mardi 18 mai 2010

Prendre ça cool sous la chaleur du Laos

Prêts à affronter la route nous séparant du Laos, nous avons débuté notre périple à 8h00am dans un mini-bus de douze passagers. Il faut savoir que cette route, réputée pour être assez difficile et longue, est surnommée par certain le « Vomit Express ». Nous nous étions préparés à toutes les éventualités et disons que nous avons été servis … Les premiers 100km se sont avérés être un gigantesque chantier de construction où les trous, les bosses et la bouette se sont multipliés, le tout longeant d’énormes précipices. Après plus de sept heures de route, nous croyions enfin nous en être sortis, mais le pire était à venir.... Le « chemin » devenait tout simplement impraticable et nous avons même dû, à un certain moment, attendre que la « pipine » nous creuse un passage afin que l’on puisse poursuivre notre expédition. En comparaison à cette soi-disant route, notre chemin à Maniwaki a l’air d’une autoroute à quatre voies! Résultat : nous avons dû pousser le mini-bus à deux reprises, avons été tiré par un énorme camion sur 2-3 kilomètres pour finalement devoir changer de bus, car le nôtre avait rendu l’âme en chemin.




C’est au son de la guitare de Mathieu (joué par quelqu’un d’autre) et à la lueur du soleil couchant que nous avons attendu qu’un autre bus nous permette de continuer notre chemin. L’attente ne fût heureusement pas trop longue. Environ 30 minutes plus tard nous étions à nouveau assis dans un autre bus afin de compléter les 100 kilomètres qui nous restaient. Nous sommes finalement arrivés à 21h30 près de la frontière du Laos, à Dien Bien Phu, après avoir compléter 250 kilomètres en plus de 13 heures (une moyenne de moins de 20kn/hr)! Heureusement, les paysages tout au long de la route ont été spectaculaires et nous avons eu tout le temps nécessaire pour les admirer!

Après une nuit plutôt courte dans une chambre bien miteuse, nous avons pris le bus de 5h30am afin de traverser la frontière du Laos et se rendre à Muang Khua. Plusieurs sections de la route étaient plutôt précaires, mais notre chauffeur a tout de même réussi à éviter les obstacles (ainsi que les précipices!) et nous a conduits à destination sans trop de problème. Nous avons, toutefois, été ralentit par le processus interminable à la frontière du Laos. À 13h00, nous arrivions à Muang Khua, un village long de 200m avec deux restaurants, pas de guichet automatique et seulement quelques « guesthouses ». L’endroit n’avait pas tellement d’intérêt, alors nous avons nolisé, avec les sept autres passagers du bus, un bateau et sommes partis en direction de Muang Ngoi Neua en fin de l’après-midi. N’ayant pas de monnaie locale et ne pouvant retirer d’argent ni dans ce village ni dans le prochain, nous avons dû changer 100$US de notre réserve secrète afin de subvenir à nos besoins des prochains jours.

Les trois heures de descente sur la rivière Nam Ou ont été particulièrement agréables et tranquilles. Nous étions pratiquement les seuls sur cette rivière à l’exception de quelques enfants qui se baignaient nus et de certains pêcheurs sur leur bateau. Nous sommes arrivés à Muang Ngoi Neua vers les 19h00, un peu épuisés de nos deux dernières journées de voyagement. Nous nous sommes dégotés un petit bungalow assez rudimentaire, mais avec vue sur la rivière pour la modique somme de 3$ (filet moustiquaire inclus)!

Ce petit village, accessible que par bateau, est plutôt reculé et disons que seul l’essentiel est accessible. L’électricité est disponible entre 18h et 22h et seuls quelques magasins offrent des produits d’usage quotidien à un prix tout de même assez élevé. Toutefois, ces manques de confort sont amplement compensés par le merveilleux paysage sauvage que l’on y retrouve. Les montagnes en bordure de la rivière où femmes, enfants et buffles pataugent, offre un panorama des plus authentique. L’atmosphère y est très paisible, mais nous étions probablement encore un peu trop près du Vietnam pour que ses habitants y soient vraiment sympathiques. Ayant besoin d’un peu de repos et supportant difficilement la chaleur, nous avons passé une grande partie de la journée assis sur notre balcon ou couchés dans notre hamac à lire et à flâner en admirant le paysage.

Vers la fin de la journée, nous nous sommes rendus à une grotte, à quelques kilomètres du village, où nous avons pu nous baigner dans une eau fraiche et limpide. Sur la route, nous avons rencontré un sympathique groupe de français avec qui, le soir même, nous avons mangé du buffle accompagné de quelques bières Lao. Disons que le buffle était probablement sauvage à en déduire de sa rigidité, mais le goût était excellent et la soirée bien agréable.




Dès le lendemain, nous avons repris le bateau vers Nong Khiaw d’où nous avons pris un « bus » en direction de Luang Prabang. Disons que ce qu’il appelait un bus était plutôt un pick-up avec deux banquettes sur lesquelles nous nous sommes entassés à treize. Heureusement, nous n’avions que quatre heures à faire avant d’arriver à Luang Prabang!

Luang Prabang, patrimoine de l’Unesco, est reconnu pour ses nombreuses villas françaises et ses quelques temples dorés. La ville, située aux abords du Mekong, pullule de petits restos, de stands à sandwich ou à crêpes et d’hôtels pour tous les budgets. Le soir, un énorme marché s’érige au milieu de la ville pour le plus grand plaisir de tous. Ayant l’intention de s’arrêter quelques jours dans cette sympathique petite ville, nous nous sommes trouvé un hôtel avec air climatisée (pas tout à fait un luxe à 38 degrés…) et Internet. Luang Prabang, un peu à l’image des Laotiens, est tranquille et, même au milieu du marché, les gens vous laissent regarder librement sans vous harceler.

Lors de nos quatre jours passés dans cette partie du Laos, notre seule réelle activité, mis à part vagabonder dans les rues, a été de se rendre aux chutes Tat Kuang situées à 32 km de la ville. Ayant rencontré plusieurs personnes lors de nos derniers déplacements, nous étions un grand groupe voulant partager les coûts du transport jusque là. Comme les transitions à plusieurs sont toujours un peu complexes, nous avons finalement réussi à partir vers les midis avec des sandwichs dans notre sac pour le dîner. Les chutes sont vraiment jolies, mais il nous a malheureusement fallut plus de deux heures avant de trouver les piscines naturelles, car nous sommes partis dans la mauvaise direction… Nous avons grimpé une montagne, marché pendant près d’une heure avant de rencontrer des gens qui nous ont escortés jusqu’aux fameuses chutes. Évidemment, c’était à moins de 5 minutes de l’entrée, mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer! Étant bien suant de notre longue marche, nous avons été ravis de plonger dans cette eau claire et rafraîchissante. Le site est agréable et les chutes se jetant dans les différents bassins sur quelques centaines de mètres donnent à l’endroit une image presque paradisiaque. Pour les plus téméraires, il y a aussi des cordes à Tarzan qui ont été aménagées afin de profiter de la profondeur des bassins. C’est définitivement un excellent endroit pour fuir la chaleur écrasante caractéristique à ce temps-ci de l’année!

Après quatre nuits dans cette belle petite ville, nous nous sommes décidés à partir en direction de Vang Vieng. L’endroit est reconnu pour être une ville de débauche (alcool, party, drogue, etc.), mais comme c’était sur notre route et que nous étions aussi un peu curieux, nous avons décidé de nous y arrêter. Même si la plupart y vienne pour faire du tube sur la rivière entre deux « bucket » d’alcool fort, pour danser en bikini dans les bars en bordure de la rivière ou pour sortir jusqu’aux petites heures du matin, il ne faut pas négliger la beauté du paysage.

En effet, la ville est superbement située aux milieux des montagnes et face à une rivière qui est, toutefois, présentement plutôt basse. La ville en elle-même ne présente pas beaucoup d’attraits, mais il semble que beaucoup de gens s’attardent à cet endroit pendant plusieurs jours afin de profiter des bars aux abords de la rivière et des restos où l’on peut écouter des épisodes de « Friends » pendant des heures. Cet endroit a certainement le mérite d’être différent, mais, ne correspondant plus vraiment à cette jeunesse célibataire, nous avons assouvis notre curiosité en l’espace d’une seule journée, puis avons pris un bus de nuit vers Pakse dans le sud du pays.

Jusqu’à maintenant notre expérience au Laos est assez positive. Les paysages, bien qu’un peu moins spectaculaires qu’au Vietnam, sont tout de même particulièrement intéressants et les gens, de plus en plus sympathiques plus nous nous dirigeons vers le sud. Nous avons, toutefois, été très surpris de constater que les prix sont généralement beaucoup plus élevés que partout ailleurs en Asie du sud-est. Toutefois, cela demeure encore raisonnable… environ 3$ pour un repas et 1.25$ pour une grosse bière!

Fait divers sur le Laos : La pétanque est un des sports préférés des Laotiens.

Fait divers sur le Laos : Les citoyens canadiens sont ceux qui paient le plus cher pour leur visa Laotien. Même l’Afghanistan paie 2$ de moins que le Canada! En tant que Canadian, nous devons payer 42$ par rapport à 35$ pour la majorité des autres pays occidentaux.