dimanche 27 juin 2010

Bali « l’authentique »

Arrivés à Gorontalo après une nuit sur le traversier, nous nous sommes entassés dans un mini-bus en direction de Manado. Disons qu’il est toujours intéressant de réaliser combien de personnes peuvent réussir à s’entasser dans un « mini »-bus et ce, pour l’ensemble d’un merveilleux trajet de 10 heures. Afin de souligner notre dernier long trajet de bus, la petite fille assise en avant de nous s’est fait un devoir de vomir, une première fois, sur nos sacs à dos, puis une deuxième fois sur nos pieds. Ça nous fera apprécier encore plus les balades dans notre Santa Fe! Nous sommes donc arrivés à Manado vers la fin de la journée où nous avons pris une chambre très rudimentaire pour la nuit sachant que nous quittions le lendemain vers l’île de Pulau Bunaken. Manado, comme toutes les grandes villes du Sulawesi, n’a pas tellement d’intérêt, ni de charme, mais c’est un passage obligé qui sert de plaque tournante pour un grand nombre de destination aux alentours.


Après un petit déjeuner bien traditionnel constitué de sardines épicées entourées de riz collant (Mathieu a dû aller se chercher 2-3 brioches à la boulangerie), nous avons pris le bateau en direction de l’hôtel Panorama sur l’île de Bunaken. L’hôtel nous avait été recommandé par notre nouvel ami et instructeur de plongé, Bertrand. Bunaken évolue dans un écosystème unique et est, en fait, l’un des meilleurs endroits au monde pour observer les fonds marins. En effet, l’endroit est entouré d’eaux profondes, alimenté d’un courant élevé en nutriments et son rivage est bordé de mangrove (arbuste poussant dans l’eau), ce qui explique la présence de plus de 300 types de coraux ainsi que de 3000 différentes espèces de poissons.

L’hôtel s’est avéré être très agréable et, bien que nous ayons mangé du poisson tous les midis et les soirs, les plats étaient très bien apprêtés et toujours accompagnés de légumes (et de riz!). Durant nos trois journées sur l’île, Mathieu a effectué trois plongées dont une consistait à aller voir une épave de bateau datant approximativement des années 50. À son grand plaisir, un requin de deux mètres (White reef shark) dormait sur le site. Nous avons aussi pu admirer un magnifique mur de corail de quelques centaines de mètres qui se prêtait aussi bien à l’apnée qu’à la plongée. Contrairement aux îles Togian, situées dans une baie, le courant y est beaucoup plus important et la visibilité parfois limitée, mais la quantité ainsi que la variété de créatures est particulièrement impressionnante. L’instructeur de plongée de Mathieu (Sven) s’est d’ailleurs fait un plaisir à leur montrer des organismes plus petits les uns que les autres, mais qui sont, semblerait-il, très rares pour ceux qui savent les reconnaître (et les apprécier). Nous avons beaucoup aimé notre séjour et, bien que les plages ne soient pas tellement paradisiaques, la vie marine abondante justifie amplement le détour.

Nous sommes par la suite retournés à Manado pour une nuit, car nous avions un vol vers Bali (Denpassar) le lendemain matin très tôt. Nous nous sommes donc levés à 4h00 am afin de prendre notre vol à 6h45 am pour finalement arriver à Bali vers la fin de l’avant-midi.

Il faut savoir que Bali est, en fait, une île et qu’à l’intérieur de ses 5600 km carrés, on retrouve plusieurs villes et villages assez distincts les uns des autres. Comme les opinions chez les touristes variaient assez dramatiquement, nous ne savions pas trop où s’installer pour notre dernière semaine. Nous avons finalement décidé de tenter notre chance à Kuta, malgré les divergences d’opinions. Kuta est en fait l’endroit le plus touristique de Bali et fort probablement de tout l’Indonésie. C’est aussi sur sa plage que le surf a fait sa première apparition en Asie. Ayant rencontré à nouveau dans l’avion un des couples de belge avec qui nous avions pris quelques bières aux îles Togian, nous nous sommes rendus au même hôtel qu’eux et avons partagé quelques repas tous ensemble.
Malgré avoir entendu beaucoup parler de la ville dans les derniers mois, nous avons tout de même été surpris de constater à quel point l’endroit est développé. On n’y retrouve plus un seul mètre carré qui ne soit pas occupé par un vendeur de souvenir, une boutique de vêtements Quicksilver, un magasin de surf ou un restaurant américanisé offrant des spéciaux sur la bière entre 16h et 20h. Il y a des tonnes de petites rues étroites qui s’entrecoupent où circulent voitures, scooters et piétons entre des kiosques offrant aux touristes de quoi dilapider leurs économies. Que ce soit, les t-shirts Bintang (marque de bière indonésienne), en passant par les sculptures en bois ou les ouvre-bouteilles en forme de pénis, on trouve de tout ! On se croirait presque à Old Orchard, mais avec une population généralement un peu plus jeune.

En bordure de cette ville grouillante de vie s’étend une plage de quelques kilomètres divisée entre le quartier de Kuta, Legian et de Semiyak. La plage en soit est assez achalandée et peu propice à la détente, mais il est tout de même impressionnant de regarder les dizaines de « surfers » faire des prouesses sur les vagues. Comme nos amis belges s’amusaient à le dire, on a vraiment l’impression d’avoir droit à « Bali l’authentique » ou encore à « Bali la paisible »! Il y a certes encore une identité culturelle assez présente chez les habitants qui se reflète à travers leurs rites religieux, leurs offrandes journalières ainsi que leurs danses traditionnelles. Le tourisme de masse y fait toutefois fait quelque peu ombrage. Après deux jours dans ce coin de Bali, nous étions prêts pour autre chose, alors nous nous sommes dirigés vers Ubud, un peu plus au nord de l’île.

Ubud, quoique très touristique, attire un tourisme qui, contrairement à Kuta, semble y venir pour se reposer et tirer avantage du contexte enchanteur. Tous semblent avoir fait l’effort de rendre leur commerce attrayant et joli. Les hôtels sont construits autour d’un jardin verdoyant au centre duquel se retrouve souvent une piscine assez bien entretenue, les restaurants ont généralement un petit cachet charmant et les boutiques inspirent à la dépense. La ville est entourée de rizière et parsemée de temples discrets, mais plutôt jolis. À l’exception des chauffeurs de taxi qui vous demandent sans cesse « Taxi, please? », « You need transport? », « Taxi tomorrow, ok? » ou « Ok, let’s go! », l’endroit est plutôt agréable.

Pour nos dernières journées dans le pays, nous avions plusieurs plans alliant repos et contemplation, mais dame nature n’a malheureusement pas été très coopérative. En effet, pour la première fois de tout notre voyage, nous avons eu droit à trois journées de pluie et de nuages! Les conditions météorologiques nous ont donc simplement permis d’aller faire un tour de scooter dans les environs et de prendre quelques bières avec Jean-Philippe et sa copine (un ami de balle molle de Mathieu) qui était par hasard en vacance dans la région. Lors de notre balade en scooter, nous nous sommes arrêtés près d’un cratère de volcan ainsi que dans le plus vaste temple de Bali, le temple de Besakih. À notre retour vers Ubud, nous avons suivi un local en zigzaguant entre les voitures et camions afin de retrouver notre chemin. Les chauffeurs de Montréal sont mieux de bien se tenir! Notre séjour fût très agréable, mais nous avons dû, par moments, revêtir nos pantalons longs et nos imperméables pour nous protéger du froid. Résultat : notre bronzage a grandement été affecté…

L’Indonésie renferme une quantité importante d’éléments qui font de ce pays un endroit extrêmement intéressant à visiter. La sécurité y est bonne, la population est particulièrement sympathique et souriante (surtout au Sulawesi) en plus d’être généralement très honnêtes. Le pays possède plusieurs attraits magnifiques, malheureusement, les transports ne sont pas très optimaux (plutôt lents et mal organisé…). Par conséquent, les touristes doivent passer beaucoup de temps dans le pays afin d’y exploiter la majorité des attraits dispersés le long de ses milliers de kilomètres. Étant à la toute fin de notre voyage, nous avons concentré nos énergies sur l’île de Sulawesi, mais l’Indonésie est très certainement un endroit où nous souhaiterions revenir!

Et c’est ainsi que notre périple se termine. En fait, pas encore tout à fait… Voulant se simplifier le trajet du retour au maximum, nous avions réservé un l’hôtel à l’aéroport de Hong Kong avant d’entreprendre le long voyage. Toutefois, à notre arrivée à l’hôtel vers 21h30, la sympathique commis nous a gentiment annoncé que nous avions réservé dans un autre hôtel de la chaîne Regal, que la réservation ne pouvait être transférée et que le tarif de leur hôtel était beaucoup plus élevé (303$US). Après plusieurs minutes de discussions et quelques larmes (!), nous avons finalement réussi à obtenir le changement ainsi qu’une réduction substantielle sur le prix habituel de la chambre (plus de 40% de rabais). Nous avons donc passé les quelques heures qu’il nous restait dans une superbe chambre luxueuse. Après une assez bonne nuit de sommeil dans notre gigantesque lit aux draps immaculés, nous nous sommes rendus tranquillement à l’aéroport situé à quelques mètres de notre hôtel. Nous nous sommes mis en ligne dans l’interminable file d’attente de Delta Airlines pour finalement apprendre que notre vol était retardé de huit heures et demie (Caroline a encore laissé échapper quelques larmes…)! Ceci voulait donc dire que nous allions attendre toute la journée dans l’aéroport, mais surtout que nous allions arriver à Montréal vers minuit plutôt qu’à 15h30, tel que prévu. Ce voyage nous aura définitivement entraînés à gérer les revirements de situation et surtout à aiguiser notre patience!

Nous sommes présentement à Hong-Kong en attende de notre vol qui, nous l’espérons, nous transportera jusqu’à Détroit, puis à Montréal. Nous revenons à la maison avec la tête remplie d’images spectaculaires, de rencontres agréables, de moments intenses, mais surtout avec une image différente du monde et une curiosité toujours inassouvie. C’est un grand rêve qui pour nous se termine, mais qui laissera certainement la possibilité à d’autres rêves de prendre forme.

Fait divers sur l’Asie : Le couteau est un concept totalement inexistant. Par conséquent, tout doit être mangé avec des baguettes ou une fourchette et une cuillère.

LA FIN

mardi 15 juin 2010

C'est à votre tour...

Comme vous le savez, notre voyage s’achève maintenant. Tous au long de ces mois, nous avons mis à jour nos récits afin d’en conserver un souvenir, mais aussi pour partager avec vous nos expériences. Nous aimerions donc connaître aujourd’hui les gens qui ont pris le temps de nous lire. Pour ce faire, nous avons actionné la fonction des commentaires (eh, oui!) et nous souhaiterions que vous nous fassiez parvenir un petit mot afin de nous permettre de découvrir ceux qui ont voyagé avec nous à distance!

Un paradis difficile à gagner

Nous sommes arrivés à Makassar sur l’île de Sulawesi vers la fin de la journée. Après avoir fait quelques arrêts dans le but de se trouver une chambre d’hôtel, nous avons rapidement réalisé que nous allions devoir augmenter le budget habituel. Comme il se faisait tard, nous avons pris une pause de nos recherches pour nous se rendre dans un restaurant qui nous avait été chaudement recommandé. Après avoir englouti un délicieux repas de poisson grillé et de riz pour la modique somme de 4$ à deux, nous nous sommes fait conduire jusqu’à un autre hôtel en becak (petit carriole propulsée par un vélo) à peine large pour deux personnes. Nous nous y sommes entassés avec nos gigantesques sacs au grand plaisir des autres chauffeurs de becak. Après nous être finalement installés dans notre chambre vers les 21h, nous avons décidé de repartir aussitôt visiter les environs. Nous avions décidé de quitter la ville dès le lendemain matin afin de sauver une journée, mais souhaitions tout de même nous donner l’impression d’avoir vu un peu de la ville. À l’exception du fort Rotterdam, au style hollandais, l’architecture de la ville est assez inintéressante, ce qui nous a réconforté dans notre décision de quitter rapidement.


Le lendemain matin, nous nous sommes rendus à la station de bus pour 7h30, selon les recommandations de l’hôtel, afin de prendre le bus de 9h00 vers Rantepao. Le bus n’est finalement parti qu’à 10h30, mais notre attente a été récompensée par un bus encore plus confortable que la « Première classe » d’Air Canada. Nous avons eu droit, pour nos dix heures de route, à des sièges près de deux fois la largeur habituelle avec en supplément un appui-pied rétractable. Lazy-Boy n’aurait pas fait mieux!

Dès notre arrivée à Rantepao vers 21h, nous avons été accostés par deux guides de la région qui cherchaient à nous vendre un tour. Après plusieurs tentatives, nous avons finalement réussi à se débarrasser d’eux et à remettre les discussions au lendemain. Nous n’avons toutefois pas eu beaucoup de répit, car les deux guides sont réapparut, le lendemain, bien avant que nous finissions de déjeuner. Après une longue discussion, nous avons finalement réduit leur offre de quatre jours à une seul journée et le prix, initialement complètement déraisonnable, à quelque chose d’un peu plus logique. Nous sommes donc partis vers les 11h visiter les principaux attraits de la région.

Rantepao est situé dans la province de Tana Toraja, généralement reconnue pour ses rituels de funérailles, ses maisons traditionnelles avec un toit en forme de coque de bateau et pour ses paysages époustouflants.

Nous avons débuté notre journée en se rendant à des funérailles dans un village situé à quelques kilomètres de la ville. Il faut savoir qu’après chaque décès il y a généralement deux cérémonies. Une première juste après le décès où le corps, encore considéré comme « malade », est préparé afin d’être conservé dans la maison pour une période pouvant aller jusqu’à plus d’un an. Durant cette période, la famille du « malade » se réunit afin de convenir de la date de la deuxième cérémonie qui, elle, durera habituellement quatre jours. C’est donc à ce deuxième événement que nous avons assisté, car c’est celui qui convie toute la famille, proche et éloignée, les habitants du village ainsi qu’une poignée de touristes! La seule prérogative pour être invité est d’être vêtu sobrement et d’apporter un cadeau à la famille (sucre ou cigarettes). Prière de remarquer les superbes pantalons à fleurs de Caroline qui passent tout à fait inaperçu.



Lorsque nous sommes arrivés, une rangée de petites huttes temporaires avaient été construites le long de la route afin de permettre aux invités de se reposer et de discuter entre eux. Nous sommes ensuite montés jusqu’au lieu où les convives remettent, à tour de rôle, leurs offrandes à la famille. Comme les habitants de Toraja croient que l’âme des animaux devrait suivre le mort jusqu’à sa nouvelle vie, alors la tradition veut que l’on offre au « malade » des buffles (animal sacré et symbole du statut social) ou des cochons que l’on sacrifie ensuite. Nous avons donc assisté, comme le veut la tradition, au dépeçage d’un buffle et à la donation de quelques cochons hurlant les pattes attachées à une tige de bambou. Un groupe d’homme du village a ensuite encerclé le buffle et ont entonné un petit hymne traditionnel accompagné de quelques pas de danse.





Par la suite, ce fut l’heure du repas pour lequel nous avons aussi été invités. Nous avons eu droit à un repas traditionnel; porc mélangé avec des légumes et des épices cuit sur le feu dans une tige de bambou. Ce fut exquis et pour ajouter au plaisir, nous l’avons mangé assis par terre, avec nos mains et dans un genre de napperon ciré brun plié en forme de bol. Nous sommes, par la suite, allés voir le sacrifice des cochons qui est, toutefois, beaucoup moins cérémonial voire plutôt utilitaire.

Nous avons assisté qu’à la première journée d’une série de quatre jours de célébration où le dernier jour le « malade » devenu « mort » en mis en tombeau et transporté soit dans une grotte ou mis en terre. Ce rituel est le seul vestige qui perdure des anciennes traditions de cette ethnie, convertie par les missionnaires chrétiens durant la IIième Guerre mondiale. Ce rite est certes intéressant pour tout ce qu’il représente, mais n’a toutefois pas été aussi impressionnant et grandiose que ce à quoi nous nous attendions.



Nous nous sommes ensuite dirigés, à pied, en directement d’une grotte où certains cercueils sont conservés. Pour y arriver, nous avons marché à travers des champs de riz verdoyant merveilleusement entourée de montagnes. Sur la route, nous avons aussi pu admirer l’architecture étonnante des maisons traditionnelles avec leur toit gigantesque imitant une coque de bateau. Autant les couleurs que les courbes formées par les paysages étaient spectaculaires et nous étions seuls au milieu de cette nature éclatante de beauté.


Après plus d’une heure de marche nous sommes arrivés devant cette grotte sacrée où étaient empilés des tombeaux autant à l’intérieur qu’en suspension dans les airs ou coincés dans certains orifices de la paroi. Le site n’est pas, en soit, très joli n’y bien aménagé, mais il n’en demeure pas moins surprenant. Nous avons ensuite poursuivi notre route en s’arrêtant à une autre grotte ainsi que dans un musée de maisons traditionnelles et nous sommes rentrés à l’hôtel satisfaits de cette intéressante journée.



Dès le lendemain matin, nous avons repris la route en direction de Tentena, un peu plus au nord, dans le but de s’approcher de notre objectif avoué, les îles Togian. Après plus de 12 heures de route, nous avons été débarqué au bord de la route, sous la pluie, d’où nous avons dû prendre une moto (appelé « ojek ») pour se rendre à notre hôtel à trois kilomètres de là. Comme il se faisait tard (22h) et qu’une seule moto était disponible, nous avons donc dû y être conduit chacun notre tour. Cette-fois, le choix de notre hôtel s’avérait assez important, malgré l’heure tardive, car nous devions célébrer l’anniversaire de Mathieu le lendemain… Malheureusement, le choix était assez limité et entre les hôtels qui ne semblaient pas vouloir nous ouvrir et les chambres miteuses à fort prix, nous avons arrêté notre choix sur une grande chambre décorée de façon odieuse, mais avec une petite vue sur le lac Danau Poso.

Ne voulant pas être sur la route toute la journée pour l’anniversaire de Mathieu, nous avions convenu de nous arrêter à Tentena pour la journée. L’endroit s’est toutefois avéré plutôt limité pour toutes tentatives de festivités. Heureusement, Caroline avait réussi à trouver quelques ballons et masques de fête pour décorer la chambre, mais ceci s’est avéré être les seuls éléments de la journée incitant aux célébrations! Nous avons marché dans le village à la recherche de la gare de bus, avons été dans le seul café Internet de la place et avons terminé la journée par un souper à notre hôtel. Bien que l’hôtel soit situé assez près du lac, le restaurant n’a aucune vue sur ce dernier en plus d’être complètement dénué d’atmosphère. Nous avons dû nous contenter de gras de poulet sauce aigre douce pour Mathieu, de murène (sorte de poisson en forme de serpent typique à la région) pour Caroline, le tout accompagné de légumes sautés et de riz frit, le tout arrosé de quelques bières Bintang. Un festin de roi ! Pour ajouter au ridicule de la soirée, le restaurant a réussi à ajouter des crevettes dans les légumes, ce qui a rapidement coupé l’appétit de Mathieu. La journée a donc été un peu pathétique et très peu festive, mais nous l’avons pris en riant.


Nous nous sommes rendus, le lendemain matin, à la station de bus vers 6h45 am n’ayant pas réussi à obtenir d’information crédible sur l’horaire des bus. Nous avons finalement dû patienter jusqu’à 9h00 avant de prendre un mini-bus pour Poso situé à 1h15 de là. Nous nous sommes entassés à dix (plus le chauffeur) dans une petite camionnette qui aurait dû en contenir que sept. Nous avons tout de même eu les places de choix, situées sur la banquette avant. C’est l’avantage d’être un touriste! Arrivés à Poso vers 10h15, nous avons dû attendre, à nouveau, le prochain mini-bus vers Ampana qui devait quitter vers 14h00. Heureusement, nous avons passé le temps avec deux gars de l’armée, un policier ainsi quelques garçons traînant dans le coin. C’est sous l’effet de l’alcool de palmier (plutôt bon d’ailleurs) que le petit groupe s’est mis à chanter des chansons indonésiennes accompagné de la guitare de Mathieu, d’un tam-tam et d’un cambas. Pour nous faire plaisir, ils se sont même permis de baragouiner des chansons américaines avec un anglais aussi convaincant que la fluidité de nos conversations.

Finalement, nous avons réussi à attraper un taxi collectif vers 13h en direction d’Ampana où nous sommes arrivés vers 17h30. Dans la voiture, nous avons rencontré une Indonésienne charmante, prénommée Les, avec qui nous avons aussi passé une partie de la soirée. Évidemment, comme tous les transports ne semblent jamais être logiquement coordonnés, nous avons dû passer la nuit à Ampana avant de prendre le bateau le lendemain vers les îles Togian. Nous nous sommes rendus au port le lendemain matin dans l’espoir de prendre un bateau vers Wakai, situé à 30 minutes de notre destination finale. Malheureusement, nous étions dimanche et aucun bateau ne s’y rendait cette journée là. Étant bien déterminés à se rendre sur notre île, nous nous sommes résignés à prendre un bateau vers le village de Libiti et à noliser un bateau de là pour se rendre jusqu’à notre destination finale même si cela impliquait quelques dollars supplémentaire. C’est donc après plus de 17 heures de bus, 7 heures de bateau et 3 jours complets de voyagement que nous avons finalement mis le pied sur l’île de Kadidiri.

L’île compte trois différents hôtels, tous rangés les uns à côté des autres. Après avoir investiguer un peu nos options, nous avons arrêté notre choix sur le Kadidiri Paradise, principalement parce qu’ils offraient autre chose que du poisson et du riz et parce que leurs bungalows étaient un peu plus charmants. Nous avons donc passé une semaine à admirer la mer et son eau turquoise, à faire de l’apnée, de la plongée pour Mathieu et à lire au soleil. Après tout, nous en sommes maintenant aux vacances de nos vacances! L’endroit est vraiment paisible et comme les îles sont situées dans une énorme baie au centre du pays, l’eau est calme et il n’y a même pas de vagues.

Lors de notre séjour, nous avons fait quelques excursions de plongée avec l’hôtel où nous avons pu admirer les spectaculaires coraux multicolores ainsi que les nombreux poissons vivant dans la région. À nous deux, nous avons vu des raies, des poissons perroquets, des murènes, des concombres de mers, des barracudas, des dauphins, des homards, un requin léopard ainsi que des milliers de poissons de toutes les formes et couleurs. Nous avons aussi eu beaucoup de plaisir avec l’instructeur, Bertrand, un sympathique français particulièrement généreux de son temps et de ses conseils.

Comme la plupart le disent, il est extrêmement difficile de rejoindre les îles, mais cela requiert au moins autant de détermination pour les quitter, tant l’endroit est paisible et sublime. Nous avons tout de même dû nous résigner, après une semaine, à prendre le traversier jusqu’à Gorontalo, au nord de la mer de Teluk Tomini.

Fait divers sur l’Indonésie : L’Indonésie compte plus de 17 000 îles, étalées sur plus de 5000 kilomètres, et est, aujourd’hui, le quatrième pays le plus populeux du monde avec 240 millions d’habitants.

lundi 14 juin 2010

Visite-éclair à KL

     Comme notre vol du Laos vers l’Indonésie passait obligatoirement à Kuala Lumpur en Malaisie, nous avons décidé de nous y poser pour deux nuits. Nous avons atterri à Kuala Lumpur vers 21h et sommes arrivés à notre hôtel vers 23h, l’aéroport étant assez éloignée de la ville. Nous avons constaté à quel point la ville était développée lorsque nous avons réalisé que nous payions 25$/nuit pour une petite chambre carré avec salle de bain partagée. Le voyagement ayant creusé l’appétit de Mathieu, nous sommes partis marcher autour de l’auberge de jeunesse afin de lui trouver un petit snack de minuit. Après que Mathieu ait englouti son « chicken burger » au fromage assaisonné à la malaisienne, nous nous sommes laissés envahir par le sommeil.
  
      


     Après une nuit plutôt courte, nous sommes partis à la découverte de cette ville, une des plus importantes au point de vue économique en Asie du sud-est. Notre premier arrêt s’est fait devant les fameuses tours Petronas, icône de la ville. Ces deux énormes tours, à la forme légèrement conique, sont au cœur de la ville et renferme un centre commerciale où les boutiques haut de gamme s’alignent les unes aux côtés des autres. Nous nous y sommes promenés un certain moment à la recherche d’un bikini pour remplacer celui un peu vieillissant de Caroline. L’endroit est très moderne et plutôt agréable, mais ni le temps, ni le budget ne nous permettait d’y traîner trop longtemps.
  
        Nous sommes donc repartis en direction de China Town en passant par un parc où règne une forêt tropicale, puis par la tour Menara, similaire à celle du CN. Après quelques heures de marche, nous arrivions dans le quartier de China Town où les boutiques Gucci et Armani étaient cette-fois remplacés par des vendeurs de montres copiée et des centaines de petits restos chinois. Nous nous sommes promenés dans le Central Market et sur la rue Petaling, puis avons pris la navette gratuite en direction du Golden Triangle.
  
        Le quartier du Golden Triangle est situé en plein milieu de la ville et est caractérisé par des dizaines de centres commerciaux à tous les coins des rues. Nous en avons exploré quelques uns cherchant toujours désespérément ce fameux costume de bain. Eureka! Nous avons finalement fait l’acquisition de deux magnifiques bikini tellement l’affaire était bonne. Nous sommes ensuite rentrés à l’hôtel, situé dans ce même quartier, après une journée bien remplie.
 
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     Kuala Lumpur était anciennement rien de plus qu’une cité minière reconnue pour son étain au beau milieu d’une jungle tropicale. De nos jours, cette métropole s’active, entourée d’une végétation verdoyante rappelant ses origines. Cette cité cosmopolite est surplombée par des centaines de tours à étages, sillonnée par son fameux « sky train » et parsemée de centres commerciaux de tous les types. Partout vous retrouvez des signes de ce mélange de culture entre Malaisiens, Indiens et Chinois qui partagent tous l’anglais comme langue « officielle »   de la ville. Somme toute, Kuala Lumpur est une grande ville branchée extrêmement agréable où sa population est souriante et toujours aidante. De plus, elle a la chance d’être située à proximité de plages magnifiques où nous devrons certainement revenir!

F      Fait divers sur Kuala Lumpur : Il est plus difficile de manger du malaisien à Kuala Lumpur que n’importe quoi d’autre.