jeudi 29 avril 2010

Incursion au Cambodge

Nous sommes arrivés à Siem Reap en fin de soirée. Le 14 avril étant le nouvel an bouddhique cette année, nous avions réservé à l’avance un hôtel, ce que nous ne faisons pratiquement jamais. Comme cela nous était arrivé pour notre dernière nuit au Myanmar, le processus a encore une fois échoué! L’hôtel à qui nous avions même donné notre numéro de carte de crédit en ligne afin de sécuriser la réservation n’avait finalement plus de chambre climatisée à notre arrivée. Morale de cette histoire : on va poursuivre nos bonnes habitudes et se pointer le bout du nez une fois arrivés!


Siem Reap est une ville assez agréable, traversée par une rivière, et où les espaces verts ainsi que l’architecture se marient plutôt bien. La ville est aussi bondée de petits restos servant de la nourriture européenne ainsi que locale afin de satisfaire ses nombreux touristes. Entre les sollicitations pour se faire masser les pieds par des petits poissons et les chauffeurs de « tuk-tuk » qui vous proposent leurs services, nous avons facilement pu apprécier tous les charmes de cette jolie petite ville. Nous nous sommes donc baladés tranquillement pour notre première journée en nous arrêtant au musée national d’Angkor qui s’est avéré être une bonne introduction à l’histoire de cette ancienne cité.

Le site d’Angkor est sans contredit l’attrait principal de la région et possiblement même celui du pays. Angkor signifie « capitale » ou « ville sainte » et fût élu capitale de l’Empire Khmer, groupe ethnique dominant, entre le 9e et le 12e siècle. À l’époque, plus d’un million de personnes habitaient cette vaste cité. Plusieurs temples et monuments y ont été construits au fil des années, mais quatre sont plus connus et visités : Angkor Wat, Angkor Thomb, Ta Prohm et Bayon. Nous nous sommes donc concentrés sur ces derniers pour notre première journée.

Angkor Wat est considéré comme la plus grande structure religieuse au monde et est le symbole national des Khmers. Contrairement à plusieurs autres monuments, il n’a jamais été abandonné et a été utilisé depuis sa construction par le Roi Suryavarman II au début du 12e siècle. Ce temple, dédié au dieu hindou Vishnou, a été construit comme un temple-montagne dont la tour centrale représente le Mont Méru. Nous avions d’énormes attentes face à ce prestigieux monument, mais, malheureusement, sa splendeur est grandement amoindrie par les magnifiques treillis verts ornant sa façade en construction! Il n’en demeure pas moins un site impressionnant par son histoire et sa taille.

La cité fortifiée d’Angkor Thomb s’étend sur plus de 10 kilomètres carré et a été construite par le plus grand roi angkorien, Jayavarman VII au début du 13e siècle. Le site a cinq différentes entrées pointant chacune vers les quatre points cardinaux (il y en a deux à l’est) et y sont décorées de plusieurs statuts sculptées. Le monument de Bayon est très certainement la plus célèbre construction d’Angkor Thomb avec ces 54 tours gothiques décorées de 216 énormes visages.

Finalement, le site de Ta Prohm est probablement le monument le plus original. Ce temple, quoi qu’intéressant, puise son charme dans les gigantesques arbres qui poussent à même ses structures. Tranquillement la jungle reprend du terrain, au plus grand plaisir des touristes.

Notre première journée fût agréable et bien remplie malgré la chaleur et les quelques entremêlements avec les chauffeurs de « tuk-tuk ». En une seule journée, nous avions dû faire affaire avec quatre différents chauffeurs… Un ne s’est pas présenté, un autre avait quitté après notre visite du premier temple et un troisième n’a pas voulu tenir ses engagements!



Pour la deuxième journée, Mathieu souhaitait encore voir quelques temples, alors il est parti seul (deux autres « tuk-tuk ») pendant que Caroline suivait un cours de cuisine cambodgienne.

Nous avions aussi organisé notre passage à Siem Reap afin de célébrer le jour de l’an bouddhique qui n’est d’ailleurs pas célébré au Vietnam. Originalement, l’événement était aussi appelé « festival de l’eau », car les habitants se lançaient de l’eau partout dans les rues durant trois jours. Ceci a, toutefois, été interdit au Cambodge il y a quelques années pour des raisons de sécurité. Au départ, nous nous attendions à une ville complètement animée et à des rues bondées de monde, mais il semblerait plutôt y avoir que quelques lieux de rassemblement animés de musique près des pagodes ou autres sites stratégiques. Comme les sites étaient éloignés et que nous n’étions vraiment pas certains de savoir ce qui s’y passait, nous nous sommes retrouvés pour la dernière journée des festivités dans un bar touristique à boire de la bière et à écouter de la musique américaine!

Après trois jours dans la ville, nous sommes partis vers Phnom Penh pour une nuit. Comme nous avions peu de temps, nous nous sommes concentrés sur le musée de Tuol Sleng. C’est en fait une ancienne école qui a été transformée en prison durant le régime des Khmers rouges, dirigé par Pol Pot. Nous pouvons voir les salles de classe transformées en cellule ou en chambre de torture où des milliers de personnes ont été tuées. Les Khmers Rouge, tout comme les nazis, documentaient toutes leurs tortures et conservaient des registres de tous leurs prisonniers. Lors de la chute du régime en 1979, seulement sept personnes étaient toujours en vie.

Nous avons ensuite poursuivi notre route jusqu’à Ho Chi Minh d’où nous avons volé jusqu’à Danang à quelques kilomètres de Hoi An.

Fait divers sur le Vietnam : Dans la majorité des endroits publics et des hôtels, des peignes collectifs vous sont offerts. Excellent pour la propagation des poux!

lundi 19 avril 2010

Le sud du Vietnam

Arrivés à Ho Chi Minh (anciennement Saigon), nous avons été assez surpris par le calme qui régnait à la sortie de l’aéroport. Contrairement à bien des endroits, nous avons pu tranquillement nous rendre jusqu’au terminal des vols domestiques afin de tenter de trouver un meilleur prix pour se rendre en ville, le tout sans se faire encercler par des dizaines de chauffeur. Après en avoir trouvé un qui acceptait d’utiliser le compteur, nous sommes partis en direction de notre hôtel. Nous avions préalablement été avertis par plusieurs voyageurs qu’il fallait se méfier des Vietnamiens, car certains tentent d’arnaquer les touristes de diverses façons. Ce qui devait arriver, arriva! Nous avons d’abord été déposés devant le mauvais hôtel, nous avons ensuite dû nous obstiner avec le chauffeur qui tentait de nous faire payer le coupon de stationnement de l’aéroport et qui nous a finalement joué la carte de celui qui n’a pas de monnaie. C’est donc avec beaucoup de patience et un peu d’entêtement que nous avons finalement réussi à payer que le montant indiqué sur le compteur et nous sommes partis à la recherche d’un hôtel.


Ho Chi Minh City (HCMC), la capitale du Vietnam du sud, est une grande ville sans charme particulier, mais qui est toutefois assez agréable. Elle abrite aussi le musée de réminiscence de la guerre du Vietnam de 1959 à 1975. Il semblait donc incontournable de le visiter, ce que nous fîmes dès notre arrivée. Ce musée renferme beaucoup d’informations et de photos intéressantes, mais le site est malheureuse extrêmement mal structuré et le contenu est clairement tendancieux et partisan. Nous sommes donc ressortis avec quelques fragments d’information, mais sans une compréhension beaucoup plus approfondie.

Pour notre deuxième journée, nous avons décidé d’aller explorer les tunnels de Cu Chi à quelques kilomètres de Saigon. Les quelques 200 km de tunnels construits par les Viet Cong (rebelles du nord et du sud) se sont révélés être un atout hautement stratégique durant la guerre afin de faciliter le contrôler des zones rurales en bordure de Saigon. Toutefois, les américains ayant massivement bombardé la région, il ne reste plus que quelques exemples de cette ancienne cité sous-terraine. Quelques tunnels sont visitable afin de permettre aux touristes d’expérimenter ces petits passages à l’intérieur desquels des milliers de gens ont habité durant plusieurs années. Il est aussi assez intéressant de réaliser tout ce qui a été pensé et conçu avec des moyens presque inexistants (bouche d’aération, piège avec matériaux recyclés, gestion de la fumée de cuisson, etc.). Il est toutefois malheureux que leur imagination n’ait pas servi à une meilleure cause

Après notre court séjour à HCMC, nous nous sommes envolés jusqu’à Phu Quoc, la plus grosse île du Vietnam située complètement au sud-ouest du pays. Notre séjour sur le bord de la plage fut bien agréable, en plus d’avoir été agrémenté par la rencontre de trois américains d’origine polonaise avec qui nous avons partagé quelques bouteille de vin vietnamien (pas fameux, mais pour 2.50$ la bouteille, on s’en contente!). Le seul accroc c’était les nombreuses méduses bleues-noires qui pataugeaient un peu partout, mais nous en sommes ressortis sains et saufs!

Voulant être au Cambodge pour le nouvel an (du 14 au 16 avril), nous sommes restés que trois nuits sur l’île, puis avons dû prendre un traversier et un bus pour se rendre jusqu’à Chau Doc, près de la frontière. Le lendemain matin, nous avons repris un autre bateau jusqu’à Phnom Penh, puis finalement un bus jusqu’à Siem Reap.`

Fait divers sur le Vietnam : Près du quart de la population porte un genre de masque chirurgical en tout temps, probablement pour se protéger de la pollution. L’ayant carrément intégré dans leur style vestimentaire, certains arborent des motifs et des couleurs variés.

lundi 12 avril 2010

Un intermède à Bangkok


Comme le vol le plus économique pour quitter le Myanmar s’arrêtait à Bangkok, nous avons convenu d’y rester quelques jours avant de poursuivre notre route vers le sud du Vietnam. Avant même notre arrivée à Bangkok, nous étions au courant de la situation politique tendue dans le pays. Nous n’avons pas eu à attendre très longtemps avant de voir des milliers de manifestants habillés en rouge défiler dans les rues. Tout au long de notre séjour, nous avons été légèrement restreints dans nos déplacements en raison des manifestations, mais sans jamais se sentir en danger.

La ville de Bangkok est, de loin, l’endroit le plus touristique que nous avons visité depuis notre départ de Montréal. En effet, nous nous sentions pratiquement de retour en Amérique du Nord tellement l’on y trouve de tout. Des restos de pizza aux immenses centres d’achat en passant par les stands de bouffe locale jusqu’aux prostituées au coin des rues.

Comme Bangkok est reconnu pour son shopping, nous avons profité de notre première journée pour aller faire un tour au marché de fin de semaine en plein air. Toutefois, la chaleur écrasante a diminué notre enthousiasme face à ce gigantesque marché aux puces et nous avons finalement décidé de nous rendre au centre d’achat MBK (climatisé) pour terminer notre journée. Malheureusement, la soirée a été plutôt tranquille, car Mathieu a fait de la fièvre jusqu’au lendemain soir ayant probablement été victime d’un coup de chaleur.

Après trois jours, n’ayant toujours rien visité de culturel, nous avons décidé de nous rendre au Grand Palace dont de nombreux voyageurs nous avais parlé. Tristement, le palace lui-même était fermé au public, mais le Wat Phra Kaew où l’on retrouve le plus gros Bouddha en jade était ouvert. Nous n’avons pas été particulièrement impressionnés par le site, mais l’ensemble relève un certain charme avec ses nombreux bâtiments aux couleurs vives. Encore une fois, la chaleur nous a obligés à rentrer à l’hôtel pour se reposer un peu et laisser passer le zénith de la journée.

Le lendemain, nous avons poursuivi nos visites en bateau-bus. C’est en fait un transport en commun local qui arpente la rivière Chao Phraya, mais qui constitue aussi un excellent moyen pour les touristes de découvrir la ville et les paysages. Nous avons donc descendu la rivière jusqu’à la dernière station pour ensuite remonter jusqu’au Temple de Wat Arun. Ce temple, construit au 19e siècle, constitue un des icônes principal de la ville. Il est situé en bordure de la rivière et est joliment décoré de milliers de pièces de vaisselles en porcelaine chinoise.

Nous avons terminé nos visites à la Vimanmek Mansion, le plus grand palais royal construit en teck dorée. La construction, âgée de moins d’un siècle, a été habitée seulement quelques années avant d’être transformée en musée par sa majesté la Reine. Nous pouvons aujourd’hui visiter quelques unes de ses 70 pièces et admirer ses nombreux objets de collection. Toutefois, l’accès aux lieux est très contrôlé et la sécurité quelque peu excessive… Aucune culotte courte ni de souliers ne sont tolérés, les photos ne sont pas permises et par-dessus tout, nous devons obligatoirement être escortés par une guide durant l’ensemble de notre visite. On croirait que le roi y habite encore!
Nous avons quitté Bangkok la journée avant la prise du parlement par les chemises rouge et gardons de cette ville un sentiment partagé entre l’attrait de la facilité et le manque de dépaysement. La chaleur et l’humidité ont, toutefois, rendu notre séjour un peu moins agréable qu’il aurait pu l’être à une autre saison.

Fait divers sur Bangkok : Il y a un nombre impressionnant de transsexuels un peu partout. Il ne faut donc pas rester surpris d’être servi par un d’entre eux au resto ou dans une boutique.


mardi 6 avril 2010

Myanmar ... 2e partie

Après avoir hésités longuement, nous avons finalement décidé de poursuivre notre périple vers Bagan. C’est après deux bus et 13 heures de voyagement que nous sommes arrivés à l’hôtel vers 12h30 am. Comme il y a rarement plus de trois heures d’électricité par jour, nous avons dû nous installer à la lueur de notre lampe frontale. Le lendemain, nous avons loué des vélos avec Corina et Andy (le couple suisse) ainsi qu’un américain et nous nous sommes promenés à travers cette ancienne cité. Le site s’étend sur 26 miles carré où plus de 2000 pagodes se côtoient allant des plus modestes aux plus impressionnantes. Il est malheureux que plusieurs familles aient dû être déportées récemment des lieux, mais le résultat a, tout de même, eu pour effet de mettre en valeur ces magnifiques structures datant, pour certaines, de plus de 1000 ans.



Nos balades en vélo ont été particulièrement agréables et le relief, assez plat, nous a permis d’apprécier la juxtaposition des pagodes le long de la route, le tout sans trop se fatiguer. Toutefois, la température tout de même assez chaude et certaines routes hors piste en sable que Mathieu nous a fait prendre (des shorts cuts!), nous ont bien fait suer!

Notre deuxième journée s’est toutefois terminée avec deux joueurs en moins… Caroline a eu une crevaison et Andy, probablement une dizaine, en ayant voulu traverser un boisée de ronces pour sauver un peu de temps. Andy et Caroline sont donc revenus paisiblement sur le « pouce » pendant que les autres ont dû dépenser leur dernière réserve d’énergie pour rentrer à l’hôtel en pédalant.





Comme dernière destination dans le pays, nous devions nous rendre au Lac Inle. Nous attendions ce moment avec beaucoup d’enthousiasme et disons que les environs ne nous ont pas déçus. Comme la majorité des touristes à petit budget, nous nous sommes logés à Nyaungshwe, situé en bordure d’un canal se jetant dans le lac à quelques kilomètres de là. Le petit village est particulièrement tranquille, mais très agréable. Pour notre deuxième journée, nous avons loué des vélos afin de se promener dans les environs et se rendre au lac. Nous avons, toutefois, été distraits par un vignoble le long de la route qui a retardé quelque peu notre promenade! Après avoir goûté à leurs vins plutôt médiocres, nous sommes rembarqués sur nos vélos et avons poursuivi notre chemin pour finalement apercevoir le lac !

Le lac, long de 20 km, est entouré de montagnes et parsemé de petites maisons sur pilotis habités par différentes tribus. Sur les eaux calmes du lac nous pouvons apercevoir des pêcheurs œuvrant sur leur bateau ainsi que les habitants se déplaçant sur leur petit canot en se propulsant avec leur jambe. Malheureusement, les bateaux à moteur commencent à prendre légèrement le dessus, mais le paysage demeure encore tout à fait charmant et unique. Pour le dîner, nous avons dû être transportés, en canot, du pont jusqu’au restaurant, car il n’y a aucun autre moyen de se déplacer sur le lac.

Pour notre dernière journée dans la région, nous avons loué un bateau avec nos amis suisses afin d’explorer le lac. Notre tour nous a majoritairement menés d’ateliers-boutiques en ateliers-boutiques, mais l’expérience fut tout de même particulièrement intéressante. Les différents villages rangés le long des canaux sont assez typiques et plutôt agréables. La plupart habitent de jolies maisons à une ou deux étages en bois ou en bambou qui ne sont pas dénuées de style. La population est très bien organisée et ils en sont même venus à cultiver d’énormes jardins suspendus sur l’eau pour subvenir à leurs besoins.

Notre périple au Myanmar a été très intéressant et nous sommes extrêmement heureux d’avoir découvert ce pays encore peu connu. Malgré que certains attraits « majeurs », à eux seuls, ne vaillent pas le déplacement dans le pays, des sites comme la pagode de Shwedagon, Bagan et le lac Inle complémentés avec la gentillesse, l’enthousiasme et la générosité des habitants nous ont procuré plusieurs souvenirs inoubliables. Il est, toutefois, difficile de ne pas remarquer que le comportement de certains habitants, près des zones touristiques principales, commence à se modifier pour ressembler de plus en plus à celui de d’autres pays plus fréquentées. Ceci nous questionne donc sur la pérennité de leur candeur dans le futur …

 

vendredi 2 avril 2010

Le pays aux milles sourires

Notre arrivée au Myanmar a été pour nous un choc. À vrai dire, un choc positif. À notre grande surprise et soulagement, nous avons été étonnés par la tranquillité et l’ordre qui règnent dans ce pays par rapport à certaines de nos dernières destinations. Le respect des règles élémentaires de conduite complémenté par l’utilisation parcimonieuse du klaxon et la propreté plus qu’acceptable de la ville a largement contribué à alimenter notre enthousiasme face à ce nouveau pays.



Après s’être fait déposer à l’hôtel de notre choix qui était fermé depuis un an et demi (merci Lonely Planet!), nous nous sommes dirigés à pied vers notre deuxième choix, un hôtel situé un peu à l’extérieur du centre. Notre premier contact avec les habitants a été rafraichissant, car malgré l’importante barrière de la langue, les gens tentaient de nous aider par tous les moyens tout en nous souriant timidement.


Heureusement, notre deuxième choix s’est avéré être excellent et nous avons pu nous y reposer un peu suite à notre nuit de voyagement. Le lendemain, nous sommes partis à pied découvrir la ville, ses pagodes et ses marchés. Mathieu échangeait tellement de sourire qu’il en avait des crampes aux joues! Pour le couché du soleil, nous nous sommes rendus à la pagode Shwedagon qui est, en fait, la plus impressionnante de la ville, mais aussi le site bouddhiste le plus sacré du pays. Cette gigantesque coupole en or sertie de pierres précieuses et ornée d’un diamant à son sommet est entourée de soixante petites coupoles identiques à la principale et de plusieurs pavillons de recueillement. Le site en lui-même est magnifique et particulièrement impressionnant, mais à la tombée du jour il devient presque magique. Nous avons eu la chance d’être guidés par un moine accompagné d’un étudiant pour voir briller le spectaculaire diamant. Dans les faits, il y a seulement trois endroits d’où nous pouvons le voir scintiller et sans quelqu’un pour vous indiquer le lieu spécifique (1 pi2), il est presque impossible de le trouver.



Nous avons ensuite été invités par le moine à visiter son monastère à quelques kilomètres de là. Près d’une quarantaine de monastères entourent une énorme statue de Bouddha couché où y vivent des centaines de moines et de novices pouvant être âgé parfois de moins de 5 ans. Les installations y sont évidemment assez rudimentaires et les moines se partagent une grande salle pour l’ensemble de leurs activités (dormir, repas, loisir, etc.).

Après avoir passé trois jours à Yangon, nous sommes partis avec chauffeur privé (nous nous sommes laissés convaincre par l’hôtel que cela valait l’investissement…) vers Mandalay. Nous nous sommes arrêtés une nuit en chemin et avons visité quelques pagodes sur la route. Nous avons eu droit à des Bouddhas assis, debouts, couchés, entourés de serpent, mais tout compte fait, un Bouddha c’est un Bouddha!

Les paysages, quoique moins impressionnants que ce à quoi nous nous attendions, sont assez sympathiques avec leurs petites maisons en bambous et leurs rizières. Toutefois, à cette période de l’année il y a constamment une petite fumée qui ternit quelques peu les couleurs.

Après plus de quinze heures de route en deux jours, nous sommes arrivés à Mandalay. Cette ville ne possède aucun intérêt particulier, mais comme elle est le centre du nord du pays et que toutes les routes y passent, il est difficile de l’éviter.

Le lendemain, nous avions une journée de visite avec notre chauffeur privé (!) dans les environs de la ville. Pour débuter le programme : fabrique de feuille d’or, atelier de tissage, sculptage de marbre, d’autres pagodes et observation du rituel entourant le repas des moines. Nous nous sommes, par la suite, dirigés vers Sagaing Hill, une colline d’où l’on peut observer des centaines de stupas et de monastères et nous avons poursuivis notre chemin jusqu’au village d’Inwa.

Après avoir traversé la rivière à bord d’un petit bateau à moteur, nous avons loué une calèche afin de faire le tour du village puisque ceci semblait être le moyen de transport le plus efficace du coin! Inwa a été la capitale du royaume birman pendant plus de 400 ans, soit plus longtemps que toutes autres villes, et possède encore aujourd’hui plusieurs reliques intéressantes en plus de nous donner un bel aperçu de la vie rurale.

Pour terminer la journée, nous sommes allés nous balader sur le plus long pont en tek au monde, le pont U Bein’s. Le pont, vieux de 200 ans, mesure 1300 pieds de long et traverse la rivière Taungthaman. Il est assez agréable de s’y promener entourés de dizaines de moines et de locaux souhaitant se faire prendre en photos avec nous! Le site en lui-même est sympathique, mais légèrement surévalué, selon nous.


Pour notre dernière journée avec notre chauffeur privé, nous devions nous rendre jusqu’à Kyaukme, un petit village à l’est de Mandalay, mais nous nous sommes d’abord arrêtés en chemin à la cave Peik Chin Myaung. C’est une grotte naturelle à l’intérieur de laquelle nous pouvons marcher et qui a été aménagée avec une centaines de Bouddha dispersés un peu partout. Les statues ne sont pas toutes des œuvres d’art, mais le concept est assez intéressant et c’était nos premiers Bouddha cachés dans une grotte !

Peu de temps après notre arrivée à Kyaukme, nous avons été approchés par un guide de trek pour partir dans les montagnes avec lui pour deux nuits. Comme nous avions déjà l’intention de faire cette expédition et que le guide semblait assez comique, nous avons convenu de partir le surlendemain afin de se garder un peu de temps pour se reposer. Dans l’entrefaite, un couple de Suisse s’est joint à nous et nous sommes partis à la découverte des différents villages. À toutes les deux heures, nous avions droit à une collation, du thé chez un habitant et parfois même à quelques trucs de magie de la part de notre guide qui se dit être du même calibre que David Copperfield!


Nyeing Nyeing (prononcer Nine-Nine (99)), notre guide, s’est, en fait, avéré être un personnage assez intéressant... Il a fait parti de l’armée Shan pendant plusieurs années et s’est battu dans les montagnes contre les militaires birmans. Étant assez contestataire, nous avons eu droit à plusieurs de ses opinions sur la place de la religion, la politique du pays ainsi que plusieurs histoires de guerre du temps où il vivait dans les montagnes. Sa femme a d’ailleurs été mise en prison, il y a près d’un mois, par la Junte pour tenter de le faire taire.

À ce temps-ci de l’année, les paysages ne sont pas à leur apogée en raison de la sécheresse et des nombreux feux de déboisement, mais nous avons rencontré des gens tout à fait sublimes. Étant le seul guide se promenant dans la région, il s’efforce à varier les routes, les villages ainsi que les maisons où nous nous arrêtons. Certains villages où nous sommes passés avaient vu des blancs seulement une fois dans les quatre dernières années. Par conséquent, nous arrivions toujours à l’improviste, mais chaque fois du thé nous était servi et nous avions droit à un accueil des plus chaleureux. Une de nos hôtes a même voulu faire essayer à Caroline et Corina les vêtements traditionnels Shan au grand plaisir de tous! Partout où nous allions les enfants nous saluaient, voulaient qu’on les prenne en photo et s’esclaffaient de rire quand on leur montrait leur binette sur l’écran de notre appareil photo. La majorité de nos hôtes ne parlaient pas tellement anglais, mais avec leurs gestes ils pouvaient nous raconter des histoires (ils ont dû apprendre la langue internationale de ma mère, Lise!) et certains se moquaient de la barbe, de plus en plus envahissante, de Mathieu.

Nous avons été hébergés dans des petites maisons desservies par l’électricité de façon sporadique, comme partout ailleurs dans le pays, ne possédant pas l’eau courante et où nous avons dormi sur des couvertures déposées directement sur le plancher. L’expérience fut tout à fait unique et malgré les conditions assez rudimentaires, nous avons toujours assez bien mangé (du riz; matin, midi et soir!).

Après près de deux semaines dans le pays, nous pouvons convenir que les attraits visités jusqu’à maintenant ne nous ont pas renversés, à l’exception de la pagode Shwedagon, mais le calme qui règne dans le pays et la générosité des habitants compensent amplement.

Fait divers sur le Myanmar : La majorité des femmes et des enfants se maquillent le visage avec une poudre de bois pour se protéger du soleil.