samedi 29 mai 2010

Des chutes et encore des chutes

Nous sommes arrivés au petit matin à Paksé. Après nous avoir fait conduire au « centre-ville », nous nous sommes aperçus que la qualité des logements était vraiment inférieure à ce que l’Asie du sud-est nous avait habitués (sauf quelques exceptions). Nous avons finalement trouvé un hôtel décent à un prix tout de même raisonnable. Après une journée plutôt tranquille où Caroline ne se sentait pas très bien, nous avons regroupé nos affaires dans un seul sac à dos et sommes partis, le lendemain, à la découverte du plateau des Boloven en scooter. Ayant réservé nos billets d’avion à l’avance pour l’Indonésie et disposant finalement d’un peu trop de temps au Laos, nous avons opté pour le grand tour. Après moins d’une heure de route, nous faisions face à notre premier orage. Il faut se rappeler que nous sommes présentement dans la mousson, mais cela n’avait, jusqu’à maintenant, pas trop dérangé nos activités. Nous avons donc pris une pause forcée sous un petit abri en bambou et sommes repartis, trente minutes plus tard, sous une bruine vers Paksong.


Sur le chemin, nous devions nous arrêter pour admirer deux chutes. La première était intéressante quoi que loin d’être unique. Prétextant vouloir obtenir de l’information sur le Lodge situé sur le site, nous avons au moins réussi à esquiver les frais d’entrées. Pour ce qui est de la deuxième chute, nous l’avons manquée! En raison de l’état de la route après la pluie, nous avons fait demi-tour à seulement quelques mètres du guichet. Nous sommes finalement arrivés à Paksong vers les 17h. Comme on nous avait informés que la ville de Paksong commençait à se développer un peu comme Paksé, nous avons utilisé nos premières minutes à tenter de localiser le centre ville. Nous avons vite abandonné nos recherches, car le peu de ville est, en fait, parsemé le long de la route principale. Nous avons donc choisi notre chambre parmis les trois hôtels disponibles.

Le soir venu, nous avons eu le bonheur de croiser, par hasard, François-Xavier et Amandine, un adorable petit couple que nous avions rencontré à Muang Ngoi Neua. Le destin a voulu qu’ils se fassent recommander le même petit resto que nous. Nous avons donc fini la soirée dans le bar voisin de notre hôtel qui était bruyant et à moitié vide, mais animé par des chanteurs locaux nous invitant à les rejoindre sur la piste de danse. Fait à noter, le couple de français avait obtenu un rabais pour leur chambre, car elle donnait directement sur le bar et sa musique. Nous avons, toutefois, fermé le bar à 23h00.

Pour notre deuxième journée, nous avons quitté tôt le matin dans l’espoir de parcourir les 70km de chemin de terre qui nous séparait de notre prochaine escale avant l’orage habituel de début d’après-midi. La route fût très agréable et les gens croisés particulièrement gentils. Nous avons, toutefois, eu un petit stress tout au long de la route, car l’essence diminuait rapidement et les stations de ravitaillement semblaient ne jamais vouloir arriver. Nous avons d’ailleurs manqué la chutes sur la route, trop absorbés par notre niveau d’essence et parce que le panneau d’indication portait un nom différent. Caroline a, toutefois, entrevu la chute sans savoir qu’il s’agissait de celle-ci. Nous avons finalement réussi à rejoindre la route principale à temps et avons pu refaire le plein. Nous avons aussi profité de notre arrêt pour dîner. Au menu : riz collant et brochettes de viande séchées. Nous avons aussi acheté pour le dessert un petit paquet emballé dans une feuille de bananier. Nous ne savions pas vraiment ce qui s’y renfermait, mais comme on en trouve un peu partout, on voulait l’essayer. Ce paquet surprise contenait, en fait, un tartare de porc assaisonné aux piments forts. Même si nous étions un peu surpris de voir du porc cru surtout qu’il était conservé à l’air ambiant, nous l’avons mangé et ce fût même assez bon.

En théorie, notre voyagement de la journée était pratiquement terminé, car il nous restait uniquement à parcourir une vingtaine de kilomètres avant de rejoindre la chute Tad Hua Khon où nous devions dormir. Dans les faits, une fois rendus près de la chute, nous avons passé plus d’une heure à tourner en rond en se faisant envoyer d’une direction à l’autre par les habitants du coin. Quand nous étions sur le point de tout abandonner, on nous a finalement indiqué correctement le chemin à prendre. Tous ces efforts nous ont menés dans une hutte de bambou en perdition! De notre lit, il nous était possible de voir à travers le mur et de l’extérieur, on pouvait aisément apercevoir notre bol de toilette. Malgré tout, ce fut plutôt agréable, car nous étions pratiquement seuls et la localisation était tout de même sympathique.



La journée du lendemain fut sans histoire. Nous nous sommes dirigés sur une route pavée vers Tad Lo, un minuscule village à proximité d’une autre chute. Nous avons réussi à nous trouver un charmant bungalow en bois, tout neuf, avec une vue sur un champ où broutaient vaches et buffles. Nous avons aussi eu le plaisir de rencontrer Éric, un autre ami qui faisait parti du groupe de français rencontré au début de notre voyage au Laos. Éric vivant à Toulouse, Mathieu s’est fait un devoir de partager un pastis avec lui pour l’apéro.


Lors de notre nuit passée à Tad Hua Khon, un groupe de voyageurs nous avait parlé d’une excursion à partir de Tad Lo vers une chute particulièrement reculée, mais magnifique. Nous avons donc décidé d’allonger notre séjour à Tad Lo pour se rendre à cette chute secrète. Nous avons roulé 20 kilomètres en direction de Salavan avant de prendre un chemin de terre à droite. Après 17 kilomètres de route de terre, trois villages, deux rivières à traverser et plusieurs roches et crevasses, nous avons bifurqué à droite, à la pancarte, pour ensuite abandonner la moto et marcher une bonne demi-heure. Les paysages rencontrés sur la route étaient vraiment authentiques et jolis et les gens, bien que surpris de nous voir aussi éloigné, extrêmement gentils. La marche, faite sous le soleil de midi, nous a permis de s’enfoncer dans une jungle dense et n’a fait qu’augmenter la magie de la chute.

Quand nous avons finalement aperçu la chute, le plaisir d’y être arrivés nous a vite fait oublier tout le chemin parcouru. En plus d’être les seuls sur place, la chute offre de jolis endroits de baignade et une ambiance toute particulière. Tristement, les photos que nous avons prises ne rendent pas pleine justice à cette chute surnommée la chute de Bouddha. En effet, les locaux prétendent que si l’on regarde bien la chute, on y verra apparaître le visage de Bouddha. Cet endroit ayant quelque chose de sacré pour la population, plusieurs viennent s’y purifier une fois par an. La journée fut extraordinaire et demeurera certainement l’un des plus beaux souvenirs de notre passage au Laos.










Le lendemain nous sommes rentrés directement à Paksé. Les 80 kilomètres qu’il nous restait à faire devait, selon le propriétaire de l’auberge à Tad Lo, prendre seulement un litre et demi d’essence. Eh bien, non! À 20 kilomètre de la ville, nous avons manqué d’essence et avons dû pousser le scooter jusqu’au prochain poste de ravitaillement. Par chance, nous avons eu seulement quelques centaines de mètres à faire avant d’acheter, à une dame particulièrement honnête, un litre supplémentaire.

Selon les commentaires que nous avions eus préalablement de d’autres voyageurs, nous nous attendions à ce que le plateau des Boloven rassemble des paysages uniques avec une plaine verdoyante entourée de majestueuses montagnes. Ceci ne s’est pas avéré être le cas, ce qui ne veut, toutefois, pas dire que la région soit sans intérêt. Ce qui fait de cet endroit un arrêt obligatoire dans un voyage au Laos est le bonheur ressenti en parcourant les routes, de villes en villages et de chutes en chutes, salués au passage par ses habitants le tout avec un sentiment de liberté totale.

Nous avons passé le reste de la journée à Paksé à siroter un capuccino glacé en « surfant » sur Internet. Le lendemain matin, nous avons quitté en direction des 4000 iles, tout au sud du pays. Disposant encore de beaucoup de temps, nous avons jeté notre dévolu sur l’île de Don Khon et nous nous sommes installés pour sept nuits. Nous avons choisi l’un des seuls bungalows de l’île avec l’air climatisé que nous avons durement négocié de 130 000 à 86 000 kips (soit environ 11$ canadien). Il est clair que les 4000 îles ne méritent pas que l’on s’y arrête pour une semaine, mais nous avons profité de ce temps pour nous reposer, visiter les quelques attraits de l’île (la chute (eh oui, encore une autre!), le quai datant de l’époque française, la locomotive et la petite plage d’où certains prennent une excursion pour aller voir les dauphins).



Don Khon est relié à l’île de Don Det par un pont ferroviaire construit par les français qui permettait, auparavant, le transport des biens provenant du Cambodge. Nos sommes allés nous balader à plusieurs reprises sur Don Det où nous avons rencontré Éric pour une troisième fois et, comme le monde est petit, nous avons aussi revu Olivier le dernier membre du groupe de français rencontré au début du voyage. Durant notre séjour sur l’île se déroulait le festival des fusées qui souligne le début de la saison des pluies. La légende dit que le Dieu des saisons étant lassé de la population jamais satisfaite de la température, avait décidé que, dorénavant, il ferait toujours beau et que si les habitants voulaient de la pluie, alors ils devraient l’en aviser en envoyant des fusées dans le ciel. C’est ainsi que chaque année la population fabrique, de façon artisanale, des fusées et tentent de les propulser le plus haut possible. Vous pouvez vous imaginer que l’exercice est assez dangereux et généralement supervisé par des locaux déguisés en femme sous l’effet du lao-lao (alcool fort fabriqué à partir de riz).

La seul bémol qui a ternit quelque peu notre séjour a été la musique provenant de Don Det, juste en face de notre bungalow, qui s’est amplifiée de jour en jour pour atteindre un niveau insupportable lors des deux derniers jours (et nuits). Certains prétendaient que c’était des funérailles, mais ça sonnait plutôt comme un bar karaoké où aucun des chanteurs n’avait de talent. Le tout s’est arrêté, à notre grand soulagement, la dernière soirée avant notre départ, nous laissant au moins une bonne dernière nuit de sommeil.

Une petite anecdote qui explique bien le niveau de conscience social et de corruption présent dans ce genre de pays. Nous devions payer un frais d’entrée, particulièrement élevé, afin d’accéder à la zone regroupant tous les « joyaux » de l’île. Après avoir posé des questions, nous avons compris que même si le panneau indiquait la nécessité de se procurer un billet par jour, le billet s’avérait, en fait, valable pour l’ensemble du séjour, ce qui rendait le coût beaucoup plus raisonnable. Nous avons donc procédé à l’achat de nos deux billets. Toutefois, nous avons été désappointés de réaliser que le guichetier nous remettait un billet pour une seule personne sur lequel le prix ainsi que le nombre de personnes avaient été modifié à la main. Il était donc très clair que la moitié de l’argent allait directement dans ses poches. Après une dure argumentation pour le principe, nous avons finalement obtenu notre deuxième billet. Pour ajouter au ridicule de la situation, il y avait sur place un policier, un membre du bureau de touriste ainsi qu’un local qui se partageaient tous les bénéfices. Malheureusement, personne ne semble y faire vraiment de cas même si l’argent devrait techniquement servir à la communauté ou à l’entretien du pont. Comme dans plusieurs pays, les problèmes partent souvent de bien plus haut. À titre d’exemple, le Laos, comme plusieurs de ses voisins, est un pays à parti politique unique et ce, depuis 1975.

Après notre petite semaine de vacance dans les îles, nous avons pris un bus de nuit en direction de Vientiane. La capitale ne fait pas l’unanimité au sein des touristes et même que plusieurs voyageurs nous avaient découragés d’y passer plus de quelques heures. Ne faisant qu’à notre tête, nous avons décidé d’y passer deux jours avant de prendre notre vol vers Kuala Lumpur. Finalement, nous avons été agréablement surpris de découvrir cette ville extrêmement tranquille et où il fait bon s’y promener. Il n’y a pas vraiment d’attraits majeurs, ni d’architecture spectaculaire, mais l’endroit est particulièrement agréable et peuplé d’une foule de boulangeries et de sympathiques petits restos. Nous avons profité de nos derniers moments au Laos pour errer dans les rues en s’arrêtant en chemin à Patuxai (une réplique inachevée de l’Arc de Triomphe), dans deux temples ainsi qu’au marché. Il est à noter que le Patuxai a été construit à partir du ciment donné par les américains qui devait servir à construire un nouvel aéroport.

Le Laos s’est avéré être une destination particulièrement relaxante et agréable. En fait, tout dans le pays contribue à nous reposer; la population est y particulièrement sympathique, les arnaques assez minimales et même les attraits sont plus contemplatifs qu’intellectuellement stimulant. Il ne faut pas être à la recherche de sites uniques et spectaculaires lorsque l’on visite le Laos, mais on ressort du pays inévitablement reposé et reconnaissant du bon temps que nous y avons passé.

Fait divers sur le Laos : Les laotiens servent généralement le café avec du lait condensé sucré. Les diabétiques s’abstenir!

mardi 18 mai 2010

Prendre ça cool sous la chaleur du Laos

Prêts à affronter la route nous séparant du Laos, nous avons débuté notre périple à 8h00am dans un mini-bus de douze passagers. Il faut savoir que cette route, réputée pour être assez difficile et longue, est surnommée par certain le « Vomit Express ». Nous nous étions préparés à toutes les éventualités et disons que nous avons été servis … Les premiers 100km se sont avérés être un gigantesque chantier de construction où les trous, les bosses et la bouette se sont multipliés, le tout longeant d’énormes précipices. Après plus de sept heures de route, nous croyions enfin nous en être sortis, mais le pire était à venir.... Le « chemin » devenait tout simplement impraticable et nous avons même dû, à un certain moment, attendre que la « pipine » nous creuse un passage afin que l’on puisse poursuivre notre expédition. En comparaison à cette soi-disant route, notre chemin à Maniwaki a l’air d’une autoroute à quatre voies! Résultat : nous avons dû pousser le mini-bus à deux reprises, avons été tiré par un énorme camion sur 2-3 kilomètres pour finalement devoir changer de bus, car le nôtre avait rendu l’âme en chemin.




C’est au son de la guitare de Mathieu (joué par quelqu’un d’autre) et à la lueur du soleil couchant que nous avons attendu qu’un autre bus nous permette de continuer notre chemin. L’attente ne fût heureusement pas trop longue. Environ 30 minutes plus tard nous étions à nouveau assis dans un autre bus afin de compléter les 100 kilomètres qui nous restaient. Nous sommes finalement arrivés à 21h30 près de la frontière du Laos, à Dien Bien Phu, après avoir compléter 250 kilomètres en plus de 13 heures (une moyenne de moins de 20kn/hr)! Heureusement, les paysages tout au long de la route ont été spectaculaires et nous avons eu tout le temps nécessaire pour les admirer!

Après une nuit plutôt courte dans une chambre bien miteuse, nous avons pris le bus de 5h30am afin de traverser la frontière du Laos et se rendre à Muang Khua. Plusieurs sections de la route étaient plutôt précaires, mais notre chauffeur a tout de même réussi à éviter les obstacles (ainsi que les précipices!) et nous a conduits à destination sans trop de problème. Nous avons, toutefois, été ralentit par le processus interminable à la frontière du Laos. À 13h00, nous arrivions à Muang Khua, un village long de 200m avec deux restaurants, pas de guichet automatique et seulement quelques « guesthouses ». L’endroit n’avait pas tellement d’intérêt, alors nous avons nolisé, avec les sept autres passagers du bus, un bateau et sommes partis en direction de Muang Ngoi Neua en fin de l’après-midi. N’ayant pas de monnaie locale et ne pouvant retirer d’argent ni dans ce village ni dans le prochain, nous avons dû changer 100$US de notre réserve secrète afin de subvenir à nos besoins des prochains jours.

Les trois heures de descente sur la rivière Nam Ou ont été particulièrement agréables et tranquilles. Nous étions pratiquement les seuls sur cette rivière à l’exception de quelques enfants qui se baignaient nus et de certains pêcheurs sur leur bateau. Nous sommes arrivés à Muang Ngoi Neua vers les 19h00, un peu épuisés de nos deux dernières journées de voyagement. Nous nous sommes dégotés un petit bungalow assez rudimentaire, mais avec vue sur la rivière pour la modique somme de 3$ (filet moustiquaire inclus)!

Ce petit village, accessible que par bateau, est plutôt reculé et disons que seul l’essentiel est accessible. L’électricité est disponible entre 18h et 22h et seuls quelques magasins offrent des produits d’usage quotidien à un prix tout de même assez élevé. Toutefois, ces manques de confort sont amplement compensés par le merveilleux paysage sauvage que l’on y retrouve. Les montagnes en bordure de la rivière où femmes, enfants et buffles pataugent, offre un panorama des plus authentique. L’atmosphère y est très paisible, mais nous étions probablement encore un peu trop près du Vietnam pour que ses habitants y soient vraiment sympathiques. Ayant besoin d’un peu de repos et supportant difficilement la chaleur, nous avons passé une grande partie de la journée assis sur notre balcon ou couchés dans notre hamac à lire et à flâner en admirant le paysage.

Vers la fin de la journée, nous nous sommes rendus à une grotte, à quelques kilomètres du village, où nous avons pu nous baigner dans une eau fraiche et limpide. Sur la route, nous avons rencontré un sympathique groupe de français avec qui, le soir même, nous avons mangé du buffle accompagné de quelques bières Lao. Disons que le buffle était probablement sauvage à en déduire de sa rigidité, mais le goût était excellent et la soirée bien agréable.




Dès le lendemain, nous avons repris le bateau vers Nong Khiaw d’où nous avons pris un « bus » en direction de Luang Prabang. Disons que ce qu’il appelait un bus était plutôt un pick-up avec deux banquettes sur lesquelles nous nous sommes entassés à treize. Heureusement, nous n’avions que quatre heures à faire avant d’arriver à Luang Prabang!

Luang Prabang, patrimoine de l’Unesco, est reconnu pour ses nombreuses villas françaises et ses quelques temples dorés. La ville, située aux abords du Mekong, pullule de petits restos, de stands à sandwich ou à crêpes et d’hôtels pour tous les budgets. Le soir, un énorme marché s’érige au milieu de la ville pour le plus grand plaisir de tous. Ayant l’intention de s’arrêter quelques jours dans cette sympathique petite ville, nous nous sommes trouvé un hôtel avec air climatisée (pas tout à fait un luxe à 38 degrés…) et Internet. Luang Prabang, un peu à l’image des Laotiens, est tranquille et, même au milieu du marché, les gens vous laissent regarder librement sans vous harceler.

Lors de nos quatre jours passés dans cette partie du Laos, notre seule réelle activité, mis à part vagabonder dans les rues, a été de se rendre aux chutes Tat Kuang situées à 32 km de la ville. Ayant rencontré plusieurs personnes lors de nos derniers déplacements, nous étions un grand groupe voulant partager les coûts du transport jusque là. Comme les transitions à plusieurs sont toujours un peu complexes, nous avons finalement réussi à partir vers les midis avec des sandwichs dans notre sac pour le dîner. Les chutes sont vraiment jolies, mais il nous a malheureusement fallut plus de deux heures avant de trouver les piscines naturelles, car nous sommes partis dans la mauvaise direction… Nous avons grimpé une montagne, marché pendant près d’une heure avant de rencontrer des gens qui nous ont escortés jusqu’aux fameuses chutes. Évidemment, c’était à moins de 5 minutes de l’entrée, mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer! Étant bien suant de notre longue marche, nous avons été ravis de plonger dans cette eau claire et rafraîchissante. Le site est agréable et les chutes se jetant dans les différents bassins sur quelques centaines de mètres donnent à l’endroit une image presque paradisiaque. Pour les plus téméraires, il y a aussi des cordes à Tarzan qui ont été aménagées afin de profiter de la profondeur des bassins. C’est définitivement un excellent endroit pour fuir la chaleur écrasante caractéristique à ce temps-ci de l’année!

Après quatre nuits dans cette belle petite ville, nous nous sommes décidés à partir en direction de Vang Vieng. L’endroit est reconnu pour être une ville de débauche (alcool, party, drogue, etc.), mais comme c’était sur notre route et que nous étions aussi un peu curieux, nous avons décidé de nous y arrêter. Même si la plupart y vienne pour faire du tube sur la rivière entre deux « bucket » d’alcool fort, pour danser en bikini dans les bars en bordure de la rivière ou pour sortir jusqu’aux petites heures du matin, il ne faut pas négliger la beauté du paysage.

En effet, la ville est superbement située aux milieux des montagnes et face à une rivière qui est, toutefois, présentement plutôt basse. La ville en elle-même ne présente pas beaucoup d’attraits, mais il semble que beaucoup de gens s’attardent à cet endroit pendant plusieurs jours afin de profiter des bars aux abords de la rivière et des restos où l’on peut écouter des épisodes de « Friends » pendant des heures. Cet endroit a certainement le mérite d’être différent, mais, ne correspondant plus vraiment à cette jeunesse célibataire, nous avons assouvis notre curiosité en l’espace d’une seule journée, puis avons pris un bus de nuit vers Pakse dans le sud du pays.

Jusqu’à maintenant notre expérience au Laos est assez positive. Les paysages, bien qu’un peu moins spectaculaires qu’au Vietnam, sont tout de même particulièrement intéressants et les gens, de plus en plus sympathiques plus nous nous dirigeons vers le sud. Nous avons, toutefois, été très surpris de constater que les prix sont généralement beaucoup plus élevés que partout ailleurs en Asie du sud-est. Toutefois, cela demeure encore raisonnable… environ 3$ pour un repas et 1.25$ pour une grosse bière!

Fait divers sur le Laos : La pétanque est un des sports préférés des Laotiens.

Fait divers sur le Laos : Les citoyens canadiens sont ceux qui paient le plus cher pour leur visa Laotien. Même l’Afghanistan paie 2$ de moins que le Canada! En tant que Canadian, nous devons payer 42$ par rapport à 35$ pour la majorité des autres pays occidentaux.

jeudi 13 mai 2010

Un coup de coeur

Hanoi, la capitale du Vietnam, est une ville à l’architecture intéressante qui est construite autour du lac Han Kiem. Il est agréable de se balader dans cette ville et d’observer les différents quartiers desquels se dégagent des ambiances bien différentes. De plus, on retrouve à Hanoi une grande variété de restaurants et de cafés servant des plats européens. Nous avons d’ailleurs profité de notre passage pour prendre une petite pause de nourriture asiatique. Toutefois, on réussi facilement à faire le tour de la ville en une journée et elle ne mérite pas qu’on s’y éternise beaucoup plus longtemps.


Après nos deux nuits dans la capitale, nous avions l’objectif de se rendre dans un petit village, Ha Giang, perdu dans le nord du Vietnam. Pour ce faire, nous devions nous rendre à la gare de bus, à 15 km du centre-ville, pour prendre un autobus public. Nous nous sommes donc levés très tôt et avons pris un bus en direction de la gare. La gare était bondée de gens et Mathieu a dû se mettre « en ligne » et jouer du coude pour finalement se poster devant le guichet en charge de la vente des billets. C’est après plus de deux heures de bousculade que nous avons finalement compris que nous étions au début d’un long congé férié, ce qui expliquait la présence d’autant de locaux tentant d’obtenir un siège sur un des bus. Comme personne n’était en mesure de nous dire combien de temps il nous aurait fallu attendre, nous avons pris un taxi et sommes retournés au centre-ville d’Hanoi avec comme objectif de prendre un bus de touriste le soir même. Nous avons donc passé la journée dans un café Wifi et sommes partis en direction de Sapa vers les 19h30.

Après une autre nuit blanche, nous sommes arrivé à Sapa au petit matin. Sapa est une ville magnifique perchée dans les montagnes. Dans l’objectif de faire de l’agriculture, les habitants creusent, à même le flan des montagnes, des plateaux qui ressemblent à de gigantesques escaliers. Le résultat est surprenant et donne un cachet tout particulier au paysage. Le village quant à lui est très coquet et l’on lui découvre certaines similitudes avec ce que l’on retrouve dans les Alpes. Notre synchronisme n’était toutefois pas au point, car Sapa est, en fait, un lieu privilégié par les touristes vietnamiens. En conséquent, à notre arrivée, tous les hôtels était complets et seules les chambres très chères étaient disponibles. Nous avons toutefois eu la chance de trouver une chambre qui, quoi que assez dispendieuse (52$ US), était au moins un bon rapport qualité-prix. Dans un certain sens, nous étions contents, car nous souhaitions de toute façon célébrer l’anniversaire de nos 6 ans dans un hôtel plus agréable qu’à l’habitude.

Après notre sieste de routine pour se remettre de notre nuit de transport, nous sommes partis faire une marche dans la vallée. Afin d’esquiver le frais d’entrée pour le village de Cat Cat (un des multiples villages ethniques de la région) et dans le but de sortir de la route de tous les touristes, nous avons inventé un trek d’un coté à l’autre de la vallée qui passait par des chemins en terre et parfois à travers des champs en culture. La marche fût extraordinaire et nous avons eu droit à des points de vue sublimes ainsi qu’à des habitants travaillant leur terre à l’aide de leurs buffles. Nous avons était vraiment chanceux d’obtenir une si belle température tout au long de cette journée, car, habituellement, le temps est plutôt nuageux.

Pour le souper, nous sommes allés dans un resto français, le Gecko, où nous nous sommes payés la traite!

Caroline :                     Mathieu :

Potage à la citrouille     Potage de pomme de terre

Salade niçoise              Salade niçoise

Bœuf bourguignon        Tartiflette

Tiramisu                       Crêpe mangue chocolat

Le tout accompagné d’une « bonne » bouteille de vin Vietnamien pour la modique somme de 25$. Le souper fût correct, mais disons que nous aurions probablement mieux réussi les recettes nous-mêmes.

Le lendemain, nous devions changer d’hôtel, car un groupe avait réservé toutes les chambres. Nous avons donc pris une chambre pas très loin avec un vue magnifique sur la vallée et un petit balcon.

Pour agrémenter notre journée, nous avons loué un scooter afin d’aller voir les environs ainsi que la « Silver Water Fall ». La route est plutôt intéressante, mais, malheureusement, les nuages nous ont un peu bloqués la vue. La chute, quant à elle, ne mérite pas vraiment le détour, mais complète bien la boucle. Nous avons fini la journée sur notre balcon à admirer le paysage tout en finissant notre dernier blog et en sirotant une petite bière Hanoi.

L’économie de Sapa est aujourd’hui très dépendante du tourisme et les minorités ethniques sont parfois utilisés comme un divertissement, que ce soit à travers les treks dans les villages ou en raison des jeunes filles habillées en vêtements traditionnels souhaitant nous vendre leur artisanat. Ceci n’a, toutefois, pas diminué, pour nous, le charme de l’endroit. En effet, ce petit coin de pays possède probablement l’un des plus beaux paysages de l’Asie du sud-est.

Le lendemain, notre périple au Vietnam s’achevait, car nous devions reprendre la route, cette fois-ci, en direction du Laos. Avant d’arriver au Vietnam, nous avons eu beaucoup d’hésitations à visiter ce pays en raison des multiples commentaires négatifs reçus de plusieurs voyageurs. Nous avons finalement décidé de nous rendre en ne sachant pas trop combien de temps nous allions y passer... Nous pouvons maintenant conclure que nous sommes très heureux d’y être venus, car ce pays possède probablement plusieurs des plus beaux paysages d’Asie du sud-est, mais il est toutefois vrai que sa population, en général, est très peu accueillante et que l’on ne s’y sent pas toujours les bienvenus.

Fait divers sur le Vietnam : Le café vietnamien est succulent !

dimanche 2 mai 2010

Pour le meilleur et pour le pire...

La vieille ville d’Hoi An, site héritage de l’Unesco, réunie de nombreuses maisons d’époque alignées le long de petites rues étroites. Il est extrêmement agréable de s’y promener en vélo et le soir, à la lueur des lanternes de papier, l’atmosphère de la ville dégage une sérénité presque romantique. La ville est aussi très bien située à proximité d’une grande plage de sable blanc, facilement accessible en longeant les champs de riz le long de la route.


En plus d’admirer les beautés de la ville, plusieurs touristes profitent de leur passage à Hoi An pour se faire confectionner des vêtements ou des souliers sur mesure. En fait, la ville est bondée de boutiques de tailleur où l’on vous offre des robes, des habits, des souliers, des sacs à main ou tout ce qui peut être copié! Toutefois, il faut être très vigilant, car certains s’improvisent tailleur sans en avoir les qualifications... Résultat: plusieurs touristes se font régulièrement confectionner des horreurs! Nous avons donc fait plusieurs recherches sur les endroits recommandés tout en magasinant les prix. Après avoir passé une journée exploratoire, nous avons commandé quatre costumes, dix chemises, cinq paires de chaussures, un manteau, un short et un pantalon. La partie agréable est, toutefois, de courte durée, car après avoir placé sa commande, on doit retourner à maintes reprises pour effectuer les multiples ajustements. Nous avons donc passé l’ensemble de nos journées à courir les rendez-vous entre les différents magasins et à s’obstiner avec certains d’entre eux pour obtenir les corrections nécessaires. Conclusion : le résultat est correct, mais inégal et le processus est laborieux et requiert énormément d’énergie. Au final, nous étions contents de plusieurs de nos items sans, toutefois, vouloir revivre l’expérience à nouveau!

Après cinq jours de magasinage, nous avons repris un bus de nuit vers Ninh Binh, situé dans le nord du pays. Pour la première fois, nous avons eu droit à de réelles couchettes, mais, au grand désespoir de Mathieu, elles étaient confectionnées selon les formats asiatiques! Nous nous sommes fait débarquer à 5h00 am, sous la pluie, sur le bord d’un boulevard désert d’où nous avons pris un taxi jusqu’au village de Tam Coc.

Nous sommes donc arrivés à notre hôtel avant le levée du soleil et nous nous sommes permis une petite sieste avant d’aller découvrir les environs. Afin de découvrir la région, aussi appelée la « baie d’Halong terrestre », nous avons loué des vélos et sommes partis nous balader sur les routes entourant la ville. D’énormes pics parsèment le paysage verdoyant et de jolies petits canaux serpentent les environs. Les paysages sont sublimes et le petit village particulièrement paisible.



Vers la fin de la journée, nous avons fait un tour de chaloupe propulsée par Mme Mai, une dame charmante, qui nous a menés jusqu’à trois grottes naturelles. Pendant plus deux heures, nous avons navigué entre d’énormes montagnes, le tout sans croiser un seul touriste. La troisième grotte est clairement la plus impressionnante avec ses 500 mètres de long, ses stalactites et ses quelques centaines de chauve-souris. Malheureusement, à quelques mètres du retour, nous nous sommes fait prendre par une pluie torrentielle qui nous a forcés à attendre plus de 20 minutes à l’abri dans une grotte. Nous avons finalement profité d’une accalmie pour retourner à l’hôtel, à toute vitesse sur nos vélos.

Dès le lendemain, nous avons pris le bus de 5h00 am vers Cai Rong, un peu plus à l’est. Le trajet s’est, dans l’ensemble, très bien déroulé à l’exception du contrôleur de bus qui a tenté de nous charger le double du prix en nous menaçant de nous sortir du bus. Nous étions, toutefois, parés à toutes éventualités, alors il a finalement cédé et nous nous sommes rendus à destination. De Cai Rong, nous avons pris le traversier jusqu’à l’île de Quan Lan. La région de Baie Tu Long possède, tout comme la Baie d’Halong, d’énormes pics rocheux surgissant de l’eau, mais l’endroit est beaucoup moins visité par les touristes. Le traversier, bien qu’il soit d’abord et avant tout un transport public, passe à travers ces pitons rocheux en nous offrant un spectacle assez extraordinaire. Encore une fois, nous avons eu droit à des images du Vietnam à son meilleur, tel que nous l’imaginions.

C’est après 5 heures de bateau que nous avons accosté sur l’île. Notre périple n’était, toutefois, pas encore terminé, car nous souhaitions nous rendre à la plage de Minh Chau, considérée comme la plus jolie de l’île. Les 15 kilomètres qui nous restait à franchir, nous ont permis d’admirer le soleil se couchant derrière les montagnes et posant ses derniers scintillements sur les champs de riz verdoyants. Finalement à destination, la plage de Minh Chau combla entièrement nos attendes avec sa grève de sable blanc entourée de vertes montagnes et qui offre encore, aujourd’hui, un environnement pratiquement sauvage.

Notre petit conte de fée s’est toutefois vite arrêté lorsque nous avons tenté de trouver un hôtel... L’hôtel où nous comptions séjourner étaient complètement vide, mais s’entêtaient à nous charger une somme astronomique pour la qualité de leurs chambres. La deuxième option était encore pire; ils nous offraient une chambre miteuse à un prix déraisonnable. De plus, dans les deux cas, ils ne semblaient simplement pas vraiment vouloir nous accueillir. Nous nous sommes donc rendu jusqu’à la plage pour voir si d’autres options s’offraient à nous. Nous avons trouvé un garçon, baragouinant l’anglais, qui a nous a proposé de dormir sur la plage ou dans un petite chambre très rudimentaire pour 10$. Nous avons décidé de prendre la petite chambre qui était, en fait, située dans un baraquement destiné aux employés de l’hôtel (premier hôtel) et sommes partis ensuite à la recherche d’un souper. Même scénario! Certains ont daigné nous répondre qu’on pourrait possiblement manger, mais le prix de la nourriture était complètement disproportionné. Étant de nature un peu orgueilleux et n’aimant pas tellement donner de l’argent à des gens qui se foutent de notre tête, nous nous sommes finalement régalés de tartines au « beurre de pinotte » et de quelques biscottes dans le confort de notre chambre un peu crasseuse! Vous devinerez que nous avons aussi mangé des tartines le lendemain matin ne voulant pas répéter l’expérience. Par chance, le destin avait fait en sorte que nous ayons un peu plus de provisions qu’à l’habitude.

N’ayant pas tellement apprécié notre accueil et se sentant un peu coincés dans ce coin perdu, nous avons repris le « tuk-tuk » dès le lendemain matin vers le port afin de reprendre le traversier. L’expérience ne nous aura, toutefois, pas coûté trop cher, car ayant reçu les instructions de rester discrets sur notre hébergement et n’ayant pas réussi à trouver le garçon de la veille, nous sommes donc partis sans payer… L’île : 0, Mathieu et Caro : 1 ! Tout compte fait, nous aurions probablement dû rester dans le village principal qui semblait finalement beaucoup plus sympathique et se balader en vélo dans les environs.

Nous avons dû attendre deux heures avant le départ du bateau, mais heureusement nous avions refait nos provisions de biscottes au village et nous les avons mangé avec un peu de beurre d’arachide qu’il nous restait pour le dîner. Nous en étions donc à notre troisième repas équilibré de suite! Maman, ne t’inquiète pas, j’ai aussi mangé une carotte et une banane!

Arrivés à Cai Rong, nous avons repris un bus local en direction d’Hanoi où nous sommes arrivés vers 20h30, après un autre 6 heures de voyagement.

Fait divers sur le Vietnam : La plupart des femmes portent des bas collants, des chapeaux, des chandails à manches longues et parfois même des gants malgré la chaleur. En fait, elles tentent désespérément de se protéger du soleil afin de conserver la peau la plus blanche possible.

Fait divers sur l’Asie : Tous les films sont traduits et doublés par une seule personne qui fait la voix de tous les personnages sur un ton toujours monotone.