chau Doc, près de la frontière. Le lendemain matin, nous avons repris un autre bateau jusqu’à Phnom Penh, puis finalement un bus jusqu’à Siem Reap.`

Fait divers sur le Vietnam : Près du quart de la population porte un genre de masque chirurgical en tout temps, probablement pour se protéger de la pollution. L’ayant carrément intégré dans leur style vestimentaire, certains arborent des motifs et des couleurs variés.

lundi 12 avril 2010

Un intermède à Bangkok


Comme le vol le plus économique pour quitter le Myanmar s’arrêtait à Bangkok, nous avons convenu d’y rester quelques jours avant de poursuivre notre route vers le sud du Vietnam. Avant même notre arrivée à Bangkok, nous étions au courant de la situation politique tendue dans le pays. Nous n’avons pas eu à attendre très longtemps avant de voir des milliers de manifestants habillés en rouge défiler dans les rues. Tout au long de notre séjour, nous avons été légèrement restreints dans nos déplacements en raison des manifestations, mais sans jamais se sentir en danger.

La ville de Bangkok est, de loin, l’endroit le plus touristique que nous avons visité depuis notre départ de Montréal. En effet, nous nous sentions pratiquement de retour en Amérique du Nord tellement l’on y trouve de tout. Des restos de pizza aux immenses centres d’achat en passant par les stands de bouffe locale jusqu’aux prostituées au coin des rues.

Comme Bangkok est reconnu pour son shopping, nous avons profité de notre première journée pour aller faire un tour au marché de fin de semaine en plein air. Toutefois, la chaleur écrasante a diminué notre enthousiasme face à ce gigantesque marché aux puces et nous avons finalement décidé de nous rendre au centre d’achat MBK (climatisé) pour terminer notre journée. Malheureusement, la soirée a été plutôt tranquille, car Mathieu a fait de la fièvre jusqu’au lendemain soir ayant probablement été victime d’un coup de chaleur.

Après trois jours, n’ayant toujours rien visité de culturel, nous avons décidé de nous rendre au Grand Palace dont de nombreux voyageurs nous avais parlé. Tristement, le palace lui-même était fermé au public, mais le Wat Phra Kaew où l’on retrouve le plus gros Bouddha en jade était ouvert. Nous n’avons pas été particulièrement impressionnés par le site, mais l’ensemble relève un certain charme avec ses nombreux bâtiments aux couleurs vives. Encore une fois, la chaleur nous a obligés à rentrer à l’hôtel pour se reposer un peu et laisser passer le zénith de la journée.

Le lendemain, nous avons poursuivi nos visites en bateau-bus. C’est en fait un transport en commun local qui arpente la rivière Chao Phraya, mais qui constitue aussi un excellent moyen pour les touristes de découvrir la ville et les paysages. Nous avons donc descendu la rivière jusqu’à la dernière station pour ensuite remonter jusqu’au Temple de Wat Arun. Ce temple, construit au 19e siècle, constitue un des icônes principal de la ville. Il est situé en bordure de la rivière et est joliment décoré de milliers de pièces de vaisselles en porcelaine chinoise.

Nous avons terminé nos visites à la Vimanmek Mansion, le plus grand palais royal construit en teck dorée. La construction, âgée de moins d’un siècle, a été habitée seulement quelques années avant d’être transformée en musée par sa majesté la Reine. Nous pouvons aujourd’hui visiter quelques unes de ses 70 pièces et admirer ses nombreux objets de collection. Toutefois, l’accès aux lieux est très contrôlé et la sécurité quelque peu excessive… Aucune culotte courte ni de souliers ne sont tolérés, les photos ne sont pas permises et par-dessus tout, nous devons obligatoirement être escortés par une guide durant l’ensemble de notre visite. On croirait que le roi y habite encore!
Nous avons quitté Bangkok la journée avant la prise du parlement par les chemises rouge et gardons de cette ville un sentiment partagé entre l’attrait de la facilité et le manque de dépaysement. La chaleur et l’humidité ont, toutefois, rendu notre séjour un peu moins agréable qu’il aurait pu l’être à une autre saison.

Fait divers sur Bangkok : Il y a un nombre impressionnant de transsexuels un peu partout. Il ne faut donc pas rester surpris d’être servi par un d’entre eux au resto ou dans une boutique.


mardi 6 avril 2010

Myanmar ... 2e partie

Après avoir hésités longuement, nous avons finalement décidé de poursuivre notre périple vers Bagan. C’est après deux bus et 13 heures de voyagement que nous sommes arrivés à l’hôtel vers 12h30 am. Comme il y a rarement plus de trois heures d’électricité par jour, nous avons dû nous installer à la lueur de notre lampe frontale. Le lendemain, nous avons loué des vélos avec Corina et Andy (le couple suisse) ainsi qu’un américain et nous nous sommes promenés à travers cette ancienne cité. Le site s’étend sur 26 miles carré où plus de 2000 pagodes se côtoient allant des plus modestes aux plus impressionnantes. Il est malheureux que plusieurs familles aient dû être déportées récemment des lieux, mais le résultat a, tout de même, eu pour effet de mettre en valeur ces magnifiques structures datant, pour certaines, de plus de 1000 ans.



Nos balades en vélo ont été particulièrement agréables et le relief, assez plat, nous a permis d’apprécier la juxtaposition des pagodes le long de la route, le tout sans trop se fatiguer. Toutefois, la température tout de même assez chaude et certaines routes hors piste en sable que Mathieu nous a fait prendre (des shorts cuts!), nous ont bien fait suer!

Notre deuxième journée s’est toutefois terminée avec deux joueurs en moins… Caroline a eu une crevaison et Andy, probablement une dizaine, en ayant voulu traverser un boisée de ronces pour sauver un peu de temps. Andy et Caroline sont donc revenus paisiblement sur le « pouce » pendant que les autres ont dû dépenser leur dernière réserve d’énergie pour rentrer à l’hôtel en pédalant.





Comme dernière destination dans le pays, nous devions nous rendre au Lac Inle. Nous attendions ce moment avec beaucoup d’enthousiasme et disons que les environs ne nous ont pas déçus. Comme la majorité des touristes à petit budget, nous nous sommes logés à Nyaungshwe, situé en bordure d’un canal se jetant dans le lac à quelques kilomètres de là. Le petit village est particulièrement tranquille, mais très agréable. Pour notre deuxième journée, nous avons loué des vélos afin de se promener dans les environs et se rendre au lac. Nous avons, toutefois, été distraits par un vignoble le long de la route qui a retardé quelque peu notre promenade! Après avoir goûté à leurs vins plutôt médiocres, nous sommes rembarqués sur nos vélos et avons poursuivi notre chemin pour finalement apercevoir le lac !

Le lac, long de 20 km, est entouré de montagnes et parsemé de petites maisons sur pilotis habités par différentes tribus. Sur les eaux calmes du lac nous pouvons apercevoir des pêcheurs œuvrant sur leur bateau ainsi que les habitants se déplaçant sur leur petit canot en se propulsant avec leur jambe. Malheureusement, les bateaux à moteur commencent à prendre légèrement le dessus, mais le paysage demeure encore tout à fait charmant et unique. Pour le dîner, nous avons dû être transportés, en canot, du pont jusqu’au restaurant, car il n’y a aucun autre moyen de se déplacer sur le lac.

Pour notre dernière journée dans la région, nous avons loué un bateau avec nos amis suisses afin d’explorer le lac. Notre tour nous a majoritairement menés d’ateliers-boutiques en ateliers-boutiques, mais l’expérience fut tout de même particulièrement intéressante. Les différents villages rangés le long des canaux sont assez typiques et plutôt agréables. La plupart habitent de jolies maisons à une ou deux étages en bois ou en bambou qui ne sont pas dénuées de style. La population est très bien organisée et ils en sont même venus à cultiver d’énormes jardins suspendus sur l’eau pour subvenir à leurs besoins.

Notre périple au Myanmar a été très intéressant et nous sommes extrêmement heureux d’avoir découvert ce pays encore peu connu. Malgré que certains attraits « majeurs », à eux seuls, ne vaillent pas le déplacement dans le pays, des sites comme la pagode de Shwedagon, Bagan et le lac Inle complémentés avec la gentillesse, l’enthousiasme et la générosité des habitants nous ont procuré plusieurs souvenirs inoubliables. Il est, toutefois, difficile de ne pas remarquer que le comportement de certains habitants, près des zones touristiques principales, commence à se modifier pour ressembler de plus en plus à celui de d’autres pays plus fréquentées. Ceci nous questionne donc sur la pérennité de leur candeur dans le futur …

 

vendredi 2 avril 2010

Le pays aux milles sourires

Notre arrivée au Myanmar a été pour nous un choc. À vrai dire, un choc positif. À notre grande surprise et soulagement, nous avons été étonnés par la tranquillité et l’ordre qui règnent dans ce pays par rapport à certaines de nos dernières destinations. Le respect des règles élémentaires de conduite complémenté par l’utilisation parcimonieuse du klaxon et la propreté plus qu’acceptable de la ville a largement contribué à alimenter notre enthousiasme face à ce nouveau pays.



Après s’être fait déposer à l’hôtel de notre choix qui était fermé depuis un an et demi (merci Lonely Planet!), nous nous sommes dirigés à pied vers notre deuxième choix, un hôtel situé un peu à l’extérieur du centre. Notre premier contact avec les habitants a été rafraichissant, car malgré l’importante barrière de la langue, les gens tentaient de nous aider par tous les moyens tout en nous souriant timidement.


Heureusement, notre deuxième choix s’est avéré être excellent et nous avons pu nous y reposer un peu suite à notre nuit de voyagement. Le lendemain, nous sommes partis à pied découvrir la ville, ses pagodes et ses marchés. Mathieu échangeait tellement de sourire qu’il en avait des crampes aux joues! Pour le couché du soleil, nous nous sommes rendus à la pagode Shwedagon qui est, en fait, la plus impressionnante de la ville, mais aussi le site bouddhiste le plus sacré du pays. Cette gigantesque coupole en or sertie de pierres précieuses et ornée d’un diamant à son sommet est entourée de soixante petites coupoles identiques à la principale et de plusieurs pavillons de recueillement. Le site en lui-même est magnifique et particulièrement impressionnant, mais à la tombée du jour il devient presque magique. Nous avons eu la chance d’être guidés par un moine accompagné d’un étudiant pour voir briller le spectaculaire diamant. Dans les faits, il y a seulement trois endroits d’où nous pouvons le voir scintiller et sans quelqu’un pour vous indiquer le lieu spécifique (1 pi2), il est presque impossible de le trouver.



Nous avons ensuite été invités par le moine à visiter son monastère à quelques kilomètres de là. Près d’une quarantaine de monastères entourent une énorme statue de Bouddha couché où y vivent des centaines de moines et de novices pouvant être âgé parfois de moins de 5 ans. Les installations y sont évidemment assez rudimentaires et les moines se partagent une grande salle pour l’ensemble de leurs activités (dormir, repas, loisir, etc.).

Après avoir passé trois jours à Yangon, nous sommes partis avec chauffeur privé (nous nous sommes laissés convaincre par l’hôtel que cela valait l’investissement…) vers Mandalay. Nous nous sommes arrêtés une nuit en chemin et avons visité quelques pagodes sur la route. Nous avons eu droit à des Bouddhas assis, debouts, couchés, entourés de serpent, mais tout compte fait, un Bouddha c’est un Bouddha!

Les paysages, quoique moins impressionnants que ce à quoi nous nous attendions, sont assez sympathiques avec leurs petites maisons en bambous et leurs rizières. Toutefois, à cette période de l’année il y a constamment une petite fumée qui ternit quelques peu les couleurs.

Après plus de quinze heures de route en deux jours, nous sommes arrivés à Mandalay. Cette ville ne possède aucun intérêt particulier, mais comme elle est le centre du nord du pays et que toutes les routes y passent, il est difficile de l’éviter.

Le lendemain, nous avions une journée de visite avec notre chauffeur privé (!) dans les environs de la ville. Pour débuter le programme : fabrique de feuille d’or, atelier de tissage, sculptage de marbre, d’autres pagodes et observation du rituel entourant le repas des moines. Nous nous sommes, par la suite, dirigés vers Sagaing Hill, une colline d’où l’on peut observer des centaines de stupas et de monastères et nous avons poursuivis notre chemin jusqu’au village d’Inwa.

Après avoir traversé la rivière à bord d’un petit bateau à moteur, nous avons loué une calèche afin de faire le tour du village puisque ceci semblait être le moyen de transport le plus efficace du coin! Inwa a été la capitale du royaume birman pendant plus de 400 ans, soit plus longtemps que toutes autres villes, et possède encore aujourd’hui plusieurs reliques intéressantes en plus de nous donner un bel aperçu de la vie rurale.

Pour terminer la journée, nous sommes allés nous balader sur le plus long pont en tek au monde, le pont U Bein’s. Le pont, vieux de 200 ans, mesure 1300 pieds de long et traverse la rivière Taungthaman. Il est assez agréable de s’y promener entourés de dizaines de moines et de locaux souhaitant se faire prendre en photos avec nous! Le site en lui-même est sympathique, mais légèrement surévalué, selon nous.


Pour notre dernière journée avec notre chauffeur privé, nous devions nous rendre jusqu’à Kyaukme, un petit village à l’est de Mandalay, mais nous nous sommes d’abord arrêtés en chemin à la cave Peik Chin Myaung. C’est une grotte naturelle à l’intérieur de laquelle nous pouvons marcher et qui a été aménagée avec une centaines de Bouddha dispersés un peu partout. Les statues ne sont pas toutes des œuvres d’art, mais le concept est assez intéressant et c’était nos premiers Bouddha cachés dans une grotte !

Peu de temps après notre arrivée à Kyaukme, nous avons été approchés par un guide de trek pour partir dans les montagnes avec lui pour deux nuits. Comme nous avions déjà l’intention de faire cette expédition et que le guide semblait assez comique, nous avons convenu de partir le surlendemain afin de se garder un peu de temps pour se reposer. Dans l’entrefaite, un couple de Suisse s’est joint à nous et nous sommes partis à la découverte des différents villages. À toutes les deux heures, nous avions droit à une collation, du thé chez un habitant et parfois même à quelques trucs de magie de la part de notre guide qui se dit être du même calibre que David Copperfield!


Nyeing Nyeing (prononcer Nine-Nine (99)), notre guide, s’est, en fait, avéré être un personnage assez intéressant... Il a fait parti de l’armée Shan pendant plusieurs années et s’est battu dans les montagnes contre les militaires birmans. Étant assez contestataire, nous avons eu droit à plusieurs de ses opinions sur la place de la religion, la politique du pays ainsi que plusieurs histoires de guerre du temps où il vivait dans les montagnes. Sa femme a d’ailleurs été mise en prison, il y a près d’un mois, par la Junte pour tenter de le faire taire.

À ce temps-ci de l’année, les paysages ne sont pas à leur apogée en raison de la sécheresse et des nombreux feux de déboisement, mais nous avons rencontré des gens tout à fait sublimes. Étant le seul guide se promenant dans la région, il s’efforce à varier les routes, les villages ainsi que les maisons où nous nous arrêtons. Certains villages où nous sommes passés avaient vu des blancs seulement une fois dans les quatre dernières années. Par conséquent, nous arrivions toujours à l’improviste, mais chaque fois du thé nous était servi et nous avions droit à un accueil des plus chaleureux. Une de nos hôtes a même voulu faire essayer à Caroline et Corina les vêtements traditionnels Shan au grand plaisir de tous! Partout où nous allions les enfants nous saluaient, voulaient qu’on les prenne en photo et s’esclaffaient de rire quand on leur montrait leur binette sur l’écran de notre appareil photo. La majorité de nos hôtes ne parlaient pas tellement anglais, mais avec leurs gestes ils pouvaient nous raconter des histoires (ils ont dû apprendre la langue internationale de ma mère, Lise!) et certains se moquaient de la barbe, de plus en plus envahissante, de Mathieu.

Nous avons été hébergés dans des petites maisons desservies par l’électricité de façon sporadique, comme partout ailleurs dans le pays, ne possédant pas l’eau courante et où nous avons dormi sur des couvertures déposées directement sur le plancher. L’expérience fut tout à fait unique et malgré les conditions assez rudimentaires, nous avons toujours assez bien mangé (du riz; matin, midi et soir!).

Après près de deux semaines dans le pays, nous pouvons convenir que les attraits visités jusqu’à maintenant ne nous ont pas renversés, à l’exception de la pagode Shwedagon, mais le calme qui règne dans le pays et la générosité des habitants compensent amplement.

Fait divers sur le Myanmar : La majorité des femmes et des enfants se maquillent le visage avec une poudre de bois pour se protéger du soleil.

jeudi 25 mars 2010

Prochaines parutions du Blog

Nous sommes présentement au Myanmar depuis une semaine et tout se passe à merveille. Toutefois, le pays est sous un regime de didacture militaire et le gouvernement contrôle toutes les communications entrantes et sortantes du pays. Par conséquent, l'accès à Internet est limité, les connections très lentes et plusieurs sites bloqués.


Nous voulions donc vous informer que les parutions durant notre séjour au Myanmar seront surement espacées, mais ne vous inquiétez pas, nous allons bien !


A bientôt !

vendredi 12 mars 2010

Nord de l'Inde

Arrivés à Delhi, nous avons rapidement pu constater que la ville était tout de même moins intéressante au point de vue architecturale que Mumbai et qu’on s’y sentait beaucoup plus entassé. Toutefois, il règne à Delhi une certaine animation intéressante à travers ce désordre et cette saleté.


Le premier matin de notre arrivée, nous avons pris un rickshaw pour se rendre au musée national à quelques kilomètres de notre hôtel. C’est dans une circulation particulièrement chaotique que nous zigzaguions entre les voitures, les bus, les piétons et les vélos. Notre jeune chauffeur semblait, toutefois, beaucoup plus intéressé à Caroline qu’à regarder la route. C’est donc sous les cris de Caroline que nous avons enfoncé le derrière d’un taxi stationné sur le bord d’une voie rapide. Résultat : Caroline a frappé son épaule sur un poteau de métal et nous avons eu tous les deux les genoux égratignés. Après avoir repris nos esprits, notre conducteur s’est vite empressé de nous débarqué dans un parc, sans frais évidemment, afin d’éviter les représailles et les complications avec les autorités policières.

Voulant se rassurer sur les conséquences de l’impact et comme les épaules sont une partie du corps assez importante pour un « backpacker », nous avons décidé de nous rendre à l’hôpital le plus près. Le moins qu’on puisse dire c’est que les hôpitaux constituent une image assez représentative du pays : plutôt efficace dans leur désordre, sérieux problèmes d’hygiène et très économique (gratuit pour tous, même pour les touristes)!

Il y avait au milieu d’une grande pièce une table autour de laquelle les médecins étaient assis, tous entourés de quelques patients cherchant à obtenir leur attention. Pour compléter le portrait, plusieurs civières, avec en moyenne deux patients, étaient distribuées le long des murs. Les malades, les visiteurs, les employés de l’hôpital se promenaient allègrement entre un patient vomissant et un autre qui semblait en phase terminal. Bref, le portrait était un peu particulier, mais en moins de quatre heures, Caroline avait quand même vu le médecin, fait une radiographie, pris des comprimés antidouleurs (elle a refusé la piqure qui était gratuite par crainte de la délicatesse des infirmières), a été référée à un orthopédiste spécialiste qui lui a ensuite suggéré d’immobiliser son bras pendant quelques jours et de prendre des relaxants musculaires. Il ne nous restait plus qu’à espérer ne pas avoir attrapé une maladie contagieuse en ayant traîné dans les couloirs d’un hôpital indien! L’aventure s’est donc terminé sans trop de mal avec, en bonus, un aperçu du système de santé indien, mais une journée de visite gâchée.
Le lendemain nous sommes repartis en direction d’Old Delhi en rickshaw à pédale souhaitant prendre une petite pause de la vitesse! Nous avons visité le Fort Rouge qui s’est révélée être une belle représentation d’une construction « moghole ». C’est, en fait, un ensemble de hall, de tours, de bains et de mosquées érigés en marbre, en pierre rouge et parfois incrustés de pierres précieuses.

Nous avons ensuite marché jusqu’à la mosquée Jama Masrid, la plus grosse de l’Inde, mais elle était fermée pour la prière, alors nous avons poursuivi notre route en direction de Connaught Place, un énorme rond-point autour duquel s’alignent des boutiques de toute sorte.

Prenant notre courage à deux mains, nous nous sommes risqués à prendre l’auto-rickshaw pour se rendre jusqu’à la tombe d’Humayun. Construite au milieu du 16e siècle pour la femme du deuxième empereur moghol, elle fut l’une des premières constructions mogholes de l’Inde. Utilisant les même matériaux que le Fort Rouge, ce monument est toutefois beaucoup plus impressionnant, tant par prestance que par la qualité de son architecture.

Après avoir passé trois nuits à Delhi, nous avons pris le train vers Agra. Nous nous sommes logés dans le quartier entourant le Taj Mahal qui semble tout droit sortis du Moyen-Âge avec de petites rues étroites et poussiéreuses. La population y est, toutefois, particulièrement agressante. On ne peut pas faire deux pas sans se faire interpeller pour prendre un rickshaw, acheter de l’eau, aller sur Internet ou pour nous vendre une statuette du Taj en marbre pour 1$ (on n’a plus le marbre qu’on avait!). On se croyait presqu’en Égypte!

Dès notre arrivée, nous avons emprunté un auto-rickshaw afin d’aller visiter l’Itimad-Ud-Daulah, une tombe construite par la femme de l’empereur Jehangir pour ce dernier et surnommée le Baby-Taj. Le site est certes un peu moins imposant que l’original, mais la qualité des détails lui donne un intérêt certain. Nous avons terminé la journée par un coucher de soleil derrière le vrai et l’unique Taj Mahal. Sur le chemin du retour, nous devions nous arrêter dans deux boutiques, ayant convenu avec le chauffeur d’un prix moins élevé pour la course avec cette condition. Cette pratique se fait beaucoup, autant en Afrique qu’ici, car les chauffeurs obtiennent une commission de la part du magasin lorsqu’ils y amènent un touriste. Parfois le tout se passe à notre insu, il vaut donc mieux en tirer avantage!

Voulant prendre une petite pause du lavage à la main, nous avions remis à l’hôtel quelques morceaux à faire nettoyer. Quelle ne fût pas notre surprise de constater à notre retour que les pantalon-short beige de Mathieu avait allègrement été trempé dans l’eau de javel jusqu’aux genoux et qu’il avait maintenant en sa possession un beau pantalon « chamoiré » deux tons. Complètement renversés par la stupidité de ce professionnel du lavage, nous avons cherché à obtenir une compensation de l’hôtel. La population de l’Inde étant majoritairement assez pauvre, il était inconcevable de leur demander 50$ pour le pantalon. Nous avons alors convenu de faire reteindre le pantalon afin d’obtenir, au moins, une couleur uniforme. Mathieu est parti avec le gars de l’hôtel ainsi que le nettoyeur, donc à trois sur une moto afin de tenter de renverser la bavure. Ils ont dû faire quatre endroits différents avant de trouver un artisan teinturier qui a finalement réussi à obtenir un résultat assez surprenant. Espérons qu’il survivra à son premier lavage!

Pour notre deuxième journée à Agra, nous nous sommes levés à 6h00 am afin d’être dans les premiers à visiter le Taj Mahal. À notre grand étonnement, nous ne semblions pas être les seuls à avoir eu cette idée, car il y avait déjà plusieurs dizaine de personnes en ligne. Le Taj Mahal a été construit par Shah Jahan pour sa femme décédée en 1631 après avoir donné naissance à leur 14e enfant. Peu de temps après la fin de la construction, l’empereur a été enfermé dans le fort d’Agra par son fils et il ne put observer son chef d’œuvre que par le trou d’une fenêtre. Il y a toutefois été enterré aux côtés de sa femme à son décès en 1666.

Ayant souvent vu des photos de cette tombe célèbre, le site n’a pas été une grande surprise en soit, mais il ne demeure pas moins hautement impressionnant. Cette gigantesque structure de marbre se mirant dans les petits bassins d’eau du jardin a rendu nos moments presque magiques. Pour ajouter aux plaisirs des yeux, le marbre est incrusté de pierres précieuses sur la presque totalité des façades et les tombes à l’intérieur sont entourées de marbre merveilleusement sculpté. Le site est en lui-même exquis et le monument d’une beauté immaculée.


Pour terminer notre visite d’Agra, nous avons visité le fort d’Agra. Le fort avait d’abord été construit comme structure militaire, mais il a ensuite été transformé par Shah Jahan en magnifique palais qui s’est d’ailleurs avéré devenir sa prison quelques années plus tard. Le fort d’Agra est beaucoup plus impressionnant que celui de Delhi et les différentes sections d’une richesse étonnante. Encore une fois le marbre côtoie les pierres de sable rouge, le tout dans une harmonie séduisante.

Nous devions ensuite revenir à Delhi afin de reprendre un vol le lendemain matin vers Varanesi. Varanesi est une des plus vieilles villes habitées au monde et est, sans contredit, un des endroits les plus sacrés de l’Inde. La ville s’étend le long du Gange et la vieille ville est un labyrinthe de rues et de temples où circulent piétons, moto et vaches. Arrivés à Varanesi, nous avons d’abord marché quelques minutes dans cette ville bondée de monde pour ensuite voir s’ouvrir devant nous le Gange.

Cette rivière, si mythique pour les Indiens, rassemble des milliers de personnes à tous les jours venant s’y purifier en y prenant leur bain ou pour participer à la cérémonie du brûlage des corps. Le long des quelques kilomètres longeant le Gange plusieurs dizaines de « ghâts » s’alignent de par et d’autre de la « ghat » principale où a lieux une cérémonie religieuse animée de musique à tous les soirs. Les ghâts sont en fait des endroits qui ont été aménagés il y a plusieurs années et qui renferment aujourd’hui des symboliques différentes.

L’une des ghâts (Manikarnika) est utilisée pour incinérer les morts. Les familles peuvent transporter leurs morts de n’importe où dans le pays, dans la mesure où ils en ont les moyens, et ils doivent ensuite payer pour le bois, l’huile, la poudre, etc. Le mort est d’abord porter sur une civière, couvert d’étoffes, pour ensuite être trempé dans le Gange pour purifier son âme, puis il est amené sur le bûcher. Le fils le plus âgé doit allumer le feu et laisser le corps brûler jusqu’à ce qu’il se consume complètement (3h-3h30). Le crâne est ensuite brisé afin de libérer l’âme et les cendres laver avec l’eau du Gange. Seuls les hommes de la famille son admis à la cérémonie. Il est particulièrement étonnant de voir la quantité de corps qui y sont brûlé chaque jour et il peut y avoir jusqu'à 5 à 10 feux simultanément. Malgré tout, l’atmosphère n’est pas tellement dramatique, ce qui peut peut-être s’expliquer par le fait que ce soit le cadeau ultime pour un mort dans la religion hindou additionné du fait qu’ils aient une croyance profonde en la réincarnation de l’âme.

Le premier matin de notre arrivée, nous avons fait une balade en bateau sur le Gange au levée du soleil. L’image de cette ville à la lueur du jour est tout à fait sublime. Dès le petit matin, les gens viennent au bord de la rivière afin d’y prendre leur bain, méditer ou faire leur lavage. Les Hindous ont la ferme conviction que l’eau de cette rivière est sacrée et qu’elle a le pouvoir de purifier les âmes, c’est pourquoi plusieurs Indiens gardent de cette eau chez eux ou en boivent un peu chaque jour.

L’endroit est surréel et il y règne une atmosphère toute particulière. Cette ville est certainement l’une des plus atypiques que nous avons eu la chance de visiter.

Tout compte fait, la population du nord s’est avérée moins sympathique que dans le sud. Les gens veulent tirer avantage du tourisme et ce, de toutes les manières possibles, ce qui rend les journées un peu plus exténuantes. Toutefois, la majorité des attraits incontournables s’y retrouvent et c’est aussi dans le nord que nous pouvons vivre l’Inde, telle que nous l’imaginions. Malheureusement, nous avons dû précipiter notre départ vers le Myanmar en raison de la température dans ce pays. Par conséquent, nous quittons le nord avec un sentiment de devoir inachevé et nous devrons certainement y revenir...

Nous sommes maintenant de retour à Delhi et quittons ce soir à 23h10 pour le Myanmar. Merci à Caroline pour cette journée supplémentaire à Delhi….(elle croyait que c’était 11h10 am!).

Fait divers sur l’Inde : Certains hommes plus âgés se teigne les cheveux et la barbe, ce qui rend leur chevelure complètement orangés.

jeudi 4 mars 2010

La plage de Varkala

C’est tout en sueur et chargés de nos sacs que nous avons finalement trouvé une chambre à prix raisonnable vers 21h00 après 6h30 de bus, 1h30 de taxi et plusieurs visites d’hôtel. Plus précisément, nous sommes tombés sur un couple de français, rencontré une semaine plus tôt à Hampi, qui nous a fait visiter leur hôtel. Une vraie aubaine! Nous avons donc arrêté notre choix sur une chambre un peu « kitch » avec des papillons et des pots de fleurs en plastique accrochés au mur, mais qui possédait une jolie petite vue sur la mer, le tout pour 400 roupies (10$).

Varkala est particulièrement touristique, mais il s’en dégage une atmosphère assez détendue propice à y passer quelques jours sans se lasser. Sur la « cliff » (haut de la falaise) se trouvent la majorité des petites boutiques, hôtels et restos d’où nous avons généralement une belle vue de la plage et de l’océan. En plus d’être agréable pour faire de la plage, Varkala possède de nombreuses cliniques ayurvédiques ainsi que des classes de yoga qui se sont multipliées à une vitesse fulgurante dans les dernières années. Voulant expérimenter les traitements ayurvédiques, assez typiques à la région, nous nous sommes laissés tenter par un massage. Premièrement, ils nous font nous déshabiller entièrement, puis ils nous enduisent d’huile. Nous avons ensuite droit à des petits coups un peu partout dont sur la tête, à des frottages bien vigoureux et à un peu de tirage de cheveux. Tous les mouvements s’enchaînent très rapidement et disons qu’on est loin de tomber endormi et qu’on se sent loin de chez Lise Watier! Ce fut ni agréable, ni vraiment désagréable, mais ceci s’est avérée être une expérience intéressante dont on se souviendra sûrement.

On retrouve très peu de choses typiques à Varkala que ce soit au point de vue culinaire ou architectural. Toutefois, en regardant les déchets accrochés aux parois de la falaise, on réalise que l’on est toujours en Inde!

Nous nous sommes beaucoup reposés, avons bien mangé et sommes maintenant prêts à affronter le nord du pays qui, semble-t-il, est un peu plus déstabilisant…

Fait divers sur l’Inde : Les indiens ne se mouchent pas. Ils reniflent très fort, puis recrachent le tout.