lundi 15 février 2010

Au temps des pierres


Le seul objectif d’aller à Aurangabad était de visiter les grottes situées à quelques kilomètres de la ville. Nous avons décidé de joindre un groupe organisé pour visiter le site d’Ellora. Le tour incluait aussi le fort de Daulatabad, le temple de Ghrishneshwar, le mini Taj Mahal (que l’on a décidé de ne pas visiter prévoyant aller à Agra) et se terminait avec un moulin à eau qui n’avait absolument aucun intérêt ni historique, ni architectural.


Le fort de Daulatabad, perché sur un piton rocheux, fut la capitale d’un petit royaume hidou au IXe siècle. Le site fut conquit au XIIIe siècle par le sultan de Delhi qui le converti à la religion musulmane. Les quelques kilomètres de remparts ainsi que les fossés entourant la forteresse joliment située, donne beaucoup de prestance au lieu.

Nous avons ensuite poursuivi notre visite sur le site d’Ellora. Le site contient 32 grottes ayant chacune une appartenance à la religion bouddhique, hindoue ou jaïne. Ces grottes sont en faites d’énormes sculptures qui ont été creusée à même la roche et ce, en un seul morceau. Elles ont été construites au fils des siècles, et demeurent, encore aujourd’hui, assez bien conservées. La grotte hindoue de Kailasha (grotte #16) est clairement la plus impressionnante, car elle a été construite sur une période de 150 ans et est considérée comme la plus grande structure monolithique au monde. Ce temple destiné à Shiva est massif et imposant, mais se distingue aussi par la beauté de ses sculptures.



La grotte bouddhique #10 est un peu moins impressionnante, mais sa voûte magnifique surplombant un Bouddha bien campé, favorise le recueillement tout en lui donnant une musicalité toute particulièrement dû à la résonnance de la salle.

Vers la fin de la journée, nous sommes allés au temple Ghrishneshwar. Malheureusement, les femmes étaient plus ou moins admises à l’intérieur, mais Mathieu a eu droit à une expérience particulière. Premièrement, il a dû retirer son chandail, comme tous les autres hommes, puis il a été dirigé vers une sculpture un peu insolite au milieu de la salle. On lui a fait une marque rouge dans le front, on lui a donné des fleurs, quelques morceaux de sucre, le tout accompagné de prières. L’expérience fut assez intéressante, mais disons que Mathieu n’a pas vraiment compris l’ensemble du processus … il est même reparti avec le sucre dans ses poches ne sachant pas trop quoi en faire!


Nous avons ensuite repris la route vers Goa en bus de nuit. Pour agrémenter nos 15h00 de route, nous avons eu droit à deux films indiens tout droit sorti de Bollywood! (Le film « Les 3 idiots » est un énorme succès ici)

Notre premier arrêt dans l’état de Goa a été dans la ville de Panjim, capitale de la région. Cette petite ville est remplie de charme avec son architecture rappelant l’époque portugaise, ses petites rues étroites s’entremêlant et ses églises côtoyant encore les multiples temples hindoues. Il faut savoir que la communauté de cette ville est majoritairement chrétienne, héritage de la venue des portugais. Nous avons aussi visité Old Goa situé à quelques kilomètres qui fut au XVIe siècle la cité principale de la région. La ville ayant été ravagé par le choléra, Panjim a finalement été désignée comme la capitale. Il ne reste donc plus que quelques églises à Old Goa qui témoignent encore de l’importance que cette ville a déjà eue. C’est d’ailleurs dans sa basilique que le corps de Saint-François d’Assise est conservé.

Nous avons ensuite décidé de nous rendre à Calangute, un peu plus au nord, qui est probablement l’une des plages les plus connues de Goa. Pour nous Goa signifiait des plages à perte de vue et l’exotisme à son meilleur. Détrompez-vous, Goa a sûrement déjà été cet exil surréel, mais c’est aujourd’hui des rues bombées de boutiques de fringues, de vieux européens qui étaient sûrement déjà venu fêter ici dans leurs bonnes années, une multitude de resto-bar sur la plage, des bateaux à moteur et une tonne d’Indiens qui s’amusent à prendre des photos des jeunes occidentales en bikini! Il y a certes encore certaines plages désertes à Goa, mais elles sont à l’extrémité nord et sud de la région et nous n’avons malheureusement pas eu la chance de s’y rendre.

Ayant rapidement compris que nous n’allions pas nous faire rôtir sur la plage pendant trois jours et souhaitant nous promener un peu dans les environs, nous avons décidé d’emprunter le moyen de transport national de Goa, le scooter! Après quelques séances de négociation sans succès, nous avons finalement arrêté notre choix sur un magnifique engin turquoise pour la modique somme de 200 roupies (5$) par jour. Nous sommes donc partis (prudemment) en direction de la gare de train située à quelques dizaines de kilomètre de notre hôtel. Disons que le scooter ici pourrait être considéré comme un sport tant la conduite est périlleuse!

Après moins de vingt minutes de conduite, nous nous faisions arrêter par la police pour un contrôle de routine. Après avoir scruté tous nos papiers, ils ont découvert que le « certificat de pollution » était expiré et qu’il nous manquait le « livret d’enregistrement ». Le plaisir commençait! Un des policiers nous a d’abord demandé de leur verser une amende de 600 roupies (15$), ce que nous avons refusé en leur expliquant que ceci n’était pas notre responsabilité, mais bien celle du locateur. Après plusieurs minutes de discussion et après les avoir menacés de leur laisser le scooter et de repartir en bus, nous avons convenu d’une amende de 100 roupies (2.5$) et nous sommes repartis.

À peine une vingtaine de minutes plus tard, nous nous faisions arrêter à nouveau, mais cette fois-ci parce que Mathieu ne portait pas son casque sur l’« autoroute ». Il faut savoir que la règle du casque est assez obscure, car elle ne s’applique qu’au conducteur et seulement sur certaines routes. Aucune mention à cet effet n’est évidemment affichée nulle part. Nous étions donc tombés sur la mauvaise route au mauvais moment! Amende exigée : 500 roupies. Amende négociée : 100 roupies. Nous commencions à trouver que l’aubaine que nous avions faite en louant le scooter commençait à fondre et que les entremêlements avec les autorités se faisaient un peu trop fréquents. Nous sommes alors revenus vers notre plage, avons remis le scooter et exigé de récupérer notre argent ainsi que le montant de la première amende.

Nous sommes donc retournés bien sagement dans notre petite cabane en paille et avons profité de nos derniers moments à Calangute pour se reposer, magasiner et continuer de découvrir la cuisine indienne, mais en marchant!

Nous sommes maintenant à Hampi et quittons ce soir en bus vers Mysore un peu plus au sud.

Fait divers sur l’Inde : Les indiens hochent la tête à la manière d’un « bubble head » constamment! Ceci signifie un genre de remerciement poli ou un « oui » aimable, mais ça leur donne un air un peu idiot!