Après s’être fait déposer à l’hôtel de notre choix qui était fermé depuis un an et demi (merci Lonely Planet!), nous nous sommes dirigés à pied vers notre deuxième choix, un hôtel situé un peu à l’extérieur du centre. Notre premier contact avec les habitants a été rafraichissant, car malgré l’importante barrière de la langue, les gens tentaient de nous aider par tous les moyens tout en nous souriant timidement.
Heureusement, notre deuxième choix s’est avéré être excellent et nous avons pu nous y reposer un peu suite à notre nuit de voyagement. Le lendemain, nous sommes partis à pied découvrir la ville, ses pagodes et ses marchés. Mathieu échangeait tellement de sourire qu’il en avait des crampes aux joues! Pour le couché du soleil, nous nous sommes rendus à la pagode Shwedagon qui est, en fait, la plus impressionnante de la ville, mais aussi le site bouddhiste le plus sacré du pays. Cette gigantesque coupole en or sertie de pierres précieuses et ornée d’un diamant à son sommet est entourée de soixante petites coupoles identiques à la principale et de plusieurs pavillons de recueillement. Le site en lui-même est magnifique et particulièrement impressionnant, mais à la tombée du jour il devient presque magique. Nous avons eu la chance d’être guidés par un moine accompagné d’un étudiant pour voir briller le spectaculaire diamant. Dans les faits, il y a seulement trois endroits d’où nous pouvons le voir scintiller et sans quelqu’un pour vous indiquer le lieu spécifique (1 pi2), il est presque impossible de le trouver.

Nous avons ensuite été invités par le moine à visiter son monastère à quelques kilomètres de là. Près d’une quarantaine de monastères entourent une énorme statue de Bouddha couché où y vivent des centaines de moines et de novices pouvant être âgé parfois de moins de 5 ans. Les installations y sont évidemment assez rudimentaires et les moines se partagent une grande salle pour l’ensemble de leurs activités (dormir, repas, loisir, etc.).
Après avoir passé trois jours à Yangon, nous sommes partis avec chauffeur privé (nous nous sommes laissés convaincre par l’hôtel que cela valait l’investissement…) vers Mandalay. Nous nous sommes arrêtés une nuit en chemin et avons visité quelques pagodes sur la route. Nous avons eu droit à des Bouddhas assis, debouts, couchés, entourés de serpent, mais tout compte fait, un Bouddha c’est un Bouddha!
Les paysages, quoique moins impressionnants que ce à quoi nous nous attendions, sont assez sympathiques avec leurs petites maisons en bambous et leurs rizières. Toutefois, à cette période de l’année il y a constamment une petite fumée qui ternit quelques peu les couleurs.
Après plus de quinze heures de route en deux jours, nous sommes arrivés à Mandalay. Cette ville ne possède aucun intérêt particulier, mais comme elle est le centre du nord du pays et que toutes les routes y passent, il est difficile de l’éviter.

Le lendemain, nous avions une journée de visite avec notre chauffeur privé (!) dans les environs de la ville. Pour débuter le programme : fabrique de feuille d’or, atelier de tissage, sculptage de marbre, d’autres pagodes et observation du rituel entourant le repas des moines. Nous nous sommes, par la suite, dirigés vers Sagaing Hill, une colline d’où l’on peut observer des centaines de stupas et de monastères et nous avons poursuivis notre chemin jusqu’au village d’Inwa.
Après avoir traversé la rivière à bord d’un petit bateau à moteur, nous avons loué une calèche afin de faire le tour du village puisque ceci semblait être le moyen de transport le plus efficace du coin! Inwa a été la capitale du royaume birman pendant plus de 400 ans, soit plus longtemps que toutes autres villes, et possède encore aujourd’hui plusieurs reliques intéressantes en plus de nous donner un bel aperçu de la vie rurale.
Pour terminer la journée, nous sommes allés nous balader sur le plus long pont en tek au monde, le pont U Bein’s. Le pont, vieux de 200 ans, mesure 1300 pieds de long et traverse la rivière Taungthaman. Il est assez agréable de s’y promener entourés de dizaines de moines et de locaux souhaitant se faire prendre en photos avec nous! Le site en lui-même est sympathique, mais légèrement surévalué, selon nous.
Pour notre dernière journée avec notre chauffeur privé, nous devions nous rendre jusqu’à Kyaukme, un petit village à l’est de Mandalay, mais nous nous sommes d’abord arrêtés en chemin à la cave Peik Chin Myaung. C’est une grotte naturelle à l’intérieur de laquelle nous pouvons marcher et qui a été aménagée avec une centaines de Bouddha dispersés un peu partout. Les statues ne sont pas toutes des œuvres d’art, mais le concept est assez intéressant et c’était nos premiers Bouddha cachés dans une grotte !
Peu de temps après notre arrivée à Kyaukme, nous avons été approchés par un guide de trek pour partir dans les montagnes avec lui pour deux nuits. Comme nous avions déjà l’intention de faire cette expédition et que le guide semblait assez comique, nous avons convenu de partir le surlendemain afin de se garder un peu de temps pour se reposer. Dans l’entrefaite, un couple de Suisse s’est joint à nous et nous sommes partis à la découverte des différents villages. À toutes les deux heures, nous avions droit à une collation, du thé chez un habitant et parfois même à quelques trucs de magie de la part de notre guide qui se dit être du même calibre que David Copperfield!
Nyeing Nyeing (prononcer Nine-Nine (99)), notre guide, s’est, en fait, avéré être un personnage assez intéressant... Il a fait parti de l’armée Shan pendant plusieurs années et s’est battu dans les montagnes contre les militaires birmans. Étant assez contestataire, nous avons eu droit à plusieurs de ses opinions sur la place de la religion, la politique du pays ainsi que plusieurs histoires de guerre du temps où il vivait dans les montagnes. Sa femme a d’ailleurs été mise en prison, il y a près d’un mois, par la Junte pour tenter de le faire taire.
À ce temps-ci de l’année, les paysages ne sont pas à leur apogée en raison de la sécheresse et des nombreux feux de déboisement, mais nous avons rencontré des gens tout à fait sublimes. Étant le seul guide se promenant dans la région, il s’efforce à varier les routes, les villages ainsi que les maisons où nous nous arrêtons. Certains villages où nous sommes passés avaient vu des blancs seulement une fois dans les quatre dernières années. Par conséquent, nous arrivions toujours à l’improviste, mais chaque fois du thé nous était servi et nous avions droit à un accueil des plus chaleureux. Une de nos hôtes a même voulu faire essayer à Caroline et Corina les vêtements traditionnels Shan au grand plaisir de tous! Partout où nous allions les enfants nous saluaient, voulaient qu’on les prenne en photo et s’esclaffaient de rire quand on leur montrait leur binette sur l’écran de notre appareil photo. La majorité de nos hôtes ne parlaient pas tellement anglais, mais avec leurs gestes ils pouvaient nous raconter des histoires (ils ont dû apprendre la langue internationale de ma mère, Lise!) et certains se moquaient de la barbe, de plus en plus envahissante, de Mathieu.
Nous avons été hébergés dans des petites maisons desservies par l’électricité de façon sporadique, comme partout ailleurs dans le pays, ne possédant pas l’eau courante et où nous avons dormi sur des couvertures déposées directement sur le plancher. L’expérience fut tout à fait unique et malgré les conditions assez rudimentaires, nous avons toujours assez bien mangé (du riz; matin, midi et soir!).
Après près de deux semaines dans le pays, nous pouvons convenir que les attraits visités jusqu’à maintenant ne nous ont pas renversés, à l’exception de la pagode Shwedagon, mais le calme qui règne dans le pays et la générosité des habitants compensent amplement.
Fait divers sur le Myanmar : La majorité des femmes et des enfants se maquillent le visage avec une poudre de bois pour se protéger du soleil.






