lundi 28 décembre 2009

Introduction à l'est de l'Afrique

Nous sommes arrivés à Kigali le 20 décembre, suite à une escale à Nairobi, assez fatigués et avec le bagage de Caroline en moins. Notre cas n’était, toutefois, pas exceptionnel puisque la moitié de l’avion était dans la même situation. Il faut presque le faire exprès pour perdre autant de valises! Nous avions, toutefois, la chance d’être attendu par « maman » et « papa » Bugingo (parent d’un ami de la sœur de Mathieu) qui nous ont accueillis chez eux. Après avoir partagé un bon petit déjeuner, nous avons fait la sieste, puis nous sommes partis à des fiançailles rwandaises.


La cérémonie a débutée par des négociations entre les représentants des deux familles afin que le futur époux obtienne la main de la jeune fille, puis il y a eu échange de cadeaux et négociation de la dote (deux vaches, qui nous ont d’ailleurs fait l’honneur de leur présence). Le processus est parsemé de petits mensonges et d’histoires farfelues pour divertir l’audience, le tout couronné par un spectacle de chant et de danse traditionnels. Aujourd’hui, beaucoup plus folklorique que déterminant, l’événement nous permet d’apprécier l’importance des traditions pour le peuple rwandais. Durant la cérémonie, nous avons aussi eu l’occasion de goûter au vin traditionnel rwandais fait à base de banane. Le goût est intéressant, mais plutôt alcoolisé (parfait pour les universitaires!).


Le lendemain, après avoir récupéré le sac à dos de Caroline, nous sommes partis faire un tour de la ville avec « papa » Bugingo. La ville est érigée sur une succession de collines, ce qui lui donne un caractère unique. Sur l’ensemble du pays, nous pouvons d’ailleurs admirer ce relief d’où son surnom « pays aux milles collines ». Malgré les investissements massifs des dernières années pour développer la ville, certaines infrastructures demeurent toujours assez déficientes. En effet, la majorité des routes secondaires ne sont pas pavé en plus d’être peu entretenu et bien qu’officiellement il y ait de l’eau courante dans la ville, elle ne « courre » que quand ça lui plaît! Nous avons donc pris la majorité de nos douches, depuis notre arrivée, à la tasse à mesurer! De plus, dans l’ensemble du pays, l’eau chaude semble être un luxe que peu de famille et même d’hôtel se paient.



Sous les recommandations de nos hôtes, nous avons décidé de nous rendre à Bujumbura, Burundi, pour quelques jours et de s’arrêter à Huye au Rwanda sur le chemin du retour. Étant un peu en retard pour attraper notre bus le matin de notre départ, nous avons emprunté, jusqu’à la gare, le moyen de transport le plus rapide de la région, la moto-taxi. Nos sept heures de route jusqu’à Bujumbura se sont assez bien passées, mis à part que Caroline avait un peu mal au cœur, que son siège était dépourvu de tout rembourrage, qu’une valise qui lui entrait dans le dos et qu’un bébé lui a même vomit dessus. Vive les transports en commun! Toutefois, le paysage splendide, quoique similaire à celui du Rwanda, a su agrémenter le trajet. Partout, il y a des collines d’un vert éclatant sur lesquelles sont perchés des villages où chaque lopin de terre est cultivé. La ville de Bujumbura, elle, est située au pied de ces collines et d’un des plus grand lac intra terrestre d’Afrique, le Tanganyika.


Après avoir fait une bonne nuit de sommeil, nous sommes partis à la découverte de la ville avec le stricte nécessaire (un peu d’argent et l’appareil-photo), car l’hôtel nous avait avertis qu’il y avait beaucoup de « pickpocket ». Nous n’avons pas mis longtemps pour réaliser qu’il n’y avait pas beaucoup de touristes dans la région et qu’inévitablement nous nous faisions remarquer. Un peu comme au Rwanda, il y a des gens qui sont extrêmement cordiaux et sympathiques et d’autres qui ont une certaine dureté dans les yeux, probablement due à leur passé. Il est donc difficile de dire qu’on s’y sent complètement à l’aise…

Le lac étant un des intérêts principal de la ville, nous avons décidé de marcher jusque là et avons voulu longer sa rive sous les conseils d’un habitant. Toutefois, nous nous sommes retrouvés, sans trop s’en rendre compte, dans un quartier assez isolé et, l’incontournable arriva. Nous avons été, pour la première fois du voyage, entouré, accosté, fouillé et volé par trois habitants qui ont ensuite été aidé par trois autres personnes. Heureusement, l’événement n’a pas été violent et ils n’ont pas voulu de notre caméra, alors nous nous en sommes sortis avec une petite frousse et 40$ en moins. Il faut comprendre que le pays était en guerre jusqu’à tout récemment et est encore surveillé par l’armée en raison de sa possible instabilité. La population est encore affectée, et pour cause, et la pauvreté ainsi que le taux de chômage élevé explique probablement ces petits crimes commis assez régulièrement. C’est ce qu’on appelle être au mauvais endroit au mauvais moment, mais ça fait parti des expériences de voyage et disons que les conséquences ont été assez mineures malgré tout.

Un peu remis de nos événements, nous avons décidé de retourner au lac plus tard dans la journée en taxi, mais dans la section plus touristique à quelques kilomètres de la ville. L’endroit est vraiment magnifique. Les montagnes tout autour, le calme de l’eau à perte de vue et les couleurs étaient magiques. Malheureusement, nous n’avons pas de photo de cette section n’ayant pas voulu tenter le diable une deuxième fois!


Nous avons été très étonné de voir la quantité de mendiants, autant au Rwanda qu’au Burundi, qui quémandent dans les rues et aux fenêtres des autobus. Ce sont principalement des enfants, des handicapés ou des estropiés qui demandent la charité. Caroline a même été « accostée » à quatre reprises par un enfant pas de bras et pas de jambe qui sautait devant elle pour lui bloquer le chemin afin d’obtenir de l’argent. La situation est évidemment très triste, mais elle aussi un peu dérangeant, car ils sont très insistants et utilisent leurs handicaps afin attiser la pitié et obtenir de l’argent.
 
Nous sommes repartis le lendemain matin en directement de Huye, le capitale intellectuelle du Rwanda, pour y célébrer la veille de Noël. Le plan était de souper en amoureux dans le meilleur restaurant en ville (il en faut toujours un meilleur, mais cela ne garantit pas toujours la qualité…) et de terminer le tout avec une petite bouteille de vin. Toutefois, les choses ne se sont pas vraiment passées comme ça… Mathieu a été malade, alors Caroline a mangé seule et nous étions couchés à 22h00. On a vu meilleur party de Noël, mais bon on se reprendra pour la fête à Caroline…


Nous sommes revenus ensuite à Kigali, car nous étions invités à un mariage le 26 décembre. Pour l’occasion, « maman » Bugingo avait prêté à Caroline une robe traditionnelle rwandaise et Mathieu portait un costume de « papa » Bugingo. Après avoir assisté à la cérémonie religieuse, les convives se sont déplacés à la salle de réception, une grande tente en plein air. Les 500 invités ont eu droit à un repas, un spectacle de danse traditionnel ainsi qu’à deux groupes de musique populaire rwandais.

Nous sommes maintenant à Gisenyi, en bordure du lac Kivu, et nous nous y reposerons quelques jours.

Joyeux Noël à tous !!

vendredi 18 décembre 2009

Bienvenu au Zimbabwe !


Croyant que la Namibie était le pays le moins peuplés que nous allions visiter, nous avons été surpris de constater que les routes du Botswana sont tout aussi longues, mais clairement moins intéressantes. Le relief est infiniment plat et la végétation très similaire sur l’ensemble des routes que nous avons parcourues. C’est donc après dix heures de route que nous sommes finalement arrivés à Maun, ville en bordure du delta de l’Okavango.



Voulant explorer le delta, nous avons entrepris une expédition de mokoro de deux nuits avec un guide local demeurant dans un village en bordure du delta. Son village compte environ 700 habitants vivant tous dans des huttes de terre et dont la plupart sont guide de mokoro, moyen de transport traditionnel dans cette région. La mokoro est un petit canot sculptée à même un arbre typique à la région et est propulsée par un « poler ». Une journée d’expédition typique est habituellement composée d’une balade de mokoro sur le delta pour se rendre à son camp, de l’installation du camp, de quelques heures de relaxation et de baignade, d’une ou deux longues marches sur une île pour y découvrir la faune et la flore de la région. Pour terminer, souper sous les étoiles avec notre guide, car en fait nous l’avons nourri pendant les trois jours! Le concept est un peu étrange, car nous avions payé assez cher pour notre séjour. Toutefois, sachant que les guides ne sont pas tellement bien rémunérés, il est recommandé de leur donner un peu de nourriture ce que nous avons fait avec des steaks et des côtelettes de porc! Nous avons donc eu droit à un « really good food » bien senti.


L’ampleur du delta de l’Okavango est impressionnante, mais le niveau de l’eau est actuellement plutôt bas, ce qui ne nous a sûrement pas permis d’admirer toute son immensité. Le paysage, à cette période de l’année est constitué d’herbes hautes et de nénuphars à travers lesquelles nous pouvons circulons en mokoro. Ce qui est particulièrement agréable est le fait qu’on se sente seul au milieu de cette région sauvage et ce, spécialement lorsque l’on s’éloigne un peu. La deuxième nuit, nous avions une île déserte où nous avons même pu admirer deux éléphants traverser le delta pendant que nous y faisions une saucette. Ça c’est l’Afrique!

Le lendemain, nous avons repris la route en direction des chutes Victoria du côté du Zimbabwe. Pour débuter notre journée, qui s’est d’ailleurs avérée assez longue, nous avons dû, à la station d’essence, attendre plus de 15 minutes pour finalement réussir à passer notre carte de crédit. Même à quatre employés, aidés du gérant, Caroline a dû leur expliquer les rudiments de la carte de crédit à puce. La débrouillardise n’est pas toujours une qualité prédominante dans le sud de l’Afrique… Finalement, après avoir roulé plus de 400 km en contournant d’énormes nid de poule qui devraient plutôt être appelés des nids d’autruches, l’incontournable est arrivé … nous avons tordu une jante! Déjà épuisés de notre journée, nous avons tout de même fait le changement en moins de deux et avons attaqués les 200km qui nous restaient pour se rendre jusqu’à la frontière.


À 18h15 nous étions à la frontière du Zimbabwe. À notre grande surprise, nous devions payer la somme exorbitante de 75$US chacun pour un visa d’entrée. Les quelques centaines de rands que nous avions et qui, à eux seuls, représentaient un montant supérieure aux frais d’entrée habituellement exigés dans la majorité des pays d’Afrique étaient donc insuffisants. Nous avons finalement du puiser dans notre réserves secrète conservée uniquement pour les temps plus durs. Voilà nous y étions. Déjà, nos réserves étaient presque qu’à sec quand le douanier nous envoya vers le deuxième comptoir. Nous avons rapidement compris que le prix de ce laissez-passer variait selon la force du moteur de notre véhicule. Après l’avoir convaincu que nous avions le plus petit des véhicules, ce qui n’est en fait pas tout à fait exact, nous avons dû payer 16$US , ce qui, par pur chance, était exactement le montant qu’il nous restait en dollars américains. Croyant que nous l’avions échappés belle, une troisième personne nous a demandé de la suivre jusqu’à son bureau situé à l’extérieur et perché sur une structure de ciment désaffecté. Il nous a expliqué que nous devions payer 43$US pour une assurance responsabilité et 50$US pour une genre d’assurance qui garantissait que nous n’allions pas vendre la voiture au Zimbabwe. Bref, ça ressemblait plutôt à une compagnie privée supportée par le gouvernement pour escroquer les touristes Nous avons donc subtilement mélangé le préposé avec divers papiers d’assurance qui, dans le fond, n’avaient aucun lien avec la responsabilité civile jusqu'à ce qu’il nous dise que ça ferait l’affaire. Nous avons toutefois eu moins de chance avec la deuxième assurance. Comme nous avions déjà dépensé tous nos dollars américains, nous avons réussi à refiler au gars 40$ canadien et 50 rands et nous sommes repartis avec notre pseudo document.


Déjà un peu abasourdis par le processus frontalier, nous avons été accostés par un gars en t-shirt nous disant qu’il était représentant des crimes et nous demandant nos passeports. Un autre gars habillé tout aussi peu officiellement nous a demandé nos papiers de la voiture et, après vérification, nous avons finalement pu poursuivre notre route vers 19h15. Ouf…

Le lendemain, comme nous avions tout donné à la frontière, nous avons tenté d’aller retirer de l’argent, mais aucune carte de débit n’est acceptée, donc nous avons dû retirer l’argent avec notre carte de crédit Visa à 18% d’intérêt! Nous avons retiré le maximum permis pour cette machine avant d’aller essayer une autre machine pour continuer à renflouer notre réserve secrète. Mathieu a inséré la carte avec vigueur avant de s’apercevoir que la machine n’était pas en fonction et de sentir sa carte tomber dans la machine. Évidemment, aucune mention n’indiquait que la machine n’était plus en opération. Nous avons finalement retrouvé notre carte après 30 minutes d’attente et le travail « efficace » de deux employés et de la gérante.


Finalement, après avoir payé près de 500$ pour traverser la frontière (en incluant ce que nous avions déjà dû payer à notre compagnie de location pour obtenir la permission de traverser au Zimbabwe), nous nous sommes rendus aux chutes Victoria. Wow ! Les chutes mesurent plus de 108 mètres de hauteur sur 1.7 km de long avec un débit moyen de plus de un million de litre à la seconde. On comprend pourquoi elles font partie d’une des sept merveilles naturelles du monde. À certains endroits, il est difficile de prendre des photos tellement nous sommes aspergés par une petite pluie causée par la puissance de l’eau qui chute.


Hier, nous sommes revenus en Afrique du Sud après avoir traversé presque la totalité du Zimbabwe. En plus des postes de péage, nous avons croisé près d’une dizaine de contrôles policiers plutôt informels; la majorité constitués de deux tonneaux et d’un vieux tuyau servant à barrer le chemin. En plus des vérifications usuelles, nous avons aussi eu droit à des demandes plutôt surprenantes telles qu’un cadeau de Noël, un peu de nourriture et même de l’eau… Il faut savoir que le Zimbabwe a vécu des années très difficiles au point de vue économique et politique et que, encore à ce jour, sa situation demeure précaire. L’hyperinflation connue dans les dernières années, a entraîné des pénuries de biens, de nourriture et de pétrole et a même poussé le gouvernement à imprimer, en 2008, des billets allant jusqu’à 100 trillions de dollars. Tout récemment, la devise officielle du pays a été changée pour le dollar américain et le rand, ce qui semble avoir légèrement amélioré la situation pour le moment, mais la population demeure, évidemment, encore très affectée.

Notre périple au Zimbabwe nous a certes coûté assez cher et a été plutôt déstabilisant, mais il nous a permis, encore une fois, d’admirer la puissance et la beauté de la nature et de rencontrer ce peuple qui est particulièrement sympathique malgré le contexte actuel.

Nous sommes présentement à Pretoria et quittons demain pour Johannesburg afin de prendre notre vol vers Kigali, Rwanda.

p.s. Mathieu a réussi à faire réparer notre jante par un délicat mécanicien zimbabwéen qui a redressé le tout à grands coups de masse sans trop d’égard au pneu! Maintenant, il suffit simplement que la compagnie de location n’y voit que du feu.

p.s. Comme nous n’avons plus d’emploi, nous avons trouvé une nouvelle source de revenue. Mathieu a raflé deux soirées de poker au Botswana. Mise de départ : 20 pulas. Gains : 310 pulas.

vendredi 11 décembre 2009

Namibie, la suite


Afin de poursuivre notre lignée de sport exotique, nous avons décidé d’essayer le surf de sable (sandboarding) ainsi que la « crazy carpet » sur sable! L’expérience de sandboarding fut moyennement concluante. Caroline était à sa première expérience sur une planche et Mathieu n’est pas un pro de snowboard, alors disons que nos exploits ont été plutôt limités. On peut dire que la partie la plus exigeante et certainement la plus longue du sandboarding est la montée de la dune à la chaleur écrasante.

Toutefois, l’expérience Namibienne par excellence est sans contredit l’option couchée, soit une genre de « crazy carpet » en « masonite » que nous devons cirer à toutes les quelques descentes. En s’élançant tête première, nous pouvons atteindre plus de 70km/heure (Mathieu a atteint la vitesse la plus élevée du groupe, soit 75 km/heure).













En route vers Windhoek, nous avons décidé de nous arrêter à la ferme Ameib pour aller voir une grotte préhistorique où l’on peut encore admirer des peintures anciennes. Inspiré par ses ancêtres, Mathieu a dû se retenir pour ne pas ramener Caroline par les cheveux jusqu’à la voiture.

















Arrivés à Windhoek, la capitale de la Namibie (400 milles habitants), nous avons décidé d’aller faire un tour du township de Katutura. Accompagné d’un guide, nous avons visité les divers quartiers regroupant originalement les différents groupes ethniques au moment de l’apartheid. Il faut savoir que Katutura veut dire « l’endroit où on ne veut pas vivre », car la population noire a été forcée de s’y installer il y a près de 50 ans. Certains quartiers sont tout de même assez bien installés avec des maisons décentes, l’eau et l’électricité, tandis que dans d’autres quartiers on retrouve uniquement des cabanes de métal où les habitants se partagent des points d’eau et des toilettes collectives.

La situation n’est certainement idéale, mais bien que la population soit très pauvre, la majorité des quartiers sont assez bien organisés et une partie de la population y vit même, aujourd’hui, par choix.


Dans quelques jours nous vous donnerons nos impressions sur le Botswana…

samedi 5 décembre 2009

Nous avons quitté la civilisation!

Nos deux derniers jours passés à Cape Town nous ont permis d’apprécier l’atmosphère agréable qui règne dans cette ville. L’architecture, quoiqu’inégale, relatent encore bien les origines hollandaises de Cape Town. On se sent à Cape Town un peu comme dans une ville européenne avec des magasins, des marchés et des petits cafés, le tout sur le bord de l’océan et entourée de montagnes. Table Mountain est certainement la plus célèbre de ces montagnes dû à son sommet en forme de plateau, d’où elle tire son nom. N’ayant pas de voiture pour quelques jours, nous avons décidé de marcher jusqu’au funiculaire malgré le fait que tout le monde nous disait qu’il fallait prendre le taxi! C’est ça quand on est économe! Disons c’était un peu plus haut et un peu plus loin que nous l’avions imaginé, mais nous y sommes arrivés et avons économisé un gros 15$! De son sommet, on peut y observer l’ensemble de la ville, de l’océan ainsi que les montagnes environnantes. Nous avons aussi le temps d’apprécier le V&A (bassin Victoria and Alfred), quartier portuaire qui est en fait le visage le plus connu de la ville.



Le matin de notre départ pour la Namibie, nous sommes allés récupérer notre prochaine voiture, une Renault Logan. Après avoir passé trois heures au comptoir de location, « packté » toutes nos affaires de camping, fait l’épicerie, nous étions prêts à affronter les 700 km qui nous séparaient de la Namibie. Étant parti plus tard que prévu, nous avons été forcé de s’arrêter pour la nuit à Kamieskroon, un petit village perdu. Il n’y avait personne dans les rues et toutes les auberges où nous sommes allées semblaient fermées... Nous nous sommes finalement retrouvés au camping de l’hôtel pour réaliser que tout le village y était pour célébrer un mariage. Nous avons donc monté notre campement pour la première fois à la noirceur et avons dormi entre l’autoroute et la grosse pancarte illuminée de « Hotel camping caravans ».

Le lendemain, nous avons traversé la frontière de la Namibie après avoir complétés huit formulaires et passé à travers cinq cabines sans trop comprendre l’objectif de chacune des étapes. En regardant la carte de la Namibie, on s’aperçoit de l’étendue des distances entre les villes. Il est d’autant plus frappant de faire plusieurs centaines de kilomètres avant d’arriver à une de ces villes et de réaliser qu’elle est constituée uniquement d’une station service ou d’un petit motel vendant des 25L d’essence en bidon. Il faut savoir que la Namibie est majoritairement désertique et peuplé par seulement 1.5 millions d’habitants, ce qui fait de lui l’un des pays avec la plus faible densité de population.

Nous sommes finalement arrivés à Fish River Canyon, supposément le deuxième plus grand canyon (40 km de long) au monde après le Grand Canyon. Malheureusement, à ce temps-ci de l’année il n’y a pas vraiment d’eau à l’intérieur du canyon et il fait trop chaud pour y marcher, mais le couché de soleil avec une petite bouteille de rosé est tout de même mémorable. Le lendemain, nous avons été réveillés par des babouins qui tournaient autour de notre tente. Caroline s’est donc levée pour commencer le déjeuner, encerclée par ces derniers. Seulement quelques secondes plus tard, l’un d’entre eux a commencé à s’approcher…Voulant le tenir à distance, Caroline a tenté de l’intimider en lâchant de GRRRR... Ne semblant pas tellement impressionné, le babouin s’est approché tranquillement toute en regardant Caroline droit dans les yeux pour finalement lui subtiliser notre pain tout neuf! Mathieu est donc sorti de la tente et les a éloignés en leur lançant des roches pendant que nous avons englouti notre déjeuner en deux minutes. 1 à 0 pour les macaques !



Nous avons ensuite poursuivi notre route vers Lüderitz à travers les chemins de « garnottes » sans trop savoir combien de temps cela allait nous prendre. Notre GPS estimait 27 heures… Nous pouvons conclure que nous sommes prêts pour le Paris-Dakar, car 5 heures plus tard, nous tentions d’installer notre campement combattant le vent de la mer qui mettait à dure épreuve les coutures de notre tente. La vue de notre site était magnifiquement, mais le vent nous a forcés à installer notre table à l’intérieur de la tente pour le souper.

Après avoir passé une journée à manger du sable, nous avons décidé de continuer notre route et de s’arrêter en chemin à Kolmanskop, un village fantôme de chercheurs de diamants. Le village a été abandonné il y a un peu plus de 50 ans, mais déjà l’intérieur de certaines maisons est bondé de sable et certains accès inutilisables. La découverte de diamants a rendu la population du village très riche, alors certaines maisons sont vraiment superbes et nous pouvons encore voir des reliques du passé malgré que le désert prenne progressivement du terrain.



Nous sommes ensuite repartis vers Sesriem, une petite ville en bordure du désert rouge. Après 6 heures de route, nous sommes finalement arrivés à la noirceur un peu épuisés de cette route qui est généralement assez bien entretenue pour une route non pavée, mais qui requière tout de même énormément de concentration pour éviter les crevaisons! Le lendemain après-midi, nous sommes partis vers les dunes de sable rouge (qui sont en fait plutôt orangé). Notre premier arrêt a été au « Dead Vlei », un endroit connu pour son paysage d’arbres morts sur fond de dunes. C’est vraiment magnifique!



Nous nous sommes ensuite rendu à la « Dune 45 » pour le couché du soleil. Suite à l’ascension de ses 120 m, nous avons attendu le couché du soleil entre deux bouchées de sable rouge! Le désert de la Namibie ne donne pas l’impression d’une étendue infinie comme le Sahara, mais la couleur variant avec le soleil ainsi que la beauté de certaines dunes en font certainement un site impressionnant. À notre retour des dunes, nous avions à nouveau été pillés! Notre glacière à légumes avait été vandalisée et il nous manquait une banane ainsi qu’un plat Tupperware avec des oignons. 2 à 0 pour les macaques ! Il faut comprendre que nous le désert occasionne un grand dilemme dans notre gestion de la bouffe, car il fait trop chaud pour garder nos aliments dans la voiture et la nature est bondée d’animaux affamés.



Nous avons repris la route au petit matin (Mathieu trouve que les matins sont, en effet, très très petits depuis notre arrivée en Namibie dû au chaud soleil matinal) et nous nous sommes rendus à Swakopmund, la deuxième ville en importance en Namibie (52,000 habitants). À notre grand étonnement, la ville est très développée et même plutôt mignonne avec son architecture germanique. Il faut savoir que la Namibie a été une colonie allemande pendant 35 ans jusqu’en 1919. Par conséquent, une certaine portion de la population est encore originaire de ce pays, ce qui est tout de même surprenant lorsque nous ne connaissons pas l’histoire de la Namibie.

mercredi 25 novembre 2009

La grande ville


Il est difficile de dire si le ratio riche-pauvre augmente plus on se dirige vers l’est, mais on peut certainement convenir que la région de Cape Town est beaucoup plus développé que les autres endroits que nous avons visités auparavant. Toutefois, il est difficile de ne pas remarquer les multiples townships (ghetto) en bordure de la ville qui nous rappellent le fossé énorme entre différentes classes sociales dans le pays.

En arrivant à Cape Town, notre plan initial était de se trouver un petit nid charmant et abordable pour neuf jours et graviter autour. Toutefois, étant un peu à la dernière minute, nous nous sommes retrouvés dans un Best Western plutôt moyen et assez cher. Le congélateur du frigo ne fonctionnait pas, l’air climatisée était déficiente, le supposé internet sans fil était hors fonction et notre deuxième salle de bain était finalement condamnée, le tout avec une magnifique vue sur la réception! Ayant espoir de trouver mieux, nous sommes aussitôt repartis le lendemain vers le sud de la péninsule, à Simon’s Town, où nous avons loué un petit chalet assez rudimentaire, mais sympathique. Les petits villages environnants sont extrêmement charmants avec leurs immeubles de style hollandais, leur petit port, leurs plages et un petit quelque chose qui rappelle certains villages de la côte est américaine. À notre arrivée, nous nous sommes précipités à la plage Boulders, qui est, en fait, une réserve nationale où l’on peut admirer les pingouins! Certains se font bronzer, d’autres pataugent dans l’eau ou se promènent à nos côtés.


Durant notre séjour dans la région de False Bay, nous avons visité le parc de Cape Good Hope, qui se situe complètement au sud de la péninsule du Cape. Comme tous les touristes, nous sommes montés jusqu’au phare de Cape Point. Plusieurs croient que Cape Point est le point le plus au sud de l’Afrique, mais en fait c’est le deuxième après Cap Aghulas, un peu plus à l’est. La vue d’en haut est magnifique, mais nous y sommes restés tout au plus 20 secondes, car c’était infesté de minuscules mouches qui nous collaient dessus. Mathieu s’est donc sauvé et a laissé Caroline prendre les photos. Quel homme brave! Nous nous sommes ensuite promenés, à pied et en voiture, dans le parc pour voir les différents points de vue.


Dans le but de continuer à admirer les magnifiques paysages de ce pays, nous avons aussi fait le « Chapman’s Peak drive » qui est en fait une route à péage de 10 km avec plusieurs aires de repos. Les 28 rands (environ 4$) en valaient le coup!










Après s’être bien reposés, nous avons repris la route vers la région des vignobles. Nous avons commencé nos visites dans la région de Stellenbosch où nous avons visité trois vignobles (Spier, Morgenhof, Neethenhof) et bu 15 différents vins! On peut vraiment dire qu’on a donné notre 100.08% !! Le lendemain, nous avons repris le travail (!) dans la région voisine, Paarl, où nous avons visité aussi trois vignobles (Nederburg,Laborie, Fairview) et testé vingt différents vins. Dans le dernier vignoble, nous avons goûté neuf différents vins accompagnés de fromages. Certains vins étaient vraiment excellents. Pour les intéressés, nous afficherons nos découvertes ainsi que les commentaires du sommelier dans les prochains jours sur le blog (contact des importateurs inclus). De façon générale, nous pouvons dire que nous avons adoré notre expérience, les vignobles étaient magnifiques, certains vins étaient un peu décevants, mais nous avons tout de même pu dénicher d’intéressants spécimens à importer.

Nous sommes maintenant revenus au centre-ville de Cape Town pour quelques jours avant de quitter vers la Namibie. Nos deux premières journées ont été synonymes de magasinage! En fait, nous avons décidé de tout acheter pour faire du camping dans nos deux prochains pays, car nous devrons être auto-suffisants pour quelques jours et les infrastructures sont supposément assez limitées… Nous sommes donc maintenant les heureux propriétaires d’une tente, d’un brûleur à deux ronds, d’une glacière électrique, de sleeping bag, d’un matelas gonflable, de chaudrons, etc. etc.etc. On est presque plus équipé qu’au terrain! Aussi étrange que cela puisse paraître, c’était tout de même moins cher que de tout louer, alors si on ne réussi pas à revendre nos affaires à la fin, au moins on rendra une petite famille heureuse.

Entre deux magasins, nous avons tout de même pu remarquer que la ville est assez charmante et qu’il y a certains quartiers où il semble y faire bon s’arrêter pour un verre ou un café. Nous quittons seulement samedi, alors nous avons encore deux jours pour en profiter.

mercredi 18 novembre 2009

Les plaisirs de l’océan!



Nous avons finalement passé cinq nuits à Coffee Bay puisque nous avions un peu de difficulté à quitter notre petite maison près de la mer ! Nous avons passé deux jours sur notre petite plage quasi-privée et une journée à la plage de Mdumbi, pas très loin de Coffee Bay. Voulant, toutefois, voir du paysage et se dégourdir un peu, nous avons décidé, par une journée nuageuse, de faire une longue marche de près de 20 km sur le bord de la côte jusqu’à « Hole in the Wall » qui est en fait une version sud-africaine du Rocher Percé. La marche était magnifique, mais elle a été un peu plus longue que prévue, car nous nous sommes égarés à quelques reprises. Nous avons d’abord confondu plusieurs fois le sentier avec des pistes de chèvres, puis nous avons finalement demandé notre chemin. On nous a conseillé de suivre la côté, ce que nous avons appliqué un peu trop à la lettre… Nous nous sommes donc retrouvés près d’un mur de rochers à la marée montante sans vraiment d’autres issues qu’une falaise escarpée! N’écoutant que son courage, Mathieu a voulu jouer les éclaireurs et est finalement revenu 15 minutes plus tard du haut de la montagne en retrouvant Caroline, encore une fois, en larmes croyant l’avoir perdu dans le courant (depuis sa première disparition en rafting, Mathieu semble y avoir pris goût!).


Nous sommes ensuite partis vers Cintsa où nous devions y rester deux nuits. Toutefois, le lodge où nous voulions rester était complet, alors nous avons arpenté la ville à la recherche d’un logis abordable, ce qui ne semblait pas être chose facile dans ce village clairement plus développé que les autres où nous avions passé. Encore une fois, la chance nous a sourit, car nous avons trouvé un 2e étage de maison avec vue sur la mer, deux salons, trois chambres, deux salles de bain et un balcon où nous avons convenu de rester pour trois nuits. Disons que c’était le grand luxe et qu’on se sentait loin du voyage de « backpacker », mais l’avenir nous réserve sûrement plusieurs hôtels miteux, alors nous en avons profité! Animés par le rêve d’enfance de Mathieu, nous nous sommes inscrits à un cours de surf de 3 heures ! Résultat : Caroline a réussi à monter sur son surf quelques fois et y ai demeurée plus de 2 secondes, une fois ! Mathieu lui, a réussi à surfer dès sa première vague (une première selon le prof) et a maintenu son progrès toute la journée. Il a même été baptisé comme le « meilleur surfer de tout le temps, pour une première journée » ! Nous avons vraiment adoré notre expérience, malgré la température peu clémente et les quelques courbatures et nous en referons certainement au cours du voyage.


Poursuivant notre route vers Cape Town, nous nous sommes arrêtés au parc Tsitsikamma où nous avons dormi deux nuits. Le principale intérêt de ce parc est le fait qu’il se retrouve sur la côte et qu’il possède plusieurs sentiers de randonnée. Nous avons fait une longue marche de près de 15km en passant par une chute et longeant la côte. Ce fût une très belle marche et beaucoup mieux balisée que la dernière que nous avions faite !


Nous sommes ensuite repartis en direction de Gansbaii, à environ 2 heures de Cape Town où le principal intérêt est de plonger dans une cage pour voir les grands requins blancs!! À 7h30 ce matin, nous étions donc sur un petit bateau de 20 passagers, bravant les vagues et le courant, à la recherche de ces bêtes terrifiantes! En fait, la recherche n’a pas été très longue, car quelques minutes après avoir versé des restants de poissons morts dans leur jus, nous avons vu apparaître notre premier spécimen! Nous nous sommes donc empressés d’enfiler nos « wetsuit » pour descendre, par groupe de six personnes, dans la cage et ainsi, pouvoir profiter de ce moment unique.
Pour les attirer, le concept est de « pêcher » le requin avec un câble à bateau au bout duquel est attachée une tête de thon reliée à une bouée. Le requin se fait systématiquement retirer le poisson du bout du nez par un des membres de l’équipage. Nous trouvions qu’il était un peu risqué de jouer avec les nerfs du plus grand prédateur marin qui, quoi qu’un peu agacé, s’est toutefois retenu de passer sa frustration sur les pauvres petits plongeurs sans défense. À notre grand plaisir, les requins sautaient en dehors de l’eau pour attraper, au vol, leur proie. Les requins passaient, en fait, tellement près de nous que nous aurions pu les toucher. Nous aurions bien voulu… mais c’était interdit par les règlements!

Ce fut vraiment excitant et impressionnant de voir passer et repasser des requins, en pleine action, pendant plus d’une heure. Nous n’espérons toutefois pas les revoir lors de notre prochaine sortie en surf…!

Nous sommes maintenant arrivés à Cape Town pour la dernière étape de notre voyage en Afrique du Sud. Nous passerons probablement environ 9 nuits dans la région afin de profiter de la ville, des plages, de la nature, des bons restos et évidemment … de la région des vignobles! À suivre…