La ville de Hampi est séparée par une rivière qui se traverse à bord d’un petit bateau à moteur entassés avec une vingtaine d’autres personnes. Selon les recommandations d’une de nos rencontres faites au Botswana, nous avons décidé de nous loger sur la rive nord, reconnue pour être plus agréable. Dès notre arrivée, nous avons été étonnés par la beauté des paysages. Notre lodge était entouré de rizières surplombées de montagnes de roches, ce qui donnait au panorama un caractère atypique. Malgré une quantité de moustiques inimaginable, nous y sommes quand même restés trois nuits, car l’endroit était vraiment magnifique et paisible.
La ville de Hampi est d’abord et avant tout reconnue pour ses nombreux temples situés sur la rive sud. Il y a, en fait, quelques 400 temples dispersés sur 30 km2 de roches et de collines. Pour effectuer la visite de certains lieux plus éloignés, nous avons loué des vélos pour une demi-journée. Le site est assez vaste, mais on pouvait facilement suivre Caroline grâce au bruit de ferraille continuel de son pédalier! Rien n’est vraiment entretenu en Inde, alors pourquoi les vélos feraient-ils exception!
L’ancienne cité de Hampi fut construite par les rois Davaraya II et Krishna Deva Raya au XVe et XVIe siècle, mais la ville fut attaquée par les musulman du nord en 1565, puis abandonnée par ces derniers. La cité tomba ensuite dans l’oubli pendant plusieurs décennies et ce fut qu’au XXe siècle qu’on la ramena à la vie. Il semble d’ailleurs qu’il resterait encore plusieurs trésors à découvrir.
Selon nous, l’attrait majeur de la ville réside dans l’ambiance engendré par l’omniprésence des temples et autres structures de l’époque. Quoi que certains monuments se détachent du lot, le détail de leurs sculptures et la complexité de leur construction se sont révélés moins spectaculaires que leurs ancêtres égyptiens. Toutefois, les balades sur les routes d’Hampi ainsi que les paysages de la région font de cette ville un incontournable dans un itinéraire en Inde.
Pour notre dernière journée à Hampi, nous avons récidivé en louant un scooter sachant que la circulation était minimale et les contrôles policiers peu fréquents. Comme la température commence à devenir particulièrement chaude dans le sud de l’Inde, nous sommes allés faire une saucette dans une rivière à quelques kilomètres de notre hôtel à bord de notre bolide. En plus d’y trouver une eau fraiche et agréable, le paysage, à lui seul, valait le déplacement.
Nous avons poursuivi notre progression vers le sud en direction de Mysore. Nous avions acheté nos billets à travers une agence qui nous avait garanti un bus de luxe avec des bancs inclinables. Quelle ne fût pas notre surprise que de réaliser que c’était plutôt un bus de ville avec des banquettes sur lesquelles nous devions nous entasser à trois. Nos dix heures de bus de nuit furent donc peu reposantes!
La ville de Mysore a que peu d’intérêt en elle-même, mais elle possède le palais le plus impressionnant du sud de l’Inde. Le palais ainsi que ses jardins sont immenses et toute la ville y est construite autour. Le palais original a malheureusement brulé vers la fin du XIXe siècle, mais sa reconstruction, terminée en 1912, est tout simplement splendide. Chacune des pièces, que l’on doit d’ailleurs visiter pieds nus, est magnifiquement décorée; peintures murales, plafond en teck de Birmanie, portes en argent ou en bois de rose incrustée d’ivoire, marbre, colonnes sculptées, fresques au plafond, etc. L’endroit est grandiose et constitue un plaisir continu pour les yeux, mais nous n’étions toutefois pas autorisés à prendre des photos de l’intérieur. Donc, si vous ne prévoyez pas visiter l’Inde de sitôt, vous devrez vous contenter d’une des fresques prises de l’extérieur, mais celle-ci ne donne malheureusement pas l’ampleur de la beauté des lieux.
Lors de notre passage à Mysore, nous avons aussi visité le marché de la ville. Ses étals de fruits et de légumes, ses colliers de fleur de toutes les couleurs (utilisés pour remettre aux dieux dans les temples), ses épices et ses montagnes colorées de poudre servant à faire le tilak (marque dans le front représentant le « troisième œil ») font de ce marché un des plus beaux du sud de l’Inde.
Nous avons ensuite poursuivi notre périple vers Alleppey en bus de nuit de luxe, où nous avons rencontré un couple d’Ontario. La ville d’Alleppey n’a pas énormément d’intérêt à l’exception du fait qu’elle constitue un point de départ pour une croisière sur les « back waters ». Les « back waters » sont en fait un réseau de canaux qui serpentent la région. Dès notre arrivée, nous avons débuté nos recherches pour se trouver un « bateau-maison » pour deux nuits avec deux chambres (ne vous inquiétez pas, nous ne faisons pas encore chambre à part, les Ontariens se sont joint à nous). Après deux heures de négociation et de marche sous une chaleur écrasante additionnée d’une humidité suffoquante, nous nous sommes dégotés une jolie petite maisonnette flottante. Il ne faut pas croire que les installations soient rudimentaires, car en fait la plupart des « bateaux-maison » sont assez luxueux : télévision, salle de bain privée, air climatisée et certaines avec satellite! Nous avons appréciés nos deux jours passé sur le bateau à boire de la bière avec Trudy et Terry tout en regardant les femmes faire leur lavage sur la rive, les hommes pêcher au filet ou sur leur petit canot et les enfants nous faire de gros « salut » de loin. Nous avons toutefois été étonnés de constater la largeur des canaux qui ressemblaient plus à de petites rivières, mais ceci était prévisible dû à la taille des bateaux.
Après s’être bien reposés, nous avons repris le bus vers Kumily à environ 5h30 à l’est d’Alleppey. Le trajet ne fût pas de tout repos, car les chauffeurs repoussent constamment les limites de leur véhicule et ce, malgré des routes particulièrement étroites et sinueuses. C’est donc bien accroché à notre siège que nous sommes arrivés dans ce petit village tranquille et sympathique en plein cœur des montagnes et des plantations de thé.
Le lendemain matin, nous nous sommes rendus dans le sanctuaire de Peryar pour y effectuer une randonnée avec guide. Nous avons réussi à voir l’ombre d’un éléphant, plusieurs oiseaux, des singes, des sangliers et deux écureuils géants, mais le lac brumeux à la lueur du matin est probablement l’image la plus marquante que nous garderons de ce parc.
En soirée, nous avions décidé de nous inscrire à un cours de cuisine indienne. Ce fut vraiment génial ! Nous avons eu la chance d’apprendre à cuisiner un cari d’haricots, un cari d’ocra, un cari de poulet, du poisson frit, des patates frites, du pappadam (un petit pain frit) ainsi que des parothas (un pain feuilleté). Le résultat fut assez bon, bien que nous préférions un peu la cuisine du nord. Toutefois ce fut une excellente introduction à la culture culinaire indienne ainsi qu’à l’utilisation efficace des épices. Nous verrons bien si nous pourrons reproduire le tout à la maison!
La région de Kumily étant d’abord et avant tout reconnu pour ses plantations de thé et d’épices, nous ne pouvions quitter l’endroit sans aller en visiter. Nous avons donc pris part à un tour guidé d’une plantation et manufacture de thé. Nous avons appris pleins de choses, dont que les installations ici ne répondent pas aux normes d’hygiène canadienne (quelle surprise!)! Le thé est manipuler avec les mains, il est ramassé même s’il tombe sur le plancher (en bois), personne ne porte de petit filet, etc… Ensuite nous nous sommes dirigés vers un petit jardin d’épices où nous avons pu admirer, notre ignorance! Le jardin était assez petit, mais possédait des dizaines d’épices différentes que nous a pu goûter, sentir et très rarement réussir à deviner.
Nous devions quitter aujourd’hui pour Varkala, mais une grève généralisée des services nous a forcé à reporter notre départ à demain.
Fait divers : Le tamari (ingrédient de la sauce du même nom) pousse dans les arbres.










